Édition du 16 juin 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Le parti revanchard et haineux de Harper

Les morts auraient été nombreuses. Et par millions ! Les différents régimes socialistes auraient non seulement été le début d’une tragique barbarie dans l’histoire humaine mais surtout, l’extermination de masse aurait été dans leur nature profonde.

J’ai un tout autre point de vue que j’expliquerai sans trop de sophismes, je l’espère.

L’URSS a innové dans le domaine de la santé, par exemple, tant et si bien qu’une visite du Docteur Norman Béthune dans ce pays l’aurait convaincu de faire la promotion au Canada d’un système de santé public similaire. Un historien du Canada anglais a raconté le périple de ses conférences en enquêtant dans les archives de la police de l’époque qui avait recensé la liste de ses assemblées politiques.

En partie conditionnées par l’existence de services de santé publique chez les communistes, les démocraties occidentales ont finalement cédé à la population le précieux droit à la santé avec les moyens de l’exercer. Il a fallu faire reculer une mentalité qui destinait ces problèmes à être résolus par des médecins éparpillés dans les campagnes ou par des religieuses charitables et dévouées.

Le rationnel a fini par l’emporter. Combien de lettres aux lecteurs pour remercier le personnel des hôpitaux pour leurs bons services ? Est-ce que ceux qui les écrivent soupçonnent seulement qu’ils sont passés par des institutions qui ont été d’abord planifiées par des communistes ?

Tout dernièrement, 300 médecins cubains ont contribué à combattre l’Ébola en Afrique alors que les États-Unis y ont délégué … des soldats ! Le New York Time a fait l’éloge de Cuba. Combien de vies sauvées ? Innombrables. Mais chez des peuples qu’on veut soumis. Alors, ça n’inspire pas la compassion de la droite réactionnaire.

Le monument à être élevé aux victimes du communisme, par les Conservateurs et leurs faire valoir d’extrême droite, montre bien l’étroitesse d’esprit des troupes de Harper. Réviser l’histoire et s’en servir pour inverser qui a tué de gens et qui a trouvé une manière de les soigner est typique de la réaction politique au Canada. Car qui peut vraiment affirmer sans rire que les communistes canadiens ou québécois aient du sang sur les mains ? Pas plus que les chrétiens n’aient maintenant à répondre des abus de l’Inquisition, pas plus nous, communistes québécois, ne pouvons être accusés par association de crimes que nous n’avons pas encore commis.

Dans le contexte actuel, Harper propage l’anticommunisme en prétendant être capable de faire un bilan statistique des morts et des vivants de l’histoire. En même temps, il sabote les façons d’assurer aux scientifiques une évaluation démographique des populations canadiennes par le recensement.

Il prétend sauver femmes et enfants du Tiers-Monde alors qu’il repousse l’enquête nécessaire sur les femmes autochtones « racisées » et assassinées dans son pays.

Poutine est notre pire ennemi ? Hé bien ! Dirigeons vers la Pologne soumise des soldats jusqu’à 5,000 pour nous en protéger et se rapprocher des lieux d’affrontements en Ukraine. L’apologie de la guerre, par une droite unanime, sert à donner à l’OTAN une image de recherche de la paix. Décidément les négociations de paix ne sont plus ce qu’elles ont été durant la Guerre Froide grâce à la participation d’un Canada moins militariste. Alors, c’est Cuba qui a rapproché les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) des pourparlers avec le gouvernement colombien.

C’est le monde à l’envers, ça. Le révisionnisme historique alimente en argumentaires les plus à droite du spectre politique pendant que la gauche en Grèce, par exemple, mène l’humanité jusqu’à la falaise d’où elle se suicidera encouragée par ce qui reste du mouvement communiste international.

Voilà donc où nous conduit cette haine primaire de tous ceux qui, s’inspirant des Lumières, ont fait basculer le monde du XX ième siècle, de la menace d’une dictature nazi, voulant imposer un esclavage moderne aux sous-hommes, vers un règlement de compte victorieux des forces du progrès sur celles de la nuit et du brouillard. Que diront-ils donc sur Stalingrad ? Encore des victimes du socialisme ?

Ils gouvernent à l’aveugle et reprochent à leurs adversaires les fautes qui les nourrissent d’une haine déchainée contre le progrès.

La Chine rouge actuelle a sorti de l’extrême pauvreté des millions de paysans pauvres. La conquête de l’indépendance de leur pays par les guérilleros communistes de Mao valait-elle la peine ? En tout cas, très peu nombreux sont les Chinois qui reviendraient au système semi-colonial. Et ceux qui le souhaiteraient se collent malhabilement aux États-Unis comme dissidents que l’on peut compter sur les doigts de la main.

La Chine serait un bagne ? Les communistes chinois viennent d’abolir les goulags sans les émotions de la droite qui aurait eu une bonne occasion de célébrer sa « victoire sur l’obscurantisme » d’une société dirigée par des communistes.

On peut attribuer aux pays se réclamant du socialisme tous les crimes possibles, mais on ne peut pas leur enlever qu’ils donnent maintenant au développement une toute autre couleur que celle du néocolonialisme. La Chine a inventé le « gagnant-gagnant » dans ce type de projets. La solidarité qu’elle construit tranquillement, patiemment, à l’échelle de tout le Tiers-Monde change le visage de la planète. Elle participe, en alliance proche avec des tas d’autres pays spoliés, à la création d’un monde multipolaire où l’impérialisme pourra sans doute encore manœuvrer, mais sous la haute surveillance de ceux que l’on persiste à vouloir réduire à l’état de subalternes perpétuels.

Alors ? Un monument aux victimes du communisme au Canada et au Québec ou une autre entourloupette réactionnaire de Harper et de ses sbires haineux ?

Guy Roy

l’auteur est membre du collectif PCQ de Québec solidaire à Lévis.

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