Édition du 12 novembre 2019

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Luttes syndicales

Journée internationale de la démocratie La liberté d'expression des experts doit être garantie, juge le SPGQ

À l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) plaide pour que la liberté d’expression des experts de l’État soit garantie.

Garantir la liberté de parole des experts lorsqu’il s’agit de protéger la santé et la sécurité des Québécois semble une évidence. Pourtant, l’affaire Louis Robert a démontré que les lanceurs d’alerte étaient bien mal protégés. Les professionnels de l’État veillent notamment à la qualité de l’eau, de l’air, de la terre et des aliments. Ils jouent un rôle primordial en santé, en culture, en éducation, sans oublier toute une panoplie de services offerts aux citoyens. Leur mission est de protéger la population d’abord et avant tout. Leurs analyses méritent d’être entendues. Ils ne devraient pas être bâillonnés ou censurés.

La liberté d’expression et la liberté de presse sont deux principes fondamentaux en démocratie. Tout en reconnaissant que ces droits viennent avec des responsabilités importantes, le SPGQ juge que ses membres devraient pouvoir s’exprimer plus librement sur les questions d’intérêt public. La démocratie s’enracine plutôt bien au sein d’un État où les experts sont entendus et reconnus, où l’influence politique n’entrave pas le travail des fonctionnaires.

Le devoir de loyauté des professionnels du gouvernement ne devrait pas les empêcher de dénoncer des situations problématiques. Le SPGQ espère que le gouvernement tirera un enseignement de la saga de l’agronome et lanceur d’alerte, et que plus jamais un salarié ne se retrouvera dans l’œil de la tempête pour avoir voulu protéger le public. Personne ne devrait perdre son emploi sous prétexte d’avoir communiqué des informations d’intérêt public à des journalistes.

Le travail des journalistes permet de bien informer la population, de donner une voix aux différents acteurs de la société et de mettre en lumière les dysfonctionnements du système. La commission Charbonneau, par exemple, n’aurait jamais existé sans le travail acharné de journalistes et l’aide des divulgateurs. Pour être efficace, la presse doit pouvoir compter sur des sources diversifiées et bien informées, dont les lanceurs d’alerte.

Le système actuel protège davantage l’organisation visée par la divulgation que le lanceur d’alerte. Les ministères et organismes se retrouvent juges et parties. Cette lacune doit rapidement être corrigée, car les Québécois méritent d’obtenir l’heure juste quand leur santé et leur sécurité sont en jeu.

Le gouvernement a indiqué son intention de réviser cet automne la Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles à l’égard des organismes publics. Le SPGQ suivra ces travaux avec attention afin que les lanceurs d’alertes soient mieux protégés. Sans aucun doute, cet enjeu remet en question l’essence même de la démocratie.

Line Lamarre

Présidente

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