Édition du 11 mai 2021

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Syndicalisme

L’INSPQ : Un sorcier qui veut prouver qu’il peut danser sur les braises ardentes sans se brûler !

L’Institut national de la Santé Publique INSPQ est finalement revenu la semaine dernière sur ses décisions catastrophiques du mois d’avril et, avec 9 mois d’un délai inexcusable, l’INSPQ reconnaît du bout des lèvres que la contamination à la COVID peut se faire aussi par aérosol à l’intérieur même de nos institutions de santé.

3 février 2021 | tiréé du site du Syndicat des employés du Centre Universitaire de santé McGill

L’INSPQ a produit une grille d’analyse(1) qui permet d’évaluer ce « peut ». Il s’agit ici de faire des évaluations complexes des micro caractéristiques d’un milieu de travail. Tenter de passer à travers toutes les subtilités du document d’analyse place le gestionnaire dans la situation du sorcier qui veut prouver qu’il peut danser sur les braises ardentes sans se brûler les pieds.

Le gestionnaire est appelé à commencer son travail d’analyse lorsqu’il y a une « Évolution soutenue et à la hausse du nombre de cas ». En utilisant la grille d’analyse la direction peut donc recommander le port du N-95 mais il faut que ce soit limité à « des éclosions non contrôlées » donc, une fois que le ravage est commencé.

Combien de « OUI » ou de « NON » faut-il cocher sur la grille d’analyse de l’INSPQ pour autoriser le port du masque N-95 ?

Rien que pour cela il faudrait jeter aux poubelles ce document qui admet la contamination aérosol sans prendre des mesures de précaution et de prévention qui s’imposent.

Le document INSPQ va à l’encontre de la première règle de santé sécurité au travail qui est de prévenir avec des moyens appropriés AVANT que le problème nous frappe.

Comment les médecins de l’INSPQ peuvent-ils penser respecter leurs engagements déontologiques en admettant d’une part que les infections par aérosol existent et, dans le même document, mettre de l’avant une grille d’analyse aussi sujette à interprétation et qui ne sert qu’à limiter la prise de mesures de prévention.

En utilisant telle quelle la grille proposée par l’INSPQ on risque de souffrir bien d’autres éclosions au travail car le point de départ qui consiste à analyser « les éclosions non contrôlées » est erroné. La COVID est présente dans nos institutions depuis le mois de mars et la COVID se transmet AUSSI en mode aérosol.

La question est maintenant posée au gouvernement : combien d’autres éclosions êtes-vous prêts à endurer dans le réseau de la santé avant d’admettre simplement que la contamination se fait aussi en mode aérosol et qu’il faut prévenir pour ne pas avoir à guérir ?

Ça fait presque qu’un an que l’on nage dans la COVID. Au CUSM, nous en sommes à plus de 850 personnes infectées de la COVID et un grand nombre de ces infections ont eu lieu au travail. Le temps n’est plus à des danses autour du feu en espérant de ne pas se brûler. La deuxième vague n’est pas terminée et déjà des spécialistes nous avisent qu’il y en aura une troisième. Ça suffit ! On veut de vraies mesures de protection de vraies mesures de prévention.

Nous exigeons des masques N-95 ou supérieurs pour toute personne appelée à travailler dans une zone jaune ou rouge d’un établissement de santé.

Exécutif syndical

[1] https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/publications/3106-exposition-travailleurs-sante-eclosion-controlee.pdf – voir le document en cliquant sur l’icône :

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