Édition du 13 octobre 2020

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Luttes étudiantes

Rémunération des stages « C'est un salaire qu'on nous doit, pas un dédommagement ! »

Tiohtià:ke (Montréal, territoire mohawk non cédé), 18 juin 2019/ Alors qu’un salaire pour l’ensemble des stages ainsi que des protections légales étaient demandés par le mouvement de grève des stages cet hiver, le gouvernement a annoncé ce matin par voie de communiqué que les étudiant.es de 16 programmes dans le domaine de la santé et des services sociaux pourront recevoir une compensation variant entre 900$ et 4000$, notamment selon leur niveau d’études et la durée du stage.

Les militantes de la Coalition montréalaise pour la rémunération des stages dénoncent la disparité entre les niveaux d’études et le choix arbitraire des programmes qui seront compensés. « Rien ne justifie la différence des montants octroyés selon le niveau d’études. Au DEP comme en technique, au bac ou à la maîtrise, chaque heure de stage doit être payée au moins au salaire minimum » avance Marianne Gagnon, étudiante en soins infirmiers et militante du Comité unitaire sur le travail étudiant du Cégep du Vieux Montréal (CUTE-CVM).

Les militantes critiquent également le flou laissé par le gouvernement concernant les conditions de travail des stagiaires. « Nous demandions d’être reconnues comme travailleuses. Le contrat de stage n’offre pas de protection adéquate durant les stages en cas de blessure ou de harcèlement » ajoute Chloé Cabral, étudiante en éducation et militante du Comité unitaire sur le travail étudiant de l’UQAM (CUTE UQAM).

Elles soulignent finalement la maigreur des montants annoncés. « Dans le cas des programmes universitaires, la compensation rembourse à peine les frais de scolarité payés pour les sessions de stages. On est donc loin de payer nos factures ou notre loyer alors que nos stages nous empêchent d’occuper un travail salarié ! » indique Gabrielle Laverdière-Pilon, étudiante en travail social et militante du Comité unitaire sur le travail étudiant de l’Université de Montréal (CUTE-UdeM). « Les stagiaires dans les programmes traditionnellement masculins sont rémunérés et non indemnisés. Nous, on continue de travailler gratuitement. »

Rappelons qu’une semaine de grève en novembre, au cours de laquelle près de 60 000 étudiant.es ont débrayé à Gatineau, à Saint-Jérôme, à Rimouski, à Sherbrooke, à Trois-Rivières, à Québec et à Montréal, avait pressé le nouveau ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, à annoncer un soutien financier pour les stagiaires. Il avait par la suite, en pleine grève générale en mars dernier, réitéré que des bourses seraient mises en place dès l’automne prochain.

« Je suis fière d’avoir fait la grève pour améliorer les conditions de vie des étudiant.es parmi les plus précaires incluant une forte majorité de femmes » lance Chloé Cabral, étudiante en éducation et militante au CUTE UQAM.

La Coalition montréalaise pour la rémunération des stages regroupe des associations, syndicats et groupes étudiants, dans le but d’obtenir notamment le plein salaire et des conditions de travail convenables pour tou.tes les étudiant.es en situation de stage à tout ordre d’enseignement. On retrouve des coalitions semblables en Outaouais, en Estrie, dans les Laurentides et dans la Capitale nationale. Pour obtenir plus d’information sur la campagne : www.grevedesstages.info/ggi-2019/.

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