Édition du 21 juin 2022

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Syndicalisme

Revenu Québec : juste pour tous, sauf pour ses professionnels

Aux termes d’une assemblée générale des membres tenue du 16 au 19 mai, le personnel professionnel de Revenu Québec (RQ) – accrédité au Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) – a voté à 93,4 % pour un mandat de grève de soir et de fins de semaine. Par ce vote, il rejette ainsi une négociation de façade dont l’issue résulterait en un spectaculaire appauvrissement pour les professionnels à l’emploi du fisc québécois, sans parler de conditions de travail amoindries.

Nos quelque 5 500 membres sont insultés par l’offre salariale de RQ visant à renouveler leur convention collective, échue depuis mars 2021. Cette offre (2 % par an en 2020, 2021 et 2022) n’arrive pas à la cheville de l’inflation qui gravite autour de 7 %. Les membres du SPGQ à RQ ont travaillé d’arrache-pied pour maintenir les services de l’État, dans des conditions souvent difficiles tout au long de la crise sanitaire. Ils perçoivent cette offre comme une trahison, un véritable baiser de Judas.

Les propositions syndicales veulent surtout s’attaquer à réduire l’écart de rémunération globale entre le personnel professionnel de RQ et celui de l’Agence du revenu du Canada (ARC). Les postes offerts à l’ARC peuvent s’accompagner d’une rémunération jusqu’à 30 % supérieure à celle offerte par RQ, sans parler d’un régime de retraite indexé à 100 %. Il s’agit pourtant d’emplois identiques à ceux de leurs confrères de l’État québécois.

Outre la rémunération, le dépôt patronal propose la création d’une sous-catégorie de professionnels à temps partiel dotés d’horaires atypiques avec des conditions inférieures aux autres professionnels de RQ. Le fisc québécois veut aussi imposer unilatéralement un régime de télétravail, alors que l’ARC privilégie la flexibilité ; elle permet même à ses employés de choisir entre le télétravail à temps complet, une formule hybride ou le travail en présentiel. Plutôt que de chercher des améliorations, l‘attitude mesquine et rigide de RQ provoque une vague de départs sans précédent vers l’ARC et le secteur privé.

Selon le SPGQ, le message de l’employeur est simple : ses professionnels devront financer leur appauvrissement. Pourtant, cela n’a pas empêché le fisc québécois d’offrir un total de 11 % d’augmentation entre 2020 et 2023 à ses conseillers en gestion des ressources humaines. Sans parler de la rémunération moyenne de ses cadres qui a atteint 139 137 $ pour l’année financière 2019-2020, tandis que celle des cadres de la fonction publique s’établissait à 97 665 $ pour la même période. Nul ne s’étonnera que le slogan de RQ « Juste pour tous » résonne amèrement aux oreilles de son personnel professionnel.

Guillaume Bouvrette
Troisième vice-président du SPGQ

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