Édition du 21 juin 2022

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Asie/Proche-Orient

Éditorial d’Haaretz

La violence policière aux funérailles de la journaliste palestinienne est la marque de Caïn d’Israël

Les événements survenus vendredi lors du cortège funèbre de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, tuée par balle la semaine dernière lors d’affrontements entre des soldats des FDI et des Palestiniens dans le camp de réfugiés de Jénine, sont une marque de Caïn sur Israël.

Tiré de France-Palestine Solidarité.

Pendant le cortège funèbre, la police a confisqué les drapeaux palestiniens des personnes en deuil et a frappé les porteurs du cercueil à coups de matraque. Une vidéo montre des dizaines de policiers courant vers les porteurs du cercueil, les dispersant à coups de matraque, les amenant presque à faire tomber le cercueil.

La police a déshonoré la mémoire d’Abu Akleh, n’a montré aucun respect pour les personnes en deuil et a transformé les funérailles en une pagaille qui devrait faire honte à tous les Israéliens. Même si certaines personnes se sont révoltées lors des funérailles, le travail de la police est de faire retomber les hostilités, pas d’attiser le feu.

Il ne s’agit pas seulement d’une atteinte à l’image d’Israël. Il s’agit d’un incident définitif qui a révélé toute la laideur de la vie sous l’occupation israélienne. Aucune relation publique au monde ne peut réparer les dommages, car il n’y a pas de "récit" qui justifie la conduite de la police israélienne.

Il ne s’agit pas seulement de mépris pour la douleur et le chagrin des Palestiniens ; il s’agit d’une attitude fondamentalement inappropriée envers le drapeau palestinien. Il s’agit du drapeau de l’Autorité palestinienne - une entité établie dans le cadre d’un accord avec Israël, un accord qui, entre autres, consacre la coopération en matière de sécurité dont Israël bénéficie depuis près de 30 ans - et il est reconnu par le monde entier, y compris par Israël. La police doit cesser de considérer le fait de brandir le drapeau comme un acte de défiance. Tout le monde peut le brandir, comme n’importe quel autre drapeau, n’importe où, y compris en Israël, où - et il est important de le rappeler une fois de plus au public israélien en général, et à la police israélienne en particulier - ce n’est pas contraire à la loi.

Au-delà de cela, il faut se demander : à quel drapeau les Israéliens pensent-ils que les Palestiniens doivent s’identifier ? Les millions de Palestiniens qui vivent sous l’occupation israélienne ont-ils été invités à devenir des citoyens égaux d’Israël et à brandir son drapeau ? Le président des États-Unis, Joe Biden, a déclaré que les événements survenus lors des funérailles devaient faire l’objet d’une enquête, les responsables du gouvernement américain se sont dits choqués et les législateurs démocrates ont condamné ces événements.

Des condamnations ont également eu lieu en Israël, et le commissaire de police Kobi Shabtai, ainsi que le ministre de la sécurité publique Omer Bar-Lev, ont ordonné samedi une enquête sur la conduite de la police pendant les funérailles. Espérons que l’enquête ne se terminera pas par des déclarations vides et des réprimandes sans valeur. Pour changer le comportement imprudent et violent de la police dans les rues de Jérusalem, les responsables doivent être identifiés et remplacés.

Traduction : AFPS

© Eye on Palestine

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