Édition du 17 septembre 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 3 septembre 2019

Les marchés du carbone ne sont pas une solution à la crise écologique

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Cette semaine, Bernard Rioux réagit à la proposition sur l’écofiscalité publiée dans le de cahier de propositions que Québec solidaire en vue de son prochain congrès en novembre 2019 qui ouvre ouvre un débat stratégique essentiel sur les perspectives à la lutte aux changements climatiques. L’auteur apporte sa contribution à ce débat.Yves Engler reproche à JustinTrudeau de servir de caution écologique au pyromane de l’Amazonie Jair Bolsonaro tout en ménageant l’extrêmiste de droite pour faire adopter le projet de libre-échange entre le Canada et les pays membres du Mercosur dont le Brésil. Et aux Etats-Unis, Jake Johnson présente le premier regroupement syndical à donner son appui à la grève pour le climat du 27 septembre prochain ainsi qu’au Green new deal de la gauche démocrate.

Bernard Rioux rappelle que la crise écologique a pour cause principale la dynamique capitaliste d’accumulation et que les dangers terribles que cette crise fait peser sur l’humanité ne peut être conjurés que par des mesures anticapitalistes radicales. Il soutient que Québec solidaire doit défendre la position qu’il a toujours défendue jusqu’ici et rejeter (encore une fois) la perspective de réformer et promouvoir le marché du carbone comme instrument de lutte aux changements climatiques.

Le blogueur Engler souligne qu’au-delà de la poudre aux yeux généreusement distribuée par Justin Trudeau depuis son accession au pouvoir, sa politique environnementale demeure bien campée à droite. Sa relation avec Jair Bolsonaro, le leader de l’extrême-droite brésilienne montre le type de fréquentation douteuse de Trudeau dans le contexte des incendies qui ravagent l’Amazonie. Yves Engler (https://www.pressegauche.org/Le-Canada-et-le-Bresil-mon-ami-Bolsonaro) reproche à Trudeau de servir de caution écologique au pyromane de l’Amazonie. L’auteur rappelle que Trudeau avait soutenu le putsch contre Dilma Rousseff et qu’il a gardé le silence lors des procès truqués contre Lula afin de « de concrétiser l’accord de libre-échange avec le bloc commercial dirigé par le Brésil, le Mercosur. »

United Electrical devient le premier syndicat industriel étatsunien à soutenir le Green New Deal et la grève mondiale pour le climat. Ce syndicat regroupant plus de 35 000 membres a adopté une résolution en ce sens. Il y voit l’occasion de créer des millions de bons emplois notamment en organisant « la conversion vers les sources d’énergie renouvelables, à se protéger contre les effets de la hausse des températures ainsi qu’à des initiatives dans bien d’autres domaines » Bernie Sanders a dévoilé sa version du « Green new deal » qui vise « à créer 20 millions d’emplois bien rémunérés et à faire passer les Etats-Unis à 100% d’énergies renouvelables sur une décennie.

Par ailleurs, Jean-François Delisle revient sur l’affaire de la collaboration entre Hydro-Québec et la Israel Electric Corporation. Il explique que l’entente qui liait les deux parties n’a pas été renouvelé mais cette collaboration a tout de même permis à Israël de se doter d’une défense contre « d’éventuelles attaques cybernétiques ». Yannick Leclerc revient sur l’affaire Andrew Scheer, les conservateurs et leur position sur les droits de LGBTQ mais aussi les contradiction dans les rangs des libéraux. Enfin, Marie-Danielle Larocque commente le geste de la musicienne Safia Nolin de publier une vidéo montrant des femmes nues hors normes avec les défauts naturels. L’auteure y voit un geste libérateur qui fait un doigt d’honneur aux modèles que l’industrie de la mode que la société en général veut imposer.

Sur la scène interntionale

L’environnement demeure le sujet de l’heure. Nous avons donc choisi deux articles nous permettant de réfléchir et de débattre sur cette thématique. Deux luttes en cours sont aussi décrites : Algérie et Papouasie. Ensuite nous avons choisi deux articles qui rapporte des luttes ou des analyses un peu nouvelles et que nous avons voulu faire connaître. Et pour conclure un débat important les liens religion et état.

Concernant l’environnement

Le premier article pose un débat important dans le mouvement écologiste : jusqu’où vont nos revendications ?

Pour en finir avec l’écologie du consensus mou

L’auteur a bâti son article autour de quatre éléments : l’écologie punitive, la lutte écologique vue comme une guerre, l’emploi et la pédagogie. Sur l’écologie punitive, il trouve que les mesures accompagnant les lois ne vont pas assez loin, ne mettent de l’avant que des demi mesures. « Refuser l’écologie punitive, c’est donc se résigner aux demi-mesures qui ne produisent que des quarts d’effets »

Sur la lutte écologique, l’auteur brosse un tableau de l’ensemble des détériorations écologiques et conclut que pour changer tout cela, il faut presque entrer en guerre contre la société actuelle. « Ce n’est pas d’une lutte qu’il s’agit là. C’est d’une guerre. Une guerre mondiale où l’homme doit se combattre lui-même pour pouvoir survivre. Une guerre écologique qui demande un effort de guerre, » Sur les emplois, il décrit les misères de changer quand on travaille dans une industrie destructrice. « à modifier la perception qu’ont les gens de leur emploi ou des emplois qu’ils créent et les faire réfléchir sur la finalité de ces emplois.Et enfin il mentionne la nécessité de développer dans la pédagogie des outils pour informer les jeunes de leur avenir. « Il faut intégrer dés maintenant l’histoire du changement climatique dans les cours et les manuels scolaires, » et de conclure : « Donnons-nous une vraie loi environnementale plus directive, une police de l’environnement indépendante des lobbies, capable de faire mal aux portefeuilles des puissants. Lançons une vraie politique de transition écologique, soucieuse de réduire les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres, qui lance l’isolation thermique de tous les bâtiments, l’arrêt de tous les pesticides et lance l’agriculture bio sur une très grande échelle, taxe les transports polluants, gèle les créations de centres commerciaux, relance le commerce de proximité, les transports en commun et le service public en général. »

Le deuxième article concernant l’écologie essaie de placer les enjeux les plus importants.

Enjeux en environnement : pour une approche systémique globale

L’article met l’accent sur deux enjeux ; la réduction des émissions de GES et sur l’agriculture industrielle.« Les récents rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous indiquent plus que jamais l’urgence de réduire les émissions de GES afin d’atténuer et de réduire le réchauffement climatique et les dérèglements qu’il entraîne. », « c’est toute l’agriculture dans sa forme industrielle qui doit être revue. »

Sur la diminution des gaz à effet de serre, le texte insiste sur l’important quota à atteindre et avance des solution comme les énergies renouvelables et les mode de transport. Pour l’agriculture, l’auteur insiste sur : « Un aspect majeur c’est la réduction de notre consommation de viande en éliminant la production bovine en particulier pour permettre le reboisement et la reconversion des surfaces immenses et grandissantes consacrées à l’élevage. »

De ces deux enjeux, l’auteur nous incite à : « Nous devons nous s’inspirer de la conception des communautés autochtones qui préservent les territoires et les espèces sur plusieurs générations. »

Concernant des luttes

Bejaia (Algérie) : Manifeste unitaire adopté par des partis, mouvements, syndicats

Ce manifeste d’organisations algériennes est impressionnant et montre le niveau dedébatset de discussion en cours. D’abord dans le préambule la situation y est bien analysé : « Ce régime tient sa filiation politique de la contre-révolution engagée au lendemain de l’indépendance nationale et qui a inauguré une dictature bureaucratique militaro-policière qui allait se fortifier crescendo tout au long de l’indépendance. »

Ensuite la dynamique des luttes y est exposée : « Au regard de la dimension nationale, du caractère unitaire et pacifique du mouvement ; vu les forces sociales engagées, vu les mots d’ordre et les objectifs proclamés, vu la diversité des actions entreprises, considérant la longévité du mouvement, il s’agit d’une révolution démocratique populaire dont les forces motrices essentielles sont constituées de la majorité sociale du peuple »

Et enfin les perspectives de luttes sont clairement exprimées : « Nous réaffirmons qu’aucun changement véritable n’est possible sans le départ inconditionnel du système et de ses suppôts : conseil constitutionnel, présidence, gouvernement , sénat , APN… . La rupture avec ce système passe par une période de transition qui ne peut s’accommoder des institutions actuelles. Cette période de transition permettra au peuple de jeter les bases d’une nouvelle république dans le cadre d’une assemblée constituante souveraine qui sera élaborée à partir de la base. »

La révolte des Papous en Indonésie

Depuis une semaine des manifestations se tiennent partout en territoire papous. Ce qui a enclenché les mobilisations c’est une intervention policière dans un dortoir étudiant. Conséquence : la police indonésienne a coupé internet. Il faut comprendre que le territoire est immense soit la moitié de la France et que les Papous sont considérées comme des citoyens et citoyennes de seconde zone : « Il y a aussi dans cette histoire un arrière-plan de racisme et c’est le deuxième aspect qui rend cette histoire édifiante. On est en présence, un fait assez rare, d’un racisme assumé de la part de certains membres des forces de l’ordre. indonésiennes. »

Il faut voir aussi que les papous mènent aussi une lutte contrele colonialisme et pour leur indépendance : « La population autochtone a été marginalisée, voire maltraitée, même si le réseau électrique et routier a été développé. Il y a deux ans, plus de 70% des Papous ont signé une pétition pour réclamer un référendum d’indépendance. L’Indonésie a évidemment refusé. »

Concernant des découvertes

Au fondement de l’État, les céréales

L’article porte sur la déconstruction de nos idées actuelles entre civilisation et État. « Scott déconstruit ce qu’il nomme le « récit civilisationnel standard », celui qu’enseignent encore nos manuels d’histoire : à savoir la corrélation prétendument historique entre civilisation et État. » Pour cela, l’auteur remonte jusqu’à la période néolithique et à la découverte de l’agriculture. Pour lui, l’agriculture est la clé de voûte de l’État. Comment d’abord : « Premièrement, à la différence des lentilles et des pois à la maturité différée et des légumes-racines aisément dissimulables, les céréales arrivent à maturation en même temps. Ce qui permet, certes, de prévoir les stocks, mais surtout, de faciliter considérablement le travail des percepteurs d’impôts, »Ensuite les céréales peuvent se cultiver sur de terres plus arides et : « Quantifiables, contrôlables, les céréales servent dans bien des pays d’étalon de la valeur. » S’ensuit donc pour l’auteur une lutte à finir avec les populations de chasseurs cueilleurs et les agriculteurs sédentaires.

Cravate pour femme et collant pour homme

Un jeune qui passe un test en anglais et qui échoue parce qu’il pense en terme de diversité sexuelle et non en terme de stéréotypes et d’hétérosexualité. «  Je suis un homme et je porte des collants. Ma cousine est une femme et porte une casquette. Ma tante aime porter une cravate, mais mes réponses au test d’anglais étaient fausses après tout. » mais le jeune étudiant est bien conscient que ce n’est pas seulement un test d’anglais qui et remis en question mais toute l’école : « Nous devrions tous pouvoir nous habiller et nous exprimer à notre guise, et l’école doit cesser d’appliquer des règles inutiles, telles que demander aux élèves de penser qu’un objet (un vêtement) doit avoir un genre prédéfini. » et même toute la société. « Je rêve d’une société où les étudiants seront libres d’exprimer leur opinion, où chacun peut porter ce qu’il veut, être qui elle-il veut au fond de lui-elle-même. Une société juste basée sur l’égalité, la fraternité et la liberté. »

Concernant un débat

Nous avons reçu trois articles qui rescencent les rapport entre la religion et l’État au fil des siècles. À l’heure des débats sur la laïcité, sur la liberté religieuse, ces trois textes sont éclairant et nous amènent à porter un regard nouveau et différent sur le débat. Le dernier article nous conduit même à réfléchir à la laïcité dans l’État canadien. Un dossier à lire. Merci aux deux auteurs Guylain et Yvan.

L’État dans ses rapports avec l’au-delà et les choses terrestres : d’Homère à Machiavel

L’État dans ses rapports avec l’au-delà et les choses terrestres : de Thomas More à Tocqueville…

L’État dans ses rapports avec l’au-delà et les choses terrestres : de Saint-Simon, Bakounine et Marx à la Charte canadienne de 1982

Bonne lecture !

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