Édition du 8 octobre 2019

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Amérique latine

Le Parlement européen engage des mesures de rétorsion contre l’Argentine

YPFLe Parlement européen a approuvé une résolution qui invite l’union européenne à prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre à la décision du gouvernement argentin de nationaliser la compagnie pétrolière YPF, contrôlée par le groupe espagnol Repsol.

(Cet article nous a été envoyé par Résistance.fr)

Ypf a été mise en vente par le président de droite de l’époque, Carlos Menem, alors engagé dans une vaste entreprise de privatisation d’entreprises œuvrant dans les secteurs stratégiques, dont celui de l’énergie. Une dérive qui a été arrêtée à temps par la présidente péroniste Christina Kirchner, qui a fait de la défense de la souveraineté nationale un de ses principaux objectifs.

La résolution, approuvée par 458 votes oui (contre 71 non et 16 abstentions – il y avait tout de même 206 absents…), juge « unilatérale et arbitraire » la décision du gouvernement argentin. La commission européenne a donc été invitée à recourir à tous les instruments juridiques mis à disposition par l’OMC (organisation mondiale du commerce) et le G 20.

Mais ces dispositions ne suffisaient visiblement pas, et sous la pression de la canaille libérale, la commission devra éventuellement s’activer pour revoir les intérêts commerciaux entre l’Argentine et l’Union européenne et donner le feu vert à la suspension partielle des « avantages » dont jouissait jusqu’à présent l’Argentine en matière de tarifs douaniers.

L’Argentine, aux yeux des ploutocrates européens, est bien évidemment coupable de vouloir défendre sa souveraineté nationale surtout après que les groupes étrangers ont tiré d’énormes profits, principalement en augmentant de manière indécente les prix de l’énergie. D’où la décision du gouvernement Kirchner de bloquer ces derniers pour venir en aide aux familles pauvres et aux classes moyennes là-bas aussi en voie de prolétarisation. Une mesure qui a d’ailleurs poussé quelques groupes étrangers à réduire leurs investissements en Argentine, voire à y envisager la fin de leurs activités.

Le commissaire au commerce, le belge Karel De Gucht, a pris toutes ses précautions en soutenant « qu’il fallait regarder de près la question et l’étudier dans toute sa complexité ». Il semble en fait reconnaître à moitié que l’Argentine n’a pas tous les torts en voulant protéger ses citoyens de la voracité des entreprises étrangères qui espèrent toujours avoir une terre à conquérir et à rapiner.

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