Édition du 17 septembre 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Réduire les GES sans que ça fasse trop mal

Les gouvernements et les entreprises ont un rôle important à jouer pour réduire les GES. Qu’on pense seulement aux politiques et aux investissements publics en matière d’énergies renouvelables, de transport en communs, d’efficacité énergétique des bâtiments, d’étalement urbain, de densification des villes, de diminution des îlots de chaleurs et de gestion des déchets.

Les individus aussi, dans leur vie personnelle, peuvent jouer un rôle important pour réduire les GES. Le mouvement de simplicité volontaire a identifié cinq manières de diminuer significativement les GES sans que ça fasse trop mal : la diminution de la grandeur des logements, la réduction de la taille des voitures, la limitation des voyages en avion , la diminution de la consommation de viande et enfin, la prolongation de la durée de vie des vêtements (la mode).

La diminution de la grandeur des logements
Même si, selon le journal Les Affaires du 27/02/2008, la taille des maisons a diminuée entre 2000 et 2007 au Canada passant de 2300 p.c. à 1900 p.c. elle est encore beaucoup plus grande que celle des britanniques (800 p.c.) et des chinois (600 p.c.). Nos logis n’abritent que 2.5 personnes en moyenne en raison du phénomène du « nid vide », c’est-à-dire des logements où résident un couple ou une personne seule depuis que les enfants sont partis laissant leurs chambres inoccupées. Il n’y a souvent que des raisons sentimentales qui retiennent les gens de déménager dans un logement plus adapté à leurs besoins.

La réduction de la taille des voitures
Selon la Société d’Assurance automobile du Québec, 6,6 millions de véhicules de promenade circulent en 2019 dans la province ! Parmi ceux-ci on a doublé en sept ans le montant d’argent dépensé pour acheter des camions légers selon Pierre Olivier Pineau de HEC Montréal. Même si les avancées technologiques font en sorte que les nouveaux véhicules polluent moins, l’effet s’annule toutefois lorsqu’on considère que toute la flotte de nouveaux véhicules a tendance à augmenter de tailles et de poids. Les québécois ne s’en tiraient pas si mal, il y a quelques années, avec une majorité de voitures compact. Ça ne demanderait pas un si gros effort que d’y revenir.

La limitation des voyages en avion.
L’avion est responsable de la production de 2 à 3% des GES mais de 4,9% du forçage radiatif total (quand on prend en comte tous les facteurs) selon Wikipedia. Le nombre d’utilisateurs est en croissance rapide. À titre d’exemple, il a cru de 6.2% en 2018 à l’aéroport international Jean Lesage à Québec (Laurianne Lapointe, conseillère en communication à l’aéroport). Choisir une destination vacances est souvent un geste spontané mais opter pour la Gaspésie plutôt que la Chine peut avoir des conséquences considérables sur la production de GES, sans réduire le plaisir de voyager. Et c’est sans compter que voyager au Québec diminue le stress des aléas des aéroports, les difficultés avec les langues et les monnaies étrangères, la nécessité de prendre une assurance-maladie spéciale, etc. Voyager plus souvent local peut donc présenter bien des avantages.

La diminution de la consommation de viande
La consommation de viande a des conséquences considérables sur la production de GES. Selon un rapport de la FAO de 2006, l’industrie de l’élevage et de la production laitière produit 18% de tous les GES. Actuellement, 75% des terres cultivées dans le monde sont mobilisées pour nourrir les bestiaux. Réduire sa consommation, particulièrement de viande rouge, est un geste important pour l’environnement. En effet le bœuf engendre 4 fois plus de CO2 que le poulet par kilogramme de viande produite. Finalement, en plus de préserver la biodiversité, la réduction de la consommation de viande est meilleure pour la santé, le portefeuille et le bien être animal. Devant tout ces avantages, on peut constater que ça ne demande pas un gros effort pour une famille que de diminuer le nombre de repas de viande à chaque semaine.

Le prolongement de la durée de vie des vêtements (la mode)
Selon le journal d’Armand Corbeil (2018), l’industrie de la mode est la deuxième industrie la plus polluante sur terre, après celle du pétrole. Il y a production de 150 milliards de pièces de vêtements chaque année sur la planète. Les québécois (et ce sont surtout les québécoises) achètent 26 kg de textiles par an et en jettent 23 kg durant la même année. En plus de produire des quantités considérables de GES, les textiles nécessitent, dans le cas du coton, beaucoup d’engrais, de pesticides et d’eau. Il existe plusieurs façons de réduire sa consommation de textiles sans que ça fasse trop mal. On peut, en plus de refuser de suivre la mode qui change d’ailleurs plusieurs fois par année, échanger ses vêtements avec des parents et amis (particulièrement facile pour le linge d’enfants), réparer ses textiles et acheter ses vêtements dans les friperies.

Ces cinq manières de diminuer la production de GES sont un gain pour l’environnement. Elles sont aussi une invitation à vivre plus simplement. En effet, moins consommer diminue le besoin d’argent, ce qui permet de gagner du temps à investir pour soi, sa famille et sa communauté.

Pascal Grenier, coordonnateur
Groupe de simplicité volontaire de Québec

Mots-clés : Environnement Québec
Pascal Grenier

membre du groupe Simplicité volontaire de Québec

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