Édition du 26 mai 2020

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COP22

Couillard a la COP 22 : promouvoir un marché du carbone défaillant

De passage à la COP 22 pour soigner son image d’homme politique soucieux des questions environnementales, le premier ministre Couillard a tenu une réunion conjointe avec ses partenaires de la Californie et de l’Ontario pour vanter les bienfaits du marché du carbone conjoint Californie-Québec-Ontario présenté comme le fer de lance de la lutte aux changements climatiques en Amérique du nord.

Pourtant les mauvaises nouvelles s’accumulent pour ce marché du carbone lancé en grandes pompes par la Californie et le Québec en 2013 et auquel doit se joindre l’Ontario en 2018.

Un marché du carbone mal-en-point

Un article publié sur le site d’affaire du prestigieux Bloomberg au mois de septembre dernier traite le marché du carbone californien de flop monumental. [1] Selon Bloomberg, les deux dernières ventes aux enchères des crédits de carbone auraient été un échec patent avec seulement 11% de ventes au mois de mai et 33% au mois d’août. Les raisons de ces mauvaises performances tiendraient au peu de confiance des entreprises envers ce marché. Le prix de la tonne de carbone y est tellement bas à $ 12 ( alors que selon les économistes, il faudrait un prix de $ 50 minimum pour rendre ces crédits intéressants aux entreprises) que le bénéfice économique est négligeable. D’autres parts, avec un procès intenté par la chambre de commerce californienne, qui y voit une façon détournée de taxer les entreprises, l’avenir de ce marché pourrait être fort compromis. Si l’on ajoute l’arrivée au pouvoir d’une administration Trump fort hostile à ces stratagèmes de tarification du carbone, la survie de ce marché au delà de 2020 (année à laquelle la Californie doit renouveler la loi qui l’a établi) est plus que douteux.

Du côté québécois on déchante aussi face à un marché qui ne tient pas ses promesses. La revue Actualité rapporte que le commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars, estime que le marché du carbone n’a eu aucun impact sur les émissions liées au transport routier qui représentent pourtant 40% des émissions de GES du Québec et continuent d’augmenter. Il doute de l’efficacité de cet instrument économique comme moyen significatif de réduction des gaz à effet de serre. [2]

Face à ces piètres résultats, il serait plus que temps de dénoncer les prétentions des promoteurs québécois du marché du carbone.

Roger Rashi
Coordonnateur des campagnes,Alternatives
En direct de Marrakech le 19 novembre 2016

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