Édition du 17 mai 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Lutte contre les pipelines

La Marche des peuples pour la Terre-Mère du 10 au 14 mai

Ce reportage publié par Gaïpresse permet de suivre les rencontres faits par les participantEs de la Marche durant leur parcours.

(textes tiré du site Gaïa - http://gaiapresse.ca/)

14 mai - De La Pocatière à Saint-Roch-des-Aulnais

Un petit kilométrage d’environ 15 km nous sépare de notre point d’arrivée, la ferme Rivière Ferrée. Pourtant, la marche n’y est arrivée qu’en soirée. C’est que nous avons pris notre temps aujourd’hui et avons profité des sentiers pédestres de la Montagne du collège et de la Route Verte qui longe le fleuve.

Christian Joncas nous a acceuilli chez lui, dans sa ferme laitière et céralière biologique, et nous a fait visiter ses installations. Une journaliste du Placoteux, un journal local, est venue faire une entrevue collective de la marche.

Avant d’aller terminer la soirée au bord d’un feu, les marcheurs/ses ont eu la chance d’assister à la projection de 5 documentaires de la Wapikoni mobile. Ces documentaires ont été réalisés grâce à une roulotte transformée en studio ambulant, qui se rend de réserve en réserve pour permettre aux jeunes de témoigner de leur situation à travers des vidéos qu’ils réalisent eux-mêmes.

Après une nuit passée dans la grange, la Marche se remettra en route vers de nouvelles communautés concernées par le projet d’oléoduc Énergie Est. Les marcheurs/ses iront recueillir les témoignages des habitants et les sensibiliser aux enjeux du projet en faisant du porte-à-porte.


13 mai - De Kamouraska à La Pocatière

Réveil en douceur ce matin, à 6h, sous l’air du Seigneur des Anneaux joué à la flûte par Philippe.

La cinquantaine de marcheurs/ses prend la route très tôt en prévision de la plus grosse journée, en terme de kilométrages, depuis le début de la marche. Près de 30 kilomètres les attendent sur une route sans l’ombre d’un arbre pour les protéger du soleil.

Fait à noter, aujourd’hui, la Marche est escortée par une voiture hybride apportée par Bernard Roy, directeur général de l’AQLPA.

Nos efforts sont récompensés à notre arrivée à la Pocatière par une surprise que nous réservent les commerçants. Les marcheurs/ses se voient en effet offrir un véritable festin de roi et ont le plaisir de goûter aux petites spécialités maison de leurs hôtes.

Le maire de la ville vient également rencontrer les organisateurs et organisatrices de la marche pour leur transmettre sa gratitude et témoigner de son intérêt pour les questions environnementales.

Les marcheurs/ses prennent une soirée de repos pour soigner leurs pieds et leur corps endoloris par cette longue journée de marche, et profitent des commodités offertes par le Cégep de La Pocatière pour prendre une douche bien méritée !


12 mai - De Saint-André à Kamouraska


Le matin, Natasha Kanapé Fontaine offre aux autres marcheurs/ses un rituel de purification par la sauge. Nous reprenons la route forts de cette bénédiction et de la présence du maire et d’une conseillère municipale venus nous souhaiter au revoir. Nous n’oublierons pas de si peu le festin et la fête de la veille et repartons le coeur emplis de gratitude pour la communauté de St-André.

Claudie Gagné nous accompagne le long des berges en kayak. Elle les connaît bien pour vivre de la cueillette des plantes qui poussent au bord du fleuve. Un déversement pétrolier serait fatal pour son entreprise les Jardins de la mer qui embauche chaque année des personnes de la région.

Une soixantaine de personnes sont présentes ce lundi pour parcourir les 17 km jusqu’au centre communautaire de Kamouraska.

À Kamouraska, certains marcheurs/ses profitent de la petite journée de marche pour se reposer alors que d’autres font du porte-à-porte pour promouvoir la campagne “Coule pas chez nous !” aux habitants de la ville.

En soirée, Natasha Kanapé Fontaine nous livre un témoignage à la fois bouleversant par le lourd récit de la violence historique infligée à son peuple et vibrant par l’appel à l’espoir d’une guérison entre les nations. Plus que jamais, elle nous invite à établir des liens entre les luttes environnementales et autochtones.

La Marche se couche ce soir repue par une journée nourrissante par les nombreux échanges et réflexions qu’elle a connue.


11 mai - De Rivière-du-Loup à Saint-André de Kamouraska

Malgré le réveil fort matinal (6h30), les marcheurs/ses entament leur journée de marche de 25 km avec une énergie et une bonne humeur indéfectible

Nous sommes une cinquantaine a traversé la magnifique région du Kamouraska. L’air marin de l’estuaire du Saint-Laurent nous accompagne toute la journée et la beauté des paysages vient renforcer notre détermination à protéger ce territoire.

Un peu avant l’arrivée à Saint-André, un aigle nous accueille de son vol majestueux et nous accompagne jusqu’à l’entrée de la petite ville. Là aussi, nombreux sont les marcheurs qui y voit un signe de bon augure envoyé par notre Mère la Terre !

Nous réalisons un bref détour pour visiter un vieux fort. Certains d’entre nous s’y étaient déjà rendu en 2011, lors de la marche contre les gaz de schistes du Moratoire d’une génération. Cette lutte citoyenne, qui s’était soldée par une victoire, vient conforter nos espoirs de réussir à stopper l’arrivée des pipelines sables bitumineux aux Québec.

La marche se termine à La Petite École de Saint-André, transformée en centre culturel Armand Vaillancourt. Ce dernier nous fait l’honneur de sa présence et nous offre un véritable festin avec l’aide de nombreux citoyens mobilisés dans la campagne Coule pas chez nous ! Déjà très touchés par un tel accueil, nous sommes d’autant plus émus d’entendre le discours de Gervais Darisse, le maire de St-André, venu en personne encourager les marcheurs/ses à se battre pour empêcher le projet d’oléoduc de Transcanada de se réaliser. La soirée se poursuit en danse, chanson et musique. La joie et la beauté sont au rendez-vous ce soir sur le bord du fleuve.


10 mai - De Cacouna à Rivière-du-Loup

Le jour du grand départ est arrivé !

La marche des Peuples pour la Terre Mère est lancée en même temps que la campagne citoyenne Coule pas chez nous ! et pendant la Journée d’action nationale pour le climat.

Plusieurs médias ont répondu à notre invitation et sont présents aujourd’hui à Cacouna pour une conférence de presse. L’événement a également mobilisé de nombreuses personnalités telles que Roméo Bouchard et Christian Bégin. Dominic Champagne, Emmanuel Bilodeau, Vincent Gratton (pour ne nommer qu’eux) ont quant eux manifesté leur soutien par le biais de clip vidéo diffusés aux marcheurs/ses.

Natasha Kanapé Fontaine, poète et slameuse Innu porte-parole de la marche, appelle avec force le peuple québécois et les Premières Nations à s’unir pour protéger l’environnement. “La marche des Peuples pour la Terre Mère, ce n’est pas uniquement un symbole : c’est avant tout une statégie !”, souligne pour sa part Alyssa Symon-Bélanger, porte-parole et organisatrice de la marche. L’objectif sera en effet de réussir à tisser des liens entre les différentes communautés mobilisées afin de faire front communs contre les compagnies TransCanada et Enbridge.

Si notre journée a commencé sous une pluie battante, un soleil printanier nous accueille à notre sortie de la salle municipale.

Est-ce un hasard, ou la Terre Mère tient elle aussi à encourager les marcheurs/ses ?

Les marcheurs/ses s’en disent convaincus et appréhendent les 700 kilomètres à venir avec optimisme.

La marche commence en grande pompe au son des chants de la Chorale du Peuple entonnés par plus de 80 personnes !

Les quinze premiers kilomètres de ce périple qui va durer 34 jours sont réalisés en 4 heures dans une ambiance festive. Après une courte halte au sommet d’un belvédère d’où les marcheurs/ses admirent la beauté du fleuve qu’ils souhaitent protéger, le cortège arrive à Rivière-du-Loup. Les automobilistes croisés en cours de route témoignent leur soutien par des coups de klaxon et des signes d’encouragement.

Avant de se rendre au Cégep de Rivière-du-Loup où ils sont hébergés, les marcheurs/ses visitent la magnifique exposition de l’artiste locale Caroline Jacques au musée du fleuve Saint-Laurent. Ses peintures de baleines visent à sensibiliser le public au respect de l’environnement. Très engagée dans la protection de l’environnement et des baleines plus particulièrement, l’artiste peintre déplore le projet de terminal pétrolier de TransCanada à Cacouna. S’il se réalisait, les bélugas verraient leur pouponnière disparaître et leur survie gravement menacée...

Après un délicieux et chaleureux repas préparé par les Pétroliques Anonymes de Rivière-du-Loup, les citoyens et citoyennes locaux sont invité.e.s à participer au Cabaret Olé Oléoduc, un spectacle engagé et participatif amenant à réfléchir sur les manières dont nous pouvons nous mobiliser collectivement.

Cette première journée de marche a également fait l’objet d’un magnifique photo-reportage réalisé par Marie-Josée Richard pour GaïaPresse !

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