Édition du 20 avril 2021

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Europe

Corbyn, le Labour et l’Etat britannique

John Molyneux met en perspective le sens politique et organisationnel de la suspension par la direction du Parti travailliste de Jeremy Corbyn, le 29 octobre 2020. Jeremy Corbyn est député à la Chambre des communes depuis juin 1983. Afin de saisir la dynamique de ce énième affrontement entre « la gauche du Parti travailliste » et l’appareil dirigeant au sens large, John Molyneux le replace dans le temps long de la pratique et de l’institutionnalisation du Parti travailliste, et éclaire de ce fait la « période Corbyn » et la contre-attaque de l’establishment bipartisan. (Réd.)

Paru sur le site Alencontre
20 novembre 2020

Par John Molyneux

Le Parti travailliste britannique est, et a toujours été depuis sa création en 1900, un parti réformiste. Son aspiration, au mieux, a été de former un gouvernement – la direction du parti a tendance à affirmer qu’il « prend le pouvoir » – en obtenant une majorité parlementaire et en utilisant cette position pour adopter des politiques et des lois qui améliorent le sort du « grand nombre », principalement la classe laborieuse.

Comme la conscience dominante de la classe laborieuse britannique durant la même période a également été réformiste et qu’elle a largement voté pour le Parti travailliste, il a semblé à beaucoup de gens, y compris à de nombreux membres du Parti travailliste, que ce dernier a reflété et représenté la classe ouvrière britannique.

Dans la mesure où le parti a eu des faiblesses, par exemple s’il n’a pas réussi à promouvoir un changement socialiste ou s’il a sombré dans le racisme, le sexisme ou le soutien aux guerres réactionnaires, cela a soi-disant été le reflet de ce que voulaient ses partisans des classes laborieuses. En effet, selon ce point de vue, si le Parti travailliste se déplace trop à gauche ou s’affirme trop socialiste, voire trop antiraciste, il s’aliénera sa base ouvrière et ne gagnera pas les élections.

En fait, cette « correspondance » entre les actions du Parti travailliste et la conscience de la masse des travailleurs est plus une apparence qu’une réalité. Il existe une différence profonde entre le réformisme de la masse des travailleurs et le réformisme des personnes qui dirigent et dominent le Parti travailliste, à savoir les députés et les ministres.
Les dirigeants du Parti travailliste

La plupart des gens de la classe ouvrière ont ce que Gramsci appelle « une conscience contradictoire ». Ils rejettent certains aspects du capitalisme, en particulier ses effets qu’ils ressentent, mais en acceptent d’autres caractéristiques. En particulier, ils « acceptent » le capitalisme parce qu’ils n’ont pas confiance en leur propre capacité à le contester ou à le renverser et se tournent donc vers les « dirigeants » – en Grande-Bretagne, principalement les dirigeants du Parti travailliste – pour améliorer leur situation.

Cependant, les dirigeants du Parti travailliste, en tant que groupe collectif, soutiennent et embrassent positivement le capitalisme ; et dans de nombreux cas, ils y développent des intérêts matériels sérieux en travaillant pour des entreprises capitalistes, en siégeant au conseil d’administration des sociétés, etc.

Il y a ici une différence entre la droite et la gauche du Parti travailliste, bien que cette différence soit très fluctuante. La droite, qui comprend des gens comme Tony Blair [premier ministre de mai 1997 à juin 2007], Peter Mandelson [commissaire européen au Commerce de 2004 à 2008, puis premier secrétaire d’Etat de juin 2009 à mai 2010] et Gordon Brown [premier ministre de juin 2007 à mai 2010], et qui remonte à James Callaghan [premier ministre avril 1976-mai 1979], Denis Healy [ministre des Finances de 1974 à 1979, membre de la Chambre des lords de juin 1992 à octobre 2015], Harold Wilson [premier ministre d’octobre 1964 à juin 1970, puis de mars 1974 à avril 1976, dirigeant du parti de février 1963 à avril 1976], Hugh Gaitskell [dirigeant du parti de décembre 1955 à janvier 1963], Ernest Bevin [dirigeant syndical de 1922 à 1940, ministre des Affaires étrangères de 1945 à 1951] et même Ramsay MacDonald [premier ministre de janvier à novembre 1924, premier ministre d’un gouvernement national de 1931 à 1935], croit simplement qu’elle peut mieux gérer le capitalisme que les conservateurs.

La gauche – Jeremy Corbyn, John McDonnell [dirigeant syndical, ministre des Finances dans le Cabinet fantôme de septembre 2015 à avril 2020], Anthony Neil Wegwood Benn [ministre de l’Industrie dans le second gouvernement Wilson en 1974-75 et ministre de l’Energie dans le gouvernement Callaghan de 1976-1979, figure emblématique de la gauche travailliste], le jeune Michael Foot [figure de la gauche du parti dans les années 1950-1960, ministre du Travail du 1974 à 1976], Aneurin Bevan [ministre de la Santé de 1945 à 1951 et promoteur du National Health Service], etc. – se considère comme anticapitaliste, en ce sens qu’elle critique les grandes entreprises, soutient souvent les syndicats et les grèves, et espère que tout en gérant le capitalisme, elle peut aussi le modifier sérieusement et le transformer progressivement dans le sens du socialisme.
Soutien à l’État britannique

Mais sur un point, la gauche, pratiquement à l’unanimité, et la droite sont d’accord : le soutien aux institutions de l’État britannique. J’entends par là non seulement le Parlement, bien que cela ait été crucial, mais aussi les forces armées, la police, le pouvoir judiciaire, la haute fonction publique et même la monarchie.

Ils ont cru que cet État représentait en quelque sorte les intérêts de la nation britannique et qu’il serait l’instrument qu’ils utiliseraient pour apporter les changements qu’ils recherchaient. Et ce soutien à l’État britannique les a conduits, qu’ils l’aient voulu ou non, à soutenir le capitalisme, l’impérialisme et les guerres impérialistes. Les exemples historiques sont si nombreux que je ne peux en citer que quelques-uns ici.

Pour la première période du Parti travailliste, la figure de Ben Tillett [1860-1943] peut servir de représentant. En 1889, Tillett était un syndicaliste militant associé à la grande grève des dockers de cette année-là, qui est devenu plus tard un député travailliste. En ce qui concerne la Première Guerre mondiale, il écrit : « Malgré notre ancienne attitude pacifiste, les forces du Parti travailliste en Angleterre ont soutenu le gouvernement tout au long de la guerre » et résume son attitude comme suit : « dans une grève, je suis pour ma classe, à tort ou à raison ; dans une guerre, je suis pour mon pays, à tort ou à raison ».
Le gouvernement Attlee

Le cas le plus révélateur de la façon dont cela s’est passé est peut-être celui du gouvernement travailliste d’Attlee de 1945-51. Ce gouvernement est le point culminant de l’histoire du Parti travailliste et de la légende travailliste, en grande partie grâce à l’introduction du NHS (National Health Service) et au développement de l’État-providence – des réformes qui ont apporté de réels avantages aux salarié·e·s.

Ces réalisations ont été possibles parce que le capitalisme avait commencé son long boom d’après-guerre et parce que des pans entiers du Parti conservateur, et plus généralement de la classe dirigeante, ont essentiellement accepté la nécessité de réformes, y compris un certain degré de nationalisation.

Mais au terme de six années de gouvernement travailliste, la plupart du temps avec une énorme majorité, pas un cheveu sur la tête de l’État britannique n’avait été touché : ni les forces armées, ni la police, ni les juges, ni le MI5 [service de renseignement intérieur] ou le MI6 [service de renseignement extérieur], ni la haute fonction publique, ni la monarchie et même pas la Chambre des Lords. En outre, le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki a été approuvé, la bombe atomique a été fabriquée (en secret), les forces britanniques ont écrasé des soulèvements en Grèce et en Malaisie. La Grande-Bretagne a pleinement soutenu les États-Unis pendant la guerre froide et les troupes britanniques ont été envoyées pour combattre en Corée. L’apartheid a été soutenu en Afrique du Sud.

Il est révélateur que le gouvernement ait invariablement soutenu les forces de l’État contre les travailleurs en grève, en invoquant deux états d’urgence et en déployant des troupes pour briser les grèves à pas moins de dix-huit reprises. Le résultat a été que lorsque les Tories (conservateurs) sont revenus au pouvoir en 1951, ils ont simplement pu reprendre les affaires comme avant et diriger le capitalisme britannique pendant les treize années suivantes, tandis que Clement Attlee était élevé au rang de pair.

Et tout cela s’est fait avec l’accord plus ou moins total de la gauche travailliste, y compris du sanctifié Nye [Aneurin] Bevan. L’accord semble avoir été : accordez des réformes économiques aux travailleurs britanniques et nous fermerons les yeux sur les politiques impérialistes à l’échelle mondiale. La mesure dans laquelle cela reste le cas est démontrée par le respect unanime pour le gouvernement Attlee dans les rangs travaillistes.
Une longue tradition

Au cours des 60 années suivantes ou plus, la loyauté des dirigeants travaillistes envers l’État britannique est restée intacte.

Lorsque, à la suite d’une série de manifestations de masse organisées par la Campagne pour le désarmement nucléaire (CND), la conférence du Parti travailliste de 1960 a adopté une résolution en faveur du désarmement nucléaire unilatéral, le dirigeant travailliste, Hugh Gaitskell, a déclaré qu’il se battrait, se battrait et se battrait encore pour « sauver le parti que nous aimons » menacé par la CND, ceci sous les applaudissements généraux des médias et sans doute sous les applaudissements de Whitehall et de l’Amirauté [Admiralty].

Il va sans dire que ni le gouvernement Wilson de 1964-1970 ni aucun gouvernement travailliste ultérieur n’a pris de mesures pour promulguer cette résolution de désarmement. Au contraire, Wilson et son gouvernement ont clairement soutenu la guerre états-unienne au Vietnam.

Inévitablement, cela s’est traduit par un soutien lâche aux actions de l’armée britannique et de l’« État secret » en Irlande du Nord. Roy Mason, qui a commencé à travailler comme mineur et a fini par être nommé à la Chambre des Lords, a été secrétaire d’État pour l’Irlande du Nord en 1976-1999. Il était réputé pour son approche dure, envoyant les SAS [forces spéciales] dans le sud de l’Armagh et le disant à la Conférence du Parti travailliste de 1976 :

« L’Ulster en avait assez à ce moment des initiatives, des Livres blancs et des dispositions législatives, et il fallait maintenant le gouverner fermement et équitablement… et, surtout, traiter le terrorisme républicain comme un problème de sécurité, et rien d’autre. »

C’était le langage de Margaret Thatcher pendant les grèves de la faim [1], mais cinq ans plus tôt.

En 1981, le leader travailliste Michael Foot a d’abord appelé, puis soutenu la guerre des Malouines de Thatcher et, en 1990-91, son successeur Neil Kinnock et le ministre des Affaires étrangères du Cabinet de l’ombre, Gerald Kaufman, ont soutenu la première guerre du Golfe menée par les États-Unis.

En bref, lorsque Tony Blair a entraîné la Grande-Bretagne dans la guerre d’Irak en 2003, face à une opposition publique massive et sur la base de mensonges flagrants concernant les « armes de destruction massive » irakiennes, il ne s’agissait pas d’une aberration ; il agissait en fait dans le cadre d’une longue tradition travailliste de soutien à l’État britannique et à ses guerres impérialistes.
Jeremy Corbyn

Cette histoire a une incidence majeure sur ce qui est arrivé à Jeremy Corbyn. Lorsque Corbyn a été élu chef du Parti travailliste en 2015, l’establishment politique et la classe dirigeante britanniques ont été confrontés, pour la première fois, à un premier ministre potentiel dont la loyauté envers l’État britannique, et donc envers le capitalisme, ne pouvait être garantie.

Cela ne veut pas dire que Corbyn lui-même avait réfléchi à tout cela – il ne l’avait pas fait – mais son long passé de socialiste, de militant anti-guerre, anti-impérialiste, souvent aux côtés de la gauche extraparlementaire, le rendait très dangereux aux yeux de l’establishment. Ils ont réagi avec une fureur apoplectique. J’ai décrit cette réaction à l’époque :

« Sa victoire a été saluée par une tempête d’attaques médiatiques contre sa famille, sa vie personnelle, sa tenue vestimentaire, son choix de cravate ou non, son prétendu antisémitisme (une allégation totalement fausse basée entièrement sur son soutien à la Palestine), son incapacité à chanter l’hymne national et sa volonté de baiser ou non la main de la reine. »

Il y a eu une tentative coordonnée de le détruire ou de lui porter en permanence atteinte dès son apparition politique en quelque sorte. Et si une grande partie de l’agression n’était que le fait d’un journalisme de bas étage et de caniveau (« a-t-il eu une liaison il y a vingt ans ? »), une partie de l’agression avait un angle politique acéré, questionnant sa « loyauté » envers l’État britannique.

Cela crée une difficulté pour Corbyn. Il sera entouré de conseillers qui lui diront de s’accommoder de tout cela, parce qu’il doit redouter l’effet sur l’opinion publique de la remise en question des traditions et des rituels de la monarchie britannique et de l’État impérial et parce que, au fond, Corbyn espère utiliser cet État pour apporter un changement social en Grande-Bretagne…

Ensuite, il y a le problème créé par son propre parti. Très peu – vingt au maximum – des députés du Parti travailliste soutiennent réellement Corbyn ou ses orientations politiques. Beaucoup d’entre eux sont implacablement hostiles. La plupart d’entre eux ne le diront pas ouvertement sur le moment, mais ils s’emploieront à le miner et ont déjà commencé à le faire.

Lorsque cette attaque généralisée contre Corbyn n’a pas réussi à le détruire – il a été réélu à une écrasante majorité à la tête du Parti travailliste en 2016, puis a failli remporter les élections générales de 2017 [il obtint 40% des suffrages et 30 sièges de plus face à Theresa May qui en a réuni 42,4%, avec une perte de 13 sièges] – l’establishment et la droite travailliste ont changé de tactique pour se concentrer spécifiquement sur l’accusation d’antisémitisme.

L’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme leur a permis de présenter le Parti travailliste comme étant entaché d’antisémitisme parce qu’il comptait certains défenseurs des droits des Palestiniens très en vue, y compris Corbyn lui-même, ce qui a été poursuivi sans relâche et utilisé comme arme.

Il faut ici comprendre que le soutien constant de l’État britannique à Israël n’a rien à voir avec une opposition à l’antisémitisme. Il est basé sur le fait qu’Israël agit comme un avant-poste de l’impérialisme occidental au Moyen-Orient et, fait crucial, a toujours été soutenu par les États-Unis. Le soutien servile aux États-Unis a probablement été le volet le plus cohérent de la politique étrangère britannique, quel que soit le gouvernement en place, depuis la Seconde Guerre mondiale.

Un certain nombre de facteurs ont rendu cette arme efficace contre Corbyn. Tout d’abord, un rôle crucial a été joué par certains sionistes de droite du Parti travailliste, comme Margaret Hodge et John Mann (aujourd’hui Lord Mann), qui étaient plus qu’heureux de compromettre mortellement le Parti travailliste afin de défendre Israël et s’en prendre à Corbyn.

Deuxièmement, ces derniers pouvaient exploiter le fait que dans un parti de masse comme le Parti travailliste, il était inévitable qu’il y ait certains cas d’antisémitisme réel, d’autant plus que le niveau d’éducation politique au sein du Parti travailliste n’est pas élevé, même si le nombre d’antisémites serait bien inférieur à celui du Parti conservateur.

Troisièmement, ce même faible niveau d’éducation politique au sein du parti signifie que de nombreux membres ne comprennent pas très bien la question de la Palestine et ne savent donc pas bien ce qui se passe et comment y résister.

Quatrièmement, l’accusation d’antisémitisme s’inscrit dans le cadre d’une autre caractéristique clé du Parti travailliste, son « électoralisme », qui a exigé, par tradition, que Corbyn démissionne de son poste de chef lorsqu’il a perdu les élections de 2019 marquées par le Brexit [le Parti travailliste perd 60 sièges, réunit 32,1% des suffrages face aux conservateurs dirigés par Boris Johnson qui obtiennent 43,6% des suffrages et augmentent leur fraction parlementaire de 48 sièges] et l’a rendu vulnérable à Keir Starmer [qui devient chef du Cabinet fantôme et chez du Parti travailliste dès le 4 avril 2020].
Électoralisme

Cet « électoralisme », qui va de pair avec l’engagement envers l’État, est si central dans le fonctionnement du Parti travailliste qu’il mérite des explications supplémentaires. Par « électoralisme », je n’entends pas ici la pratique de la participation aux élections, qui est essentielle même pour les révolutionnaires. Par électoralisme, je veux dire l’idée que le succès aux élections parlementaires est, dans une très large mesure, la priorité absolue en politique, l’emportant non seulement sur la lutte extraparlementaire sous toutes ses formes, mais aussi sur la question de savoir pour quoi vous essayez de gagner les élections.

La vérité est que beaucoup de membres du Parti travailliste – pas tous mais certainement beaucoup – en viennent non seulement à se concentrer sur les élections mais aussi à considérer pratiquement chaque principe comme quelque chose à sacrifier si, d’une manière ou d’une autre, il peut constituer un obstacle à la victoire électorale.

Si une partie de la classe ouvrière dont vous voulez obtenir des suffrages est raciste, vous devriez vous taire sur l’antiracisme et « écouter leurs préoccupations ». Si les emplois de certains de vos électeurs potentiels sont liés à l’industrie des armes nucléaires ou à Trident [système de missiles stratégiques nucléaires devant armer des sous-marins], il ne faut pas parler de désarmement nucléaire, etc. S’ils pensent que Keir Starmer a plus de chances de gagner que Jeremy Corbyn, cela les incite à soutenir Starmer et à considérer Corbyn comme un « perdant ». Et oui, certains d’entre eux utilisent ce langage à la Trump.

Cette fixation sur les élections parlementaires renvoie aux caractéristiques fondamentales du Parti travailliste en tant que parti réformiste dont il est question au début de cet article. Elle reflète en partie le manque de confiance des travailleurs qui espèrent que quelqu’un de haut placé puisse opérer des changements en leur nom, mais elle correspond également au carriérisme des échelons supérieurs du parti, à leurs aspirations à des sièges parlementaires, à des postes ministériels et, finalement, à l’élévation au rang de l’establishment.

Il s’agit surtout d’un piège fatal pour la gauche au sein du parti. À maintes reprises, depuis plus de cent ans, cela signifie que la gauche travailliste s’est rendue à la droite au nom de l’« unité » pour vaincre les Tories. Et il y a déjà des signes que cela pourrait se produire après la suspension de Corbyn. Mais de Ramsay MacDonald et Ernest Bevin à Tony Blair et Sir Keir Starmer, c’est une volonté de compromis qui n’est jamais réciproque, précisément parce que la droite est bien plus loyale envers l’État et le système qu’envers le Parti travailliste ou la classe ouvrière.

C’est pourquoi, quelle que soit la rhétorique de gauche du parti ou la sincérité de l’intention de la majorité de ses membres, le Parti travailliste britannique a toujours été un obstacle à la lutte pour le socialisme en Grande-Bretagne. (Article publié sur le site Rebel, le 9 novembre 2020 ; traduction rédaction A l’Encontre)


[1] Irish Hunger Strike : à l’occasion de la seconde grève de la faim des combattants républicains nord-irlandais (IRA), grève qui commença le 1er mars 1981, sous l’impulsion de Bobby Sands, ex-officier commandant de l’IRA – qui mourut dans l’hôpital de la prison après 66 jours de grève de la faim, le 5 mai, trois autres combattants décédèrent dans les jours suivants –, Margaret Thatcher déclara : « Nous ne sommes pas disposés à considérer la possibilité d’octroyer un statut spécial à certains groupes purgeant une peine pour avoir commis un crime. Un crime est un crime, ce n’est pas politique. » Les prisonniers demandaient de ne plus avoir un statut de criminel, mais un statut de prisonnier politique. Bobby Sands fut élu à la Chambre des communes lors des élections de début avril. Plus de 100’000 personnes accompagnèrent ses funérailles durant lesquelles il reçut les honneurs militaires de l’IRA. Margaret Thatcher déclara à cette occasion : « M. Sands était un criminel condamné. Il a choisi de s’enlever la vie. C’est un choix que son organisation n’a pas donné à beaucoup de ses victimes. » (Réd.)

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