Édition du 21 juin 2022

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Syndicalisme

Les négos du nord : Ça doit se régler !

Les négociations du secteur public sont terminées, certaines conventions collectives sont même signées et, déjà, on s’affaire à préparer la prochaine ronde. Toutefois, ce qui est vrai pour l’ensemble des collègues en éducation à travers le Québec ne l’est pourtant pas pour nos quelque 2000 collègues du Nord.

En effet, le personnel enseignant, professionnel et de soutien qui travaille dans les commissions scolaires crie et Kativik n’a toujours pas conclu les négociations. Six mois après l’aboutissement des négos du personnel de l’éducation du Sud, les six tables du Nord sont toujours au point mort.

Conséquence : au cours des prochaines semaines, le personnel enseignant, professionnel et de soutien des centres de services scolaires du Sud bénéficiera d’une bonification de ses conditions de travail, mais pas les employées et employés du Nord.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle situation se produit. En 2015 aussi, les négociations s’étaient étirées pendant des mois. Elles s’étaient pourtant déroulées au même rythme qu’au Sud.

À l’heure actuelle, la partie patronale semble toujours incapable de prendre des orientations claires, ce qui empêche la négociation des conditions de travail de se conclure, dans l’intérêt de tout le monde.

En résumé, ce conflit crée des disparités et deux catégories de travailleuses et de travailleurs, ce qui n’est en aucun cas acceptable.

Les collègues qui travaillent au Nord ne sont pas des travailleuses et des travailleurs de seconde zone !

On ne peut pas non plus faire abstraction de la pression qu’exerce la pénurie de main-d’œuvre. Ce n’est certainement pas en étirant les négociations et en pénalisant le personnel qu’on réussira à attirer et à retenir les travailleuses et les travailleurs dans le Nord. Pour les commissions scolaires, c’est l’équivalent de percer un trou dans leur propre chaloupe !

Je m’adresse donc au ministre de l’Éducation. On a ce qu’il faut pour régler. Il n’y a absolument aucune raison pour que le personnel de l’éducation fasse les frais du refus de négocier des employeurs.

Il y a 2 semaines à peine, Jean-François Roberge annonçait fièrement des investissements de 19,4 millions de dollars en argent frais pour améliorer la persévérance et la réussite éducative des élèves autochtones. Mais pour assurer un soutien accru et davantage de services à ces élèves dans le réseau scolaire public, ça prend du personnel. La population du Nord mérite le même traitement que le reste de la population québécoise.

Annoncer devant les caméras des investissements en blitz de fin de session parlementaire, mais laisser trainer un conflit qui crée des disparités entre le Nord et le Sud, c’est inacceptable et contreproductif.

Monsieur le ministre, vous avez tout entre les mains pour régler. Ça suffit : faites-le, maintenant !

Voyez la vidéo d’Éric Gingras sur le sujet.

Éric Gingras

Président de la CSQ (2021-...)

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