Édition du 15 octobre 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Négociations du secteur public 2014-2016

Pourquoi poursuivre la négociation

18 JAN 16

Pourquoi proposez-vous le rejet de l’entente de principe ? Voici une question qu’on me pose souvent depuis quelques semaines.

Dans cette négociation que nous menons depuis 3 ans à la FSSS-CSN, nous avons rapidement fait de la question salariale notre priorité. Il s’agissait pour nous de travailler à mettre un terme à l’appauvrissement du personnel du secteur public et ainsi viser un meilleur partage de la richesse au Québec.

Négocier pour protéger et améliorer notre pouvoir d’achat

La négociation en cours poursuit 3 grands objectifs sur la question de la rémunération, et particulièrement sur celle des salaires :

- Arrêter de nous appauvrir par rapport à la hausse du coût de la vie ;
- Combler le retard salarial avec les autres salarié-es québécois ;
- Bénéficier de l’enrichissement collectif du Québec.

Malheureusement, cette entente de principe ne permettra pas de remplir nos trois objectifs sur la question salariale.

Les détails sur l’évaluation de nos objectifs non atteints

Entendons-nous bien, une fois que le premier objectif n’est pas rempli, les deux autres sont pratiquement inatteignables. Il est important de souligner que notre évaluation tient compte de la réalité des membres de la FSSS-CSN. Je sais que celle-ci ne s’applique pas à certains groupes du Front commun, notamment dans le secteur de l’éducation.

Objectif #1 quant à notre priorité de négociation – contrer les effets de l’inflation !
Prévoir l’augmentation du coût de la vie (inflation) est très difficile parce que la conjoncture économique évolue rapidement. C’est pour cette raison que la solution idéale à une table de négociation pour protéger le monde contre l’augmentation du coût de la vie est une clause d’indexation. À cet effet, si le gouvernement avait fait le pari que les augmentations salariales qu’il proposait dépassaient l’inflation, il aurait, sans l’ombre d’un doute, fait une proposition d’indexation !

Comme le gouvernement semble avoir fermé solidement la porte à la table de négociation sur cette possibilité, il faut croire qu’il se retrouve gagnant de ne pas introduire celle-ci pour contrer l’appauvrissement de ses employé-es.
En tenant compte de ce refus du gouvernement aux négociateurs du Front commun, nous sommes obligés d’évaluer la situation à partir de critères dits objectifs.

Je vous propose donc qu’on s’intéresse au comportement historique de l’inflation dans les dernières années selon les données de Statistiques Canada (1,92 % par année entre 2002 et novembre 2015). Ce moyen est établi avec des années où l’inflation était plus importante et des années où l’inflation était moins importante.
D’ailleurs, si le coût de la vie augmente dans les mêmes proportions qu’au courant des dernières années, on peut s’attendre à ce que l’inflation augmente de plus ou moins 9 % pour les 5 prochaines années. Comme nous sommes actuellement dans un creux quant au taux d’inflation, nous devons rester conservateurs dans l’évaluation future de l’inflation, notamment cette année et l’année prochaine.

Sur une base annuelle depuis avril 2015 (le début de notre convention collective) jusqu’au mois de mars 2020 (la fin de notre convention collective), nous avons utilisé le cadre suivant pour évaluer l’augmentation de l’inflation : 1 %, 1,5 %, 1,9 %, 1,92 % et 1,92 %. En tenant compte de l’effet cumulatif de l’inflation, le coût de la vie augmenterait de 8,51 % en mars 2020 par rapport à avril 2015.
Comment pouvons-nous recommander une entente de principe où 90 % de notre monde risque fortement de perdre pour une 3e convention collective de suite face à la hausse du coût de la vie ?

Dans le prochain billet de blogue, je reviendrai sur les perspectives qui s’offrent à nous dans les prochaines semaines.


* À la fin de la convention collective, la démarche d’intégration dans la nouvelle échelle sera complétée pour les personnes qui sont à temps complet. Donc au 31 mars 2020, l’intégration pourrait se diviser en 5 strates inégales. (Pour les personnes à temps partiel, cette intégration dépendra du moment du changement d’échelon, donc après la fin de la convention collective).
** L’ensemble des augmentations à l’échelle salariale (2016 : 1,5 %, 2017 : 1,75 %, 2018 : 2 %) et au 31 mars 2020 la valeur de l’intégration suite à la démarche de relativité, varie selon les titres d’emploi.

Sur le même thème : Négociations du secteur public 2014-2016

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