Édition du 12 novembre 2019

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Livres

À lire

Voici le choix de livre intéressant de notre collaborateur.

Stuart Hall

Race, ethnicité, nation

Le triangle fatal

L’identité s’est imposée comme une question politique centrale de notre époque, mais les débats qui s’y rapportent demeurent le plus souvent posés dans des termes caricaturaux. Pour les clarifier, Stuart Hall étudie ici la construction discursive de trois de ses formes principales : la race, l’ethnicité et la nation. Car si chacune de ces formes est le produit de longs processus de sédimentation historique, leur caractère construit ne doit pas nous conduire à croire qu’il serait possible de se débarrasser de ces catégories comme on dissipe une illusion. Au contraire, il est impératif d’appréhender les ressorts de leur persistance, et notamment leur inscription dans le fonctionnement du langage, afin de comprendre comment elles configurent notre quotidien et le cours de l’histoire, ainsi que d’envisager les modalités de leurs usages susceptibles de nourrir une pratique émancipatrice.

Dans un contexte où la mondialisation et les migrations tendent à scinder l’identité de son lieu concret d’origine, et alors que le racisme prolifère sur fond de déni de sa genèse coloniale, Stuart Hall expose de manière vive et concise les enjeux contemporains d’une approche politique de la différence, tout en proposant une introduction éclairante au champ des cultural studies.

Stuart Hall

Stuart Hall a été directeur du Centre for Contemporary Cultural Studies de Birmingham à la fin des années 1960, puis professeur à l’Open University de Londres. En français, sont parus : Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme (Éditions Amsterdam, 2008) et une anthologie en deux volumes, Identités et cultures (Éditions Amsterdam, 2007 et 2013).

David Harvey

Les Limites du capital

Les Limites du capital est le chef-d’œuvre du géographe David Harvey et l’un des monuments de la théorie marxiste. Produit d’une dizaine d’années de recherches, cet ouvrage propose une reconstruction « historico-géographique » de l’analyse du capitalisme inaugurée par Marx.

Reconstruction, et non commentaire, car l’objectif de l’auteur est double : d’une part, il entend éprouver la cohérence et la solidité des travaux économiques de Marx ; d’autre part, il met particulièrement en relief certains aspects de la théorie marxienne, comme les notions de contradiction et de crise du capitalisme, pour en proposer des prolongements inédits, le plus essentiel concernant la production de l’espace : le capitalisme est un système socio-économique qui se développe et surmonte ses inévitables crises d’accumulation en se déplaçant dans l’espace, en créant et détruisant des territoires. Harvey fait donc la part belle au capital fixe, à la rente foncière et aux processus de financiarisation, en particulier au crédit, pilier du système autant que facteur de crise. Pas à pas, Les Limites du capital guide les lecteurs à travers les vertigineuses complexités du capitalisme, ce qui fait de lui un ouvrage incontournable pour comprendre ce système qui est plus que jamais le nôtre.

David Harvey
David Harvey, chef de file de la géographie radicale, est professeur dans le département d’anthropologie de la City University of New York. Plusieurs de ses nombreux ouvrages ont été traduits en français, notamment Paris, capitale de la modernité (2012) et Brève histoire du néolibéralisme (2014).

( Livre publié aux éditions Libertalia)

Le capital nous invite sans cesse à lui rappeler à quel point nous l’aimons : "reviens capital, donne-moi du travail, fais couler l’argent dans nos vies !" Voilà ce qui constitue la base des politiques traditionnelles à gauche : se battre pour le droit au travail. Mais le défi est de mettre la crise à l’envers, casser cet éternel retour à la soumission et dire au capital : nous refusons de devenir des robots à ton service. Il est maintenant temps pour toi de te retirer parce que nous avons autre chose à faire de nos vies. Nous voulons créer un monde qui a un sens. »

Dans ce petit livre, John Holloway démontre en un raisonnement limpide en quoi l’argent est une forme de lien social bien spécifique, conditionnant toute activité humaine, tendant nécessairement à la souffrance et à la destruction. Sans jargon, il rend évidentes les implications sociales du capitalisme (expansion du capital, rôle de l’État et crise de la dette) et engage la construction d’une « nouvelle grammaire » de la révolte.

John Holloway, né en 1947, est un politologue irlandais proche des zapatistes, auteur de Changer le monde sans prendre le pouvoir (Syllepse/Lux, 2008), Crack Capitalism, 33 thèses contre le capital (Libertalia, 2012) et Lire la première phrase du Capital (Libertalia, 2015).

L’essor des partis et des entrepreneurs « populistes » représente l’un des phénomènes politiques les plus notables de ces deux dernières décennies, en particulier à droite de l’échiquier politique. Ce populisme de droite radicale s’incarne dans une multiplicité d’acteurs en Europe, à l’image des succès récents de ces partis en Italie, en France ou en Autriche. Les thèmes populistes ont également dominé la campagne présidentielle de Donald Trump aux États-Unis et le référendum britannique sur le Brexit en 2016.

Au travers d’un état des lieux de l’important volume de recherches internationales consacrées à la question, l’ouvrage propose une réflexion sur la nature du phénomène populiste tel qu’il se donne à voir. Quels en sont les contours idéologiques ? Peut-on dégager des facteurs explicatifs communs du succès de ce populisme de droite radicale sur les continents européen et américain ? Le développement des droites populistes radicales participe d’une évolution structurelle des sociétés contemporaines, sous l’effet de profondes transformations économiques, culturelles et politiques. À l’image de l’Italie, de la Hongrie et des États-Unis, nombre d’acteurs populistes occupent désormais une place centrale au sein du jeu politique national et constituent un défi croissant pour l’équilibre des démocraties libérales.

Marx à la plage

Karl Marx est universellement connu pour ses théories sociales et économiques, notamment autour du capital. De nombreux mouvements révolutionnaires ont adopté sa pensée, le marxisme.
L’ouvrage de JN Ducange reprend en les vulgarisant la pensée de Marx ainsi que son ouvrage majeur qui reste une référence : Le Capital. Il s’intéresse également à sa postérité et son influence de sa mort à nos jours.

Sommaire de l’ouvrage

Introduction : Retour(s) à Marx. La vie d’un révolutionnaire. L’histoire selon Marx : une lutte des classes ? Le Capital pour comprendre (et lutter contre) le capitalisme. Le travail : oppressif ou libérateur ? De Marx au marxisme : une déformation ? Les multiples héritiers de Marx. Marx et les autres. Conclusion : Un avenir avec Marx ?

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