Édition du 29 novembre 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Loi 96 : QS tombe encore dans un piège de la CAQ

Forte de sa majorité parlementaire, la CAQ a réussi à faire adopter sa réforme de la Charte de la langue française, le projet de loi 96, la semaine dernière. Un seul autre parti a voté en sa faveur : Québec solidaire. Cette grave erreur du parti de gauche québécois souligne l’urgence de défendre une position de classe sur la question nationale et linguistique.

Tiré du Journal La Riposte

Photo : François Legault/Facebook

Une provocation délibérée

La loi 96 représente une mise à jour de la loi 101 conçue pour combattre le soi-disant déclin du français. La réalité est que très peu de mesures contenues dans la loi vont favoriser l’apprentissage de cette langue. La vraie raison d’être de la loi se trouve dans les petites mesquineries bureaucratiques qu’elle contient.

Les immigrants en sont les premières victimes. Dès mai 2023, ceux-ci recevront des communications de l’État exclusivement en français après six mois passés au Québec. Comment la CAQ s’attend à ce que des immigrants non francophones comprennent le français après six mois, Dieu seul le sait.

Puis, la loi contient toutes sortes de mesures conçues pour provoquer une levée de boucliers des anglophones, écorchant au passage les Autochtones. Ces derniers ont particulièrement décrié l’ajout de trois cours en français au cégep, eux pour qui le français est souvent une troisième langue. De même, le plafonnement des inscriptions aux cégeps anglophones à 8,7% d’augmentation par année est une provocation délibérée. Ironiquement, les nationalistes vont faire des cégeps anglophones des institutions encore plus prestigieuses en limitant la possibilité d’y accéder !

Cette nouvelle loi a atteint son objectif, soit de susciter la colère des anglophones, des immigrants et des Autochtones. Des manifestations ont eu lieu. Des représentants des groupes autochtones ont décrié la loi. Le gouvernement fédéral a affirmé qu’il « n’écartait pas » une intervention en Cour suprême, ce qui ne fait qu’aider Legault dans sa tentative de présenter le Québec comme étant assiégé par les immigrants, les anglophones et Ottawa.

Le petit jeu de la CAQ est donc clair. Le parti tente depuis quatre ans, et nous devons l’admettre, avec un certain succès, de se présenter comme le grand défenseur de la nation québécoise devant les empiètements d’Ottawa, des minorités, des immigrants. Cela lui permet de gagner l’appui de travailleurs francophones sur le dos des minorités. La loi 96 s’inscrit dans cette tendance.

Avec la loi 96, Legault force le Parti libéral du Québec à prendre l’image de « parti des anglophones », et met Québec solidaire devant le choix de décevoir les immigrants, les Autochtones et les anglophones ou d’être dépeint comme de mauvais nationalistes.

À trois mois de la campagne électorale, le plan de la CAQ est limpide. Le parti n’a rien à offrir aux travailleurs qui souffrent de l’inflation et de la crise du logement, et il doit faire oublier sa gestion pitoyable de la pandémie. Quoi de mieux que de détourner l’attention en trouvant des boucs émissaires. Ainsi, Legault et le Parti québécois ont récemment rouvert le débat sur le chemin Roxham, dans une tentative évidente de créer un conflit avec Ottawa sur le dos des migrants. Au sujet de la langue, Legault a dit que « c’est important que les Québécois comprennent que c’est une question de survie » et « ça peut devenir une question de temps avant qu’on devienne une Louisiane ». Cette grossière exagération montre clairement ce que la CAQ veut envoyer comme message : notre nation est menacée, notre langue est en déclin, c’est la CAQ qui peut empêcher ces désastres.

Il est impossible de comprendre la raison d’être de la loi 96 sans la regarder dans ce contexte de montée du nationalisme identitaire caquiste. Mais comment diable expliquer que QS lui ait donné son appui ?

Couverture de gauche

Ruba Ghazal, porte-parole de QS en matière de langue française, a bien essayé de justifier la position du parti en utilisant des arguments de gauche. Elle s’est attaquée aux entreprises qui s’opposeraient aux lois sur la langue française, affirmant que celles-ci « ne veulent qu’une seule langue, celle de l’argent ». Elle les a invitées à quitter le Québec si elles ne veulent pas offrir à leurs employés le droit de travailler en français. Elle a même cité la tirade de Michel Chartrand contre les « “nationaleux” qui voulaient sauver la langue et laisser crever ceux qui la parlent », et suggéré que les patrons devraient offrir des cours de langues payés à leurs employés.

Bien que Ghazal ait raison de défendre le droit de travailler en français et d’attaquer les patrons, ce n’est pas de cela qu’il est fondamentalement question ici. La loi de la CAQ n’est pas une attaque contre les patrons, mais d’abord contre les immigrants et les Autochtones. Dans les faits, QS a voté avec ces « nationaleux » que Ghazal dénonce !

Après le vote, GND et Ghazal ont tenté de justifier cette décision. Ils ont expliqué qu’une fois au pouvoir, QS allait retirer le délai de six mois imposé aux immigrants avant de se faire servir uniquement en français et allait consulter les peuples autochtones afin de dessiner un projet de loi qui protège leurs langues. Mais ces promesses ne justifient aucunement de piétiner ici et maintenant les droits des minorités. Combien de temps faudra-t-il avant que QS vienne réparer ces « erreurs » en prenant le pouvoir ? Avec ce vote, QS envoie essentiellement le message qu’il est prêt à soutenir des attaques sur les immigrants si cela peut lui gagner la faveur du prétendu électorat nationaliste.

Quelques jours après le vote au parlement, au Conseil national de QS, la direction du parti a fait voter à la va-vite une motion, présentée par Gabriel Nadeau-Dubois lui-même, visant essentiellement à entériner ce que les députés avaient voté et défendu publiquement quelques jours auparavant – soit de promettre que QS « corrigerait » les deux pires aspects du projet de loi. De manière totalement antidémocratique, le Comité de coordination national de QS (soit le principal organe dirigeant du parti) a refusé qu’une autre motion[1] visant à corriger la position, présentée par une membre du Collectif Tendance marxiste internationale, soit mise en débat. Sans trop de surprise, la motion de GND a été adoptée à majorité, mais avec un fort nombre d’abstentions. En réponse à des critiques soulevées après ce vote, Manon Massé a pu répondre que oui cette loi est « divisive » et « cruelle », mais que le Conseil national avait tout juste adopté sa position sur la loi et qu’il fallait maintenant se rallier. Gabriel Nadeau-Dubois aussi a affirmé prendre « acte des inconforts », puis il a invité à l’unité : « Ce qui est important pour moi, c’est qu’on s’unisse derrière cet engagement à corriger les erreurs du projet de loi 96. »

Cette décision honteuse s’inscrit dans une tendance de longue date au sein du parti. Sous la pression de la CAQ et du PQ et de leurs faiseurs d’opinions dans les médias, QS tente constamment de prouver son nationalisme. La direction de QS s’imagine qu’en agissant ainsi, elle pourra mieux gagner l’électorat francophone. C’est la même chose qui l’a amenée à accepter les termes du débat sur les signes religieux par le passé et à défendre le compromis Bouchard-Taylor, jusqu’à ce que les membres renversent cette position. De même, l’opposition du parti à la loi 21 se fait timide, et les porte-parole de QS ne font que répéter le mantra du Bloc québécois et de la CAQ que la loi « appartient aux Québécois ».

Et maintenant, la direction de QS accepte les termes du débat sur la langue et le mantra du déclin du français dont Mathieu Bock-Côté et ses amis nationaleux font leur pain et leur beurre. Quoiqu’en dise maintenant la direction du parti, n’oublions pas que les députés de QS se sont préalablement abstenus sur la clause concernant les immigrants, démontrant leur timidité à attaquer de front ne serait-ce que les pires aspects du projet de loi 96.

Le seul résultat obtenu en acceptant les débats suscités par les nationalistes identitaires, c’est de légitimer la tentative de la CAQ de se présenter comme la défenseure des Québécois francophones et de fomenter les divisions en s’attaquant à certaines minorités. QS donne ainsi une couverture de gauche au nationalisme identitaire de la CAQ. Le parti donne encore une fois l’impression d’être du côté de l’establishment nationaliste, ne voulant qu’apporter quelques amendements aux projets xénophobes de la CAQ.

Richard Martineau a bien démontré comment la posture de QS donne une couverture de gauche au gouvernement dans un récent article :

« Selon Yves Boisvert de La Presse, ceux qui étaient contre ce projet d’agrandissement du cégep anglophone [le collège Dawson] font partie de “la droite nationaliste décliniste”.

Comme la Fédération des enseignants de cégep ? Ou Québec solidaire ? »

Quand Martineau peut utiliser QS dans une polémique pour défendre la CAQ, c’est que quelque chose ne tourne pas rond.

Tant du point de vue étroit de la tactique parlementaire (les voix de QS n’étaient même pas nécessaires pour que le projet de loi soit adopté), que du point de vue des principes, l’appui à la loi 96 est une erreur monumentale.

Dans sa publication Facebook défendant la position de QS sur le PL96, Gabriel Nadeau-Dubois a affirmé que nous pourrons « toujours compter sur Québec solidaire pour être la voix de la nuance et de l’équilibre ». Il reprend ainsi un refrain qui revient souvent chez QS depuis plusieurs années. Le parti devrait « modérer » son discours et « faire des compromis » pour ne pas paraître trop radical et ne pas faire peur à l’électorat du « centre ».

En pratique, cette tendance à la « modération » et aux « compromis » mène le parti à prendre le bord de la CAQ et à ne pas dénoncer toutes ses manœuvres nationalistes visant à faire oublier les problèmes urgents des travailleurs. Pourtant, à une époque où les travailleurs ont besoin de solutions radicales et où les discours anti-système gagnent massivement en popularité, c’est une erreur pour le parti de se positionner comme une voix « raisonnable » associée au système.

Encore une fois, sur le « déclin du français »

Comme on l’a vu, la direction de QS, reflétant une opinion courante dans la gauche québécoise, déplore les mauvais côtés de la loi, mais affirme qu’elle répond tout de même à une nécessité. « Oui la loi est discriminatoire, mais il y a urgence d’agir pour protéger le français du déclin », affirme-t-on essentiellement. Ce faisant, elle tombe dans le panneau en acceptant les prémisses du discours nationaliste identitaire.

La CAQ et les nationalistes identitaires basent leurs déclarations grandioses comme la « Louisianisation » du Québec sur le déclin du français comme langue principale parlée à la maison et comme langue maternelle. Comme nous l’avons déjà mentionné ailleurs, cette dynamique est la même que l’on voit pour l’anglais au Canada anglais, soit la diminution des deux langues maternelles principales au profit de langues tierces, en raison de l’immigration. Ainsi, lorsque la CAQ et les nationalistes utilisent ces arguments, le jupon xénophobe dépasse clairement ; ce sont les immigrants et leurs langues qui sont le problème.

La gauche devrait prendre bien conscience de comment la prémisse du déclin du français mène les nationalistes identitaires à ces conclusions ouvertement xénophobes. Ceux-ci ont lancé une volée d’attaques sur les immigrants, accusés d’être responsables du déclin du français. Legault a affirmé que le Québec devait « rapatrier tous les pouvoirs en immigration, c’est une question de survie pour notre nation ». Mathieu Bock-Côté a affirmé que « l’immigration massive » mènera à la disparition du peuple québécois. Bien qu’il soit forcé de se distancer du mythe suprémaciste blanc du « grand remplacement » pour que son discours soit acceptable, les propos de MBC sont essentiellement une version plus digeste de ces idées. Joseph Facal du JdeM soutient que « s’il a fallu légiférer sur la langue française, c’est, entre autres raisons, parce que l’immigration vient la fragiliser ».

Et nous avons déjà expliqué que les chiffres ne soutiennent pas réellement la thèse du déclin du français. Au cours des dernières semaines, d’autres études et statistiques sont venues montrer que le français est bien loin d’être en chute libre.

Particulièrement intéressantes sont des études commentées récemment dans le magazine L’Actualité. Celles-ci révèlent que les transferts linguistiques des allophones se font majoritairement vers le français. Entre 2011 et 2016, 75% des allophones qui ont adopté une autre langue comme langue « régulièrement » parlée à la maison ont adopté le français. De même, pour les allophones qui ont adopté une autre langue que la leur comme langue d’usage à la maison, 72,4% ont adopté le français. Nous voyons donc que loin de constituer une « menace », les immigrants se francisent, et davantage que par le passé. Mais il semble que pour les nationalistes identitaires, ces gens ne soient pas les « vrais » francophones, qui eux sont en baisse !

C’est la même chose pour la langue parlée au travail. Selon Jean-Pierre Corbeil, professeur spécialisé en démolinguistique à l’Université Laval, parmi les 14% d’allophones du Québec, 48,1% utilisent le français de manière prédominante au travail, contre 27% qui utilisent l’anglais selon les données de 2016. Il s’agit d’une augmentation pour le français par rapport à 2006. Encore une fois, on est loin de l’assimilation vers l’anglais.

Les nationalistes identitaires s’en tiennent à des catégories figées de « francophone », « anglophone », « allophone » qui masquent le fait que beaucoup d’allophones, notamment, se tournent vers le français. Nous devons démasquer leurs tours de passe-passe statistique, et dénoncer les sous-entendus racistes qui se cachent souvent derrière les discours alarmistes sur le déclin du français.

Solution de classe

Il n’y aura jamais de solution à la question nationale et linguistique québécoise si nous acceptons le cadre du débat proposé par les nationalistes identitaires. La gauche a besoin d’une nouvelle approche. Ce qui manque cruellement au débat sur la question linguistique, et à la gauche québécoise en général, c’est une position de classe claire.

Les travailleurs ont les mêmes intérêts, peu importe leur langue, nationalité, religion, etc. Ils n’ont aucun intérêt à se laisser diviser sur des bases linguistiques. Les marxistes proposent de lutter contre l’oppression linguistique, mais non pas pour une langue ou une autre. Les mesures bureaucratiques et mur à mur visant à imposer le français ne font que convaincre davantage les deux principaux groupes linguistiques de se camper sur leur position défensive – les francophones qui se défendent contre l’anglo-chauvinisme, les anglophones, immigrants et Autochtones qui se sentent attaqués. Le résultat de cette approche est de diviser les travailleurs et travailleuses, tout en ne faisant absolument rien pour favoriser l’apprentissage du français et lutter contre la véritable oppression linguistique.

Il est vrai qu’au Canada anglais, l’opposition à la loi 96 est teintée d’anglo-chauvinisme et d’hypocrisie puante. Les éditeurs et chroniqueurs du National Post montent sur leurs grands chevaux et dénoncent « l’autoritarisme » de la CAQ, eux qui n’ont aucun problème avec l’oppression et l’exploitation des travailleurs quand il est question de littéralement n’importe quel autre enjeu. Ils laissent entendre que le pays est un havre de démocratie et de tolérance, sauf au Québec, et ferment les yeux sur l’oppression des francophones dans le reste du pays, incomparable avec celle des anglophones du Québec. Nous ne pouvons faire aucune concession à l’anglo-chauvinisme dans la lutte contre le nationalisme identitaire fomenté par la classe dirigeante québécoise. Cela dit, comme l’oppresseur principal des travailleurs québécois est leur propre classe dirigeante, c’est contre son chauvinisme à elle que nous devons principalement lutter.

Nous devons mettre tout le fardeau de l’apprentissage du français et des autres langues nécessaires au travail sur le dos des patrons. La plupart des immigrants et anglophones apprendraient le français volontiers si les ressources étaient facilement accessibles pour le faire. Les cours de francisation doivent être payés par les patrons sur les heures de travail. Si une autre langue est nécessaire pour un emploi donné, la même règle doit s’appliquer sans aucune discrimination à l’embauche. Seule cette approche permet de favoriser l’unité de la classe ouvrière et d’exposer les capitalistes et leurs députés, qui ne voudront certainement pas de telles mesures. Ironiquement, cette approche aurait fort probablement comme résultat de favoriser l’apprentissage du français encore plus que les mesures bureaucratiques qui divisent.

Nous devons revendiquer la gratuité scolaire et un financement massif de toutes les écoles. Ce financement est particulièrement nécessaire pour les écoles dans les communautés autochtones et les écoles francophones, délabrées et historiquement sous-financées. Les cours de francisation pour les immigrants devraient être beaucoup mieux financés, et s’accompagner de bourses viables.

Au Québec, la gauche doit rejeter ouvertement le nationalisme identitaire. Trop souvent, la gauche semble avoir peur des mots. Mais il faut le dire : la CAQ utilise la xénophobie et un nationalisme duplessiste pour diviser la classe ouvrière et gagner à elle les francophones. Le nationalisme réactionnaire de la CAQ ne peut être combattu que par un mouvement uni des travailleurs et des opprimés.

Il n’y aura pas de solution à la question linguistique et nationale sous le capitalisme. Plus que jamais, les travailleurs et travailleuses de toutes origines doivent s’unir dans une lutte contre la bourgeoisie québécoise francophone et leurs amis de la bourgeoisie anglophone. C’est en libérant toutes les ressources cachées dans les comptes en banque des capitalistes, en prenant le contrôle de l’économie dans le cadre d’un plan de production socialiste, que nous pourrons créer un système d’éducation haut de gamme, dans toutes les langues nécessaires pour une communauté donnée, et une société harmonieuse dans laquelle les divisions linguistiques s’estomperont.

Le 17 juin prochain à 19h à Montréal, La Riposte socialiste organise une conférence-discussion sur le thème « Le projet de loi 96 et la question linguistique au Québec : une analyse marxiste ». Tous les détails se trouvent ici. Joignez-vous à nous !

[1] Motion d’urgence contre la Loi 96

CONSIDÉRANT QUE la CAQ se maintient au pouvoir en mobilisant le nationalisme identitaire pour diviser les travailleurs afin de mieux régner, comme en témoigne la loi 21 ;

CONSIDÉRANT QUE c’est la même stratégie qui est mise à l’œuvre avec le projet de loi 96, alors que la CAQ agite l’épouvantail du déclin du français au Québec afin d’orienter le débat loin de sa gestion désastreuse de la pandémie et loin des enjeux urgents pour lesquels elle n’a aucune solution, comme la crise du logement, l’érosion des salaires et la crise climatique ;

CONSIDÉRANT QUE cette loi, qui impose des mesures bureaucratiques, s’attaque particulièrement aux immigrants et aux Autochtones, tout en ne faisant rien pour combattre la discrimination à l’embauche ou pour véritablement favoriser l’apprentissage du français ;

CONSIDÉRANT QUE mettre des bâtons dans les roues des cégeps anglophones n’aidera pas les écoles francophones largement sous-financées ;

CONSIDÉRANT QUE la proportion de la population québécoise parlant le français à la maison a augmenté dans les dernières années, que davantage d’immigrants et d’allophones affirment parler le français à la maison, et donc que le mantra du déclin du français ne résiste pas à l’épreuve des faits ;

CONSIDÉRANT QUE la proposition de l’aile parlementaire de QS à l’effet qu’un futur gouvernement solidaire annulerait l’obligation pour les immigrants de recevoir des services en français six mois après être arrivés au Québec et exempterait les peuples autochtones de la loi ne justifie aucunement de voter en faveur de piétiner leurs droits ici et maintenant, et nous met dans le camp de la CAQ aux yeux de ces personnes ;

CONSIDÉRANT QUE les seuls résultats du vote de nos députés pour la loi 96 sont de donner une couverture de gauche au nationalisme identitaire de la CAQ et de nous associer à l’establishment ;

IL EST RÉSOLU QUE Québec solidaire s’oppose à la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (Loi 96) et répudie le vote en sa faveur à l’Assemblée nationale.

IL EST RÉSOLU QUE l’aile parlementaire et les porte-paroles défendent cette position d’opposition à la loi dans leurs interventions publiques et à l’Assemblée nationale.

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