Édition du 12 novembre 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Élections fédérales

Pourrais-je voter pour qui je veux ?

Cette sottise de « vote stratégique » n’est bonne qu’à deux choses : discréditer la démocratie libérale et donner du grain à moudre aux anarchistes qui nous disent que les élections ne servent à rien. Il ne faudrait pas voter selon ses convictions, mais plutôt accorder son choix au groupe le plus fort qui s’oppose au groupe qu’on ne veut pas. Confiner les choix aux seuls plus forts renforce bien l’idée que les élections serviraient à légitimer la domination bourgeoise sur le reste de la population. Avec des idées comme ça, le capitaliste peut dormir tranquille, personne jamais ne songera à bouleverser son monde où les gagne-petits sont obéissants et bien à leur place.

Corrigeons d’abord l’expression fautive : il ne s’agit pas d’un vote stratégique. Il s’agit d’un vote tactique. En effet, c’est un coup porté en une fois dont l’objectif est d’avoir pour contrecoup un résultat « moins pire » (l’élection d’un parti qu’on aime moins) que le résultat dit « prévisible » (l’élection du parti qu’on aime LE moins). Ce n’est pas du tout stratégique d’affaiblir son propre camp durablement pour donner son appui à un groupe qui fera tout par la suite pour l’éliminer. C’est stratégique seulement pour le bénéficiaire qui vous fait contribuer à détruire vos propres chances d’avancer.

Le seul vrai vote stratégique serait de suivre vos convictions afin de donner plus d’appui et de visibilité à votre propre camp afin qu’il progresse de fois en fois.

Que vous soyez d’accord ou non avec l’utilité des élections, il est tout de même recommandable d’aller voter, à moins que vous n’ayez fait radier votre nom de la liste électorale. Je me rappelle avoir participé à un recensement électoral il y a plus de 30 ans. J’étais accompagné d’un tout jeune et fringant libéral, qui était bien fier d’avoir reçu une formation spéciale de son camp avant celle que donnait le Directeur général des élections. À un certain domicile, le résidant nous annonce qu’il ne pourra pas voter, car il déménage hors du pays plus de trois semaines avant la date d’élection. Mon jeune acolyte insiste tant et plus. « Ce n’est pas grave. On vous fera voter. » J’ai refusé l’inscription dans la liste de cette personne et je me demande bien encore comment et pour qui mon politicien néophyte comptait le faire voter.

Du temps de Duplessis, les morts votaient. De nos jours, on est sans doute plus subtil, mais comment être sûr à cent pour cent que celleux qui sont sur la liste, mais qui ne se sont pas présenté·e·s au bureau de vote, n’ont pas tout de même voté. La tentation existe et certains larrons cèdent peut-être, je dis ça par hypothèse. Si votre nom est sur la liste, ne prenez pas de risque, votez pour votre meilleur choix ou, si personne ne vous intéresse, écrivez sur le bulletin ou mettez une croix à tous les noms, juste pour vous assurer à tout hasard que personne ne songe localement à gonfler ses appuis.

LAGACÉ, Francis

Francis Lagacé

LAGACÉ Francis
8200, rue Hochelaga App. 5
Montréal H1L 2L1
Répondeur ou télécopieur : (514) 723-0415
francis.lagace@gmail.com.
www.francislagace.org
www.lesecritsfrancs.com

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : Élections fédérales

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...