Édition du 22 septembre 2020

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Solidarité internationale

Le choix n'est pas « bombarder ou ne rien faire » (Collectif Échec à la guerre)

MONTRÉAL, le 4 sept. 2013 - Le conflit syrien perdure depuis deux ans et demi, avec des conséquences horribles. Il aurait déjà fait plus de 100 000 morts, près de deux millions de réfugié-es et encore plus de déplacés internes. Les frappes militaires des États-Unis et de quelques pays alliés ne feront que jeter de l’huile sur un feu dont ils sont déjà en grande partie responsables. Bien loin d’être protégés, d’autres civils mourront inévitablement et le conflit n’en deviendra que plus complexe et plus profond. Les risques d’une conflagration régionale, voire même mondiale, sont aussi bien réels.

Le dilemme moral qu’on nous présente, à savoir de « bombarder ou de ne rien faire face à un dictateur qui utilise des armes chimiques contre son peuple » n’est qu’un nouveau prétexte de guerre préfabriqué. Pour la communauté internationale, tous les efforts doivent, au contraire, être déployés pour désamorcer les affrontements armés et favoriser la construction progressive d’une solution politique, authentiquement syrienne, au conflit.

Pour cela, il faut exiger un cessez-le-feu immédiat, l’arrêt de toutes les livraisons d’armes aux belligérants et l’amorce de négociations, sans condition. Outre le régime et les oppositions syriennes armées, ces négociations doivent également inclure des représentants des mouvements syriens d’opposition non armés, des organismes qui œuvrent sur le terrain pour favoriser la désescalade du conflit et la réconciliation, des organisations de femmes, etc. Et elles doivent être placées sous l’égide de l’ONU, mais hors du contrôle des grandes puissances.

Une telle solution ne risque pas de venir du Conseil de sécurité des Nations Unies. Elle ne peut venir, en premier lieu, que des Syriens et des Syriennes qui luttent déjà en ce sens depuis longtemps. Et, en second lieu, des mouvements progressistes de partout dans le monde qui doivent appuyer leurs efforts, en s’opposant non seulement aux menaces actuelles de frappes étrangères mais à l’ingérence de plus longue date, directe et indirecte, de plusieurs pays occidentaux et de leurs alliés dans l’armement, l’entraînement et l’appui aux « rebelles », qui sont en bonne partie des « djihadistes » étrangers.

Le Collectif Échec à la guerre abhorre, évidemment, tout recours aux armes chimiques par quiconque, dans le conflit syrien ou ailleurs. Mais nous dénonçons également les frappes « punitives » annoncées par les États-Unis et le soutien du gouvernement Harper à ces frappes. Même si le Premier Ministre a déclaré que le Canada n’y participerait pas - faute de missiles de croisière et de drones de combat - nous soupçonnons que, comme pour l’agression contre Irak, le Canada y participera de diverses façons, dans l’ombre.

Les dirigeants des pays occidentaux ont donné, depuis plusieurs mois, de nombreux signes de vouloir s’impliquer directement dans le renversement du régime syrien. Une vaste mise en scène est en train d’être déployée pour tenter de justifier à nouveau l’injustifiable. Le Collectif Échec à la guerre dénonce ces tractations et exige que nos « représentants » contribuent enfin à la recherche d’une solution politique au conflit syrien au lieu de l’alimenter.

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