LNG Canada a dépassé ses limites d’émissions mensuelles autorisées d’une moyenne de 40 fois pendant au moins six mois consécutifs — et a eu recours à des torchages d’urgence non réglementés pendant près de trois mois. Ces émissions exposent les habitants de Kitimat et de la région à des substances chimiques nocives pour la santé, notamment le carbone noir et le benzène, un puissant cancérigène pour lequel il n’existe aucun seuil d’exposition sans danger. LNG Canada estime qu’il faudra trois ans pour résoudre les défaillances techniques à l’origine de ces infractions, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à la non-conformité réglementaire prolongée, aux atteintes évitables à la santé publique et à l’adéquation de la surveillance de l’un des projets industriels les plus émetteurs du Canada.
« La première installation d’exportation de GNL au Canada rejette des émissions toxiques à des niveaux exponentiellement supérieurs aux limites autorisées. Or non seulement le gouvernement ne protège pas les communautés voisines contre ces dangers, mais il poursuit à toute vapeur de tout nouveaux projets de GNL qui mettront en danger d’innombrables autres personnes. C’est inacceptable. Nous devons marquer une pause et comprendre l’ensemble des impacts sur la santé des installations de GNL existantes avant d’en lancer de nouvelles », a déclaré le Dr Tim Takaro, représentant de l’ACME, médecin-chercheur et professeur émérite à l’Université Simon Fraser.
Il a ajouté qu’aucune évaluation cumulative des effets sur la santé n’avait jamais été réalisée concernant l’industrie du GNL en Colombie-Britannique, ce qui constitue une lacune majeure dans la prise de décision fondée sur des données probantes et dans les mesures de précaution visant à protéger les personnes vivant à proximité des sites d’exploitation du GNL et des infrastructures associées.
Dans une lettre adressée au premier ministre Mark Carney, aux ministres fédéraux Hodgson, Michel et Dabrusin, ainsi qu’au premier ministre Eby et aux ministres provinciaux Dix, Osborne et Davidson, les organisations appellent les gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique à :
1- exiger la réalisation d’une évaluation indépendante, financée par le secteur, des effets cumulatifs sur la santé de l’industrie du gaz et du GNL en Colombie-Britannique afin d’informer les autorités de la Colombie-Britannique et d’autres juridictions ;
2- suspendre tout soutien financier public fédéral et provincial aux nouveaux projets de GNL, y compris le financement direct, les garanties de prêt, les incitations fiscales, les exonérations de redevances, la fourniture d’infrastructures ou d’électricité à un prix inférieur au coût de revient, ainsi que toute autre forme de subvention publique ;
3- appliquer une comptabilité carbone transparente et exhaustive pour évaluer les émissions sur l’ensemble du cycle de vie des projets de GNL.
La lettre affirme clairement que les Canadiens et les Canadiennes — en particulier celles et ceux vivant dans les communautés où sont implantées des installations de GNL — ont le droit de savoir : à quel moment le gouvernement d’Ottawa et celui de la Colombie-Britannique réagiront-ils aux risques liés à l’exposition continue aux polluants atmosphériques toxiques issus des activités liées au GNL ?
Le mois dernier, Ottawa a reconnu que l’augmentation de la production de GNL entraînerait une hausse des émissions et aggraverait les risques environnementaux, mais n’a fourni que très peu de données concrètes, se contentant d’engagements et d’incitations fiscales qui permettront d’injecter des milliards de dollars de fonds publics dans l’industrie mondiale du pétrole et du gaz, et ce, alors même qu’Ottawa et la Colombie-Britannique font face à des niveaux d’endettement records. Outre LNG Canada, le dernier budget du gouvernement fédéral fait état de 11 autres projets de GNL détenus par des sociétés étrangères et états-uniennes, à différents stades de développement à travers le pays.
Dans l’ensemble, ces problèmes non résolus font peser des risques inacceptables sur la population en Colombie-Britannique et dans l’ensemble du Canada. L’absence de contrôle et de responsabilité à Kitimat crée un dangereux précédent. Sans intervention, les mêmes risques pourraient se présenter dans d’autres régions du pays, telles que Baie-Comeau au Québec, ainsi qu’en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve-et-Labrador, où des projets de GNL sont sérieusement envisagés.











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