Édition du 20 octobre 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Le mouvement des femmes dans le monde

Déclaration de la Marche mondiale des femmespour la 5ème Action internationale 2020

Ce 17 octobre 2020, les féministes de la Marche mondiale des femmes, dans plus de 50 pays et territoires, vont clore notre 5ème Action Internationale, qui a a encadré notre action collective depuis le 8 mars de cette année. La pandémie n’a pas arrêté notre mouvement, bien au contraire : aujourd’hui plus que jamais, face à l’escalade autoritaire et réactionnaire du capital : nous résistons pour vivre, nous marchons pour transformer !

Notre slogan est devenu plus pertinent en ces temps. La solidarité féministe qui a a toujours été notre principe est devenue notre pratique centrale afin de garantir la vie communautaire, sous attaque par une crise pandémique provoquée par la capitale. La force des femmes est irrépressible : pour soutenir le monde et le transformer.

Dans nos communautés, nos villes et nos pays, nous vivons grâce à une économie qui ne s’arrête pas, même pour COVID-19. C’est l’économie qui soutient la vie : l’économie des soins, des agricultrices, les artisanes et des différents circuits économiques qui ont été activés et qui assurent la production d’aliments sains et de services réellement indispensables. La pandémie progresse de manière inégale ; et il est évident que l’orientation politique des gouvernements et le pouvoir des entreprises ont défini l’impact de COVID-19 sur nos peuples. Une politique de mort a été renforcée contre les plus pauvres, les populations Noires, marginalisées et autochtones.

Pendant cette période, les femmes en Palestine subissent les crimes les plus graves liés à l’occupation de leur territoire, la même oppression qui s’exprime de plusieurs manières sur les femmes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, en particulier en Libye, en Syrie, en République du Sahara occidental et au Liban.En outre, des territoires comme Cuba et le Venezuela connaissent une intensification de l’attaque impérialiste contre la souveraineté populaire, avec ses blocus et ses menaces d’interventions militaires.

Dans nos lieux de vie et de lutte, nous dénonçons l’instrumentalisation de la pandémie comme prétexte pour accroître la militarisation des territoires et la criminalisation des mouvements sociaux, pour ouvrir davantage de portes au pouvoir des multinationales et à l’endettement, pour attaquer les démocraties et pour étendre le contrôle des technologies de surveillance sur nos vie, nos territoires et notre travail. C’est un système qui veut nous réduire au silence, nous démobiliser et nous surexploiter. C’est pour cette raison que nous sommes en butte à des attaques lorsque nous nous battons pour nos droits et notre autodétermination.

Alors nous disons non ! Non à l’appel des élites et des gouvernements de droite à revenir à la normale. Ce qu’ils appellent la normalité, nous l’appelons le capitalisme raciste, patriarcal et colonialiste, où la vie n’a pas sa place, où quelques uns s’enrichissent avec le travail et la pauvreté de la majorité, et à cela nous disons assez ! Nous, qui soutenons le monde avec notre énergie, notre travail et nos soins, tant dans le Nord global que dans le Sud global, disons qu’il est temps de construire une autre normalité, une normalité où la vie et sa durabilité sont au centre.

En tant que mouvement de femmes anticapitaliste et antiraciste, nous défendons la vie depuis 20 ans, et c’est pourquoi nous ne cessons d’affronter la violence sexiste, raciste et coloniale et les avancées du conservatisme. Face à cet agenda de la mort, nous mettons en route l’agenda de l’économie féministe, du bien commun et du pouvoir populaire. Notre "nous résistons pour vivre" est inséparable du "nous marchons pour transformer".

Pour nous, la durabilité de la vie est : l’autodétermination des corps et des territoires ; la mémoire et les connaissances ancestrales ; la souveraineté alimentaire, l’agriculture familiale et paysanne, et l’agroécologie féministe ; le soin, la production, la distribution et la consommation basés sur des principes d’éco-dépendance et d’interdépendance, sur la justice environnementale, sociale et économique ; le droit de vivre dans un environnement sain, sans violence patriarcale et raciste, sans transphobie ni lesbophobie ; la reconnaissance du fait que le travail domestique et le travail de soins sont indispensables à la vie ; le soutien de systèmes judiciaires antiracistes, qui sont au service des personnes, dans un monde sans murs, où les personnes qui migrent sont respectées et non criminalisées. La durabilité de la vie n’est possible qu’avec des peuples libres et souverains, avec le pouvoir populaire et la démocratie ; avec la décommodification de la vie et le démantèlement du pouvoir des entreprises multinationales ; avec des services publics qui garantissent la reproduction sociale et le droit des femmes à décider de leur corps, parmi bien d’autres principes et revendications politiques que nous avons élaboré dans notre résistance quotidienne.

Nous portons nos luttes et nos pratiques concrètes qui transforment, nos nouvelles formes d’action politique conçues à partir d’expériences collectives et de la mise en œuvre d’alternatives contre-hégémoniques, de la solidarité et de l’internationalisme populaire. Nous continuerons à lutter jusqu’à ce que nous soyons toutes libres, pour nos vies et pour un avenir d’égalité, de liberté, de solidarité, de justice et de paix dans tous les territoires de cette planète.

Nous résistons pour vivre, nous marchons pour transformer !

Marche mondiale des femmes, 17 octobre 2020

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