Édition du 16 juin 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Chine

La plus grande grève de l'histoire de la Chine entame sa sixième journée. La police anti-émeute a arrêté des organisateurs

La plus grande grève de l’histoire de la Chine a entamé sa sixième journée , défiant les tentatives de l’État pour réprimer les travailleurs qui luttent contre l’injustice économique et sociale . La police a arrêté plusieurs organisateurs des grévistes à l’usine Yue Yuen qui fabrique des chaussures pour Nike et Adidas .

20/04/2014 - Asia Pacific, China, Revolution News

Comme la situation se détériore, les milliers de travailleurs sont de plus en plus en colère après que la direction de l’usine ait refusé de reconnaître des violations dans le paiement de leur sécurité sociale. Les travailleurs de Dongguan, où s’est développé le plus grand mouvement pour les droits syndicaux, ont pris des mesures de solidarité avec les grévistes de Yue Yuen. Un grand nombre de travailleurs de Dongguan - apparemment en milliers - sont descendus dans les rues pour protester contre l’injustice salariale et l’oppression des travailleurs migrants par le gouvernement, et pour demander au gouvernement de payer la sécurité sociale dûe aux travailleurs .

Les travailleurs Dongguan ont averti les grévistes Yue Yuen que le gouvernement et les entreprises veulent utiliser la force contre eux.

La production de l’usine est presque totalement paralysée, et les cadres du parti ont commencé une campagne de diffamation contre les travailleurs les qualifiant de « traîtres » . La police a arrêté plusieurs organisateurs. Les grévistes ont combattu la police antiémeute, SWAT, dans les rues . Ils ont lancé des bouteilles d’eau à la la police antiémeute qui les a attaqués brutalement et qui a arrêté plusieurs d’entre eux .

Quand la femme d’un organisateur a appris que la police avait arrêté son mari lors de la cinquième nuit, des milliers de personnes ont afflué au centre administratif et tous ont pour demander la libération immédiate de M. Yang.

Selon le Service des différends du travail de Shenzhen Chunfeng, le 17 Avril , la police a arrêté à leur domicile de jeunes travailleurs en grève et les ont emmenés. Le lendemain, exigeant leur libération, des milliers de travailleurs sont descendus dans la rue, mais leur marche a été bloquée et de nombreux manifestants ont été emmenés par la police . Certains semblent avoir été arrêtés parce qu’ils prenaient des photos des événements. Beaucoup de policiers en civil - apparemment par centaines - ont été déployés parmi les manifestants pour leur voler leurs téléphones afin qu’ils ne puissent prendre de photos .

Le nombre des travailleurs rassemblés devant l’usine et refusant de retourner au travail dépassait les 20.000.

Les entreprises et le gouvernement ont fait une troisième série de propositions , dans l’espoir de convaincre les grévistes de reprendre le travail. Apparemment, l’Etat et les entreprises ont admis qu’ils devaient payer la sécurité sociale à chaque travailleur, et ils ont promis de financer le fonds du logement, mais les travailleurs n’ont pas abandonné, et la grève de l’usine a continué sans relâche .

Selon le Conseil de règlement des différends de Chenzhen Chunfeng des travailleurs des services ont poursuivi leur grève, parce que les réponses qu’ils ont obtenu du gouvernement ne sont pas satisfaisantes. Ce qui semble les avoir irrité terriblement c’est que que la direction de l’usine complètement nié avoir commis des violations dans le paiement des cotisations des pensions et de la sécurité sociale .

Le gouvernement ne peut pas contrôler la circulation des travailleurs migrants. Les emplois les plus difficiles et les moins payés sont attribués à 300 millions de travailleurs migrants dans le pays - des gens qui ont été forcés de se déplacer vers les villes et dont le travail dans les usines leur permet de gagner l’argent avec lequel ils peuvent soutenir leurs familles.

L’État et les employeurs discriminent brutalement ces prolétaires. Alors que les cols blancs des villes possèdent deux ou trois maisons, le système du hukou , le système d’enregistrement des ménages, a divisé la classe ouvrière en deux catégories distinctes : les urbains et les ruraux.

Ce système bloque l’accès aux soins de santé de base, à l’éducation aux travailleurs migrants qui ont dû quitter leurs villages pour travailler dans les usines des villes alors que les habitants de la ville bénéficient de ces services. Ils sont souvent victimes de discrimination en matière de salaire et de traitement. Les travailleurs migrants sont exposés à la pire maltraitance au travail, et ils paient de leur vie leur travail dans les entreprises occidentales de fabrication de chaussures.

Le plus souvent, ils sont obligés de travailler sans être payé. Les émeutes sont souvent causés par le comportement criminel des patrons envers les travailleurs - certains patrons tuent même les ouvriers si ils exigent leurs droits. En Chine, la chaîne des sous-traitants intermédiaires est si longue que les travailleurs sont toujours les derniers à être payés, quand ils le sont. Janvier est généralement le mois des grèves car les travailleurs migrants cessent de travailler pour obliger les employeurs à leur verser leurs salaires afin d’obtenir de l’argent pour leurs familles avant le Nouvel An chinois. Il ya eu plus de 70 grèves dans le sud-est industriel durant la première semaine de janvier de cette année. Les grèves se sont intensifiées. Depuis lors, des centaines de grèves, à laquelle participent jusqu’à 10000 travailleurs ont eu lieu.

Sur le même thème : Chine

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...