Édition du 13 avril 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

États-Unis

L’espérance de vie baisse pour les non-diplômés

L’espérance de vie baisse pour les non-diplômés (et pas à cause du Covid) Aux États-Unis, sans l’équivalent d’un bac + 4, il est de plus en plus difficile de vivre bien et longtemps. Le tiers des titulaires d’un diplôme équivalent à bac + 4 peut espérer vivre une vie longue et propspère.

photo et article tirés de NPA 29

On les appelle les « morts de désespoir ». Depuis le début des années 1990, de plus en plus d’Américains âgés de 25 à 75 ans meurent par suicide, toxicomanie et alcoolisme, et ce alors que le taux de mortalité dû aux maladies cardiovasculaires ne cesse de diminuer.

Selon une étude menée par un couple d’économistes de Princeton, Anne Case et Angus Deaton, prix Nobel 2015, les non-diplômés représenteraient une part importante de ces morts prématurées.

L’équivalent d’un bac + 4 serait même une nouvelle ligne de fracture entre les Américains : le tiers de la population qui en possède peut espérer vivre une vie longue et prospère, quand les deux tiers qui n’ont jamais passé les portes d’un campus voient leur mortalité augmenter et leurs perspectives s’amenuiser.

Avant d’arriver à ce résultat, Case et Deaton ont étudié la mortalité globale aux États-Unis en calculant, chaque année de 1990 à 2018, le nombre d’années qu’une personne de 25 ans pouvait espérer vivre avant son 75e anniversaire.

La valeur sociale du diplôme

De 1990 à 2010, les scientifiques observent une progression presque continue de l’espérance de vie de tous les Américains, avec cependant des courbes qui ne cessent de s’éloigner entre les titulaires d’un diplôme de premier cycle et ceux qui n’en ont pas. Et après 2010, c’est la chute pour les non-diplômés.

Parmi les causes de ce déclin, comme l’écrivent Case et Deaton, la raréfaction des « bons emplois » pour les « travailleurs sans diplôme de l’enseignement supérieur, dont beaucoup ont perdu leur emploi à cause de la mondialisation et de l’automatisation et pour lesquels le coût des soins de santé fournis par l’employeur les a de plus en plus écartés du marché du travail de qualité. Pour eux, les salaires réels ont chuté, tout comme la participation à la population active. »

2010, c’est aussi l’année où l’avantage salarial d’un équivalent bac + 4 par rapport à un équivalent bac tout court aura atteint un niveau record : +80%. Citant le philosophe politique Michael Sandel, les économistes soulignent combien un diplôme universitaire est désormais devenu « une condition de dignité professionnelle et d’estime sociale ».

Si leurs données s’arrêtent en 2018, soit longtemps avant l’apparition du Covid-19, Case et Deaton estiment que la pandémie creusera encore davantage le fossé de longévité entre diplômés et non-diplômés. Ou entre gens capables de télétravailler en toute sécurité, et ceux bien obligés de prendre des risques sanitaires pour subvenir à leurs besoins.

Peggy Sastre — 15 mars 2021

Repéré sur PNAS, Princeton

http://www.slate.fr/

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : États-Unis

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...