Édition du 4 mai 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Un début d’arc-en-ciel

L’année 2020 est derrière nous et les bilans font la manchette. De ces longs mois, particulièrement éprouvants, se dégage un constat unanime : l’humanité entière aura subi un électrochoc sans précédent. Les autorités civiles ont dû admettre à plusieurs reprises avoir perdu le contrôle de la situation, et parallèlement à la courbe exponentielle des décès, le niveau de détresse psychologique atteint des sommets.

Cette pandémie aura remis en question bon nombre de nos certitudes, de nos modes de vie aussi, et mis en lumière la fragilité et les incohérences de nos structures socio-économiques. C’est alors que des liens se sont faits entre l’apparition de cette calamité et la dégradation accélérée de l’environnement.

À ce sujet, l’angoisse persistante a éteint toute lueur d’espoir chez les plus chancelants, et même les plus optimistes « de nature » avouent commencer à douter de notre capacité à renverser la vapeur à temps… Il n’y a pas de quoi festoyer, j’en conviens.

Et pourtant…Pourtant…En contrepartie, tellement de choses extraordinaires sont passées sous le radar de la presse…Une résilience à la hauteur de l’épreuve s’est éveillée : mobilisation des communautés, reprise de l’entraide, élans de solidarité, retour à de plus saines habitudes de vie, sont autant d’exemples que tout n’est jamais totalement perdu (ni jamais définitivement gagné non plus, ne l’oublions pas…).

Le positivisme de cet autre côté de la médaille me fait du bien, et je crois que le germe d’une profonde métamorphose de nos sociétés commence à s’incarner. Que ce soit dans mon entourage immédiat ou partout autour du globe, des milliers de regroupements spontanés et d’organisations citoyennes structurées sont en effervescence dans le but commun de sauver la vie sur la planète, ou à tout le moins, de limiter les dégâts. Il y a d’ores et déjà évidence qu’il est minuit moins une…

Bien qu’il y aura toujours d’irréductibles sceptiques, l’ampleur et la recrudescence des cataclysmes climatiques, combinées à la pandémie qui perdure, font en sorte qu’une peur indicible s’est installée dans la population. Ainsi, on sent qu’une vague de fond, une espèce d’instinct de survie, est en train de gonfler les eaux de nos consciences.

Malgré les gâchis environnementaux et les drames sanitaires que nous relaient quotidiennement les médias, des initiatives porteuses voient continuellement le jour, des idées géniales sont mises en œuvre, des solutions techniques se multiplient, des découvertes médicales inédites nous arrivent, des gens se donnent corps et âme, et ce, à tous les niveaux de la société. Des millions de personnes ont déjà commencé à recycler, à réutiliser, à réduire leurs achats de gadgets, à réparer plutôt que jeter, à consommer moins d’hydrocarbures, à limiter l’utilisation des plastiques, à nettoyer les rives, à planter des arbres, à favoriser les circuits courts, à acheter davantage local, à se tourner progressivement vers le bio, à faire leur potager, etc. Et, encore de notre côté de la « barrière », mais au niveau politique, ajoutons les pressions incessantes exercées sur nos élus afin qu’ils priorisent réellement la structuration d’une économie verte. Et cette large vague va s’amplifier, c’est certain.

Mais, à d’autres échelons, qu’en est-il des efforts attendus de la part des « souverains » du merveilleux monde de la finance ? Comment le simple citoyen pourrait-il arriver à infléchir la trajectoire du mastodonte ? Eh bien, pour ceux et celles qui l’ignoreraient encore, voici une piste prometteuse. En effet, bon nombre de petites gens ont déjà commencé à réinvestir leurs économies dans des placements écoresponsables ou éthiques. Or, les observateurs chevronnés notent que cette pression populaire commence déjà à influer sur certains comportements dévastateurs de grandes sociétés à capitaux. Un véritable tour de force, encore impensable voilà quelques années à peine. Comme le disait si pertinemment Laure Waridel : « Acheter c’est voter. » Cela pourrait entre autres signifier que l’économie suit docilement la main qui la nourrit. Le tendon d’Achille des grands marchés étant justement leur avidité sans borne, la multitude des moins nantis représente un potentiel infini de gains. Il nous suffit d’user plus intelligemment de nos sous (¢) pour ramener la « bête » au bon sens. Revoir nos priorités d’achat et notre manière de faire fructifier nos épargnes est certes une nécessité de premier ordre, qui aura un effet déterminant pour la suite du monde.

Voilà autant de défis pour lesquels il nous faudra investir encore notre plein capital humain. Bien que des avancées significatives soient réalisées, il nous reste encore tant à faire, individuellement et collective-ment, pour réussir à stopper l’hémorragie qui nous menace. Puissions-nous persister à unir nos forces, pour ainsi réanimer notre espoir et attiser notre enthousiasme. Ensemble, construisons dès maintenant un avenir meilleur, un pas à la fois, dans du concret, chacun(e) selon ses capacités, et avec sérénité.

C’est le chantier très emballant que pourrait nous offrir 2021. Que cette année reste gravée dans nos mémoires comme étant celle du début d’un temps véritablement nouveau.

Ainsi, nous pourrions bientôt revoir les couleurs d’un véritable arc-en-ciel à travers nos fenêtres, encore closes et teintées d’aquarelle…en attendant…
À ce grand souhait, j’ajouterai mes vœux d’une santé florissante pour chacun(e), et ce, à tous les niveaux de l’Être.

Martin Bouchard
St-Anaclet-de-Lessard

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