Édition du 29 novembre 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Syndicalisme

Attaques de la droite

Ce texte est tiré du site unmondeplusjuste.org. Il est dédié à fournir aux syndicats affiliés à la FTQ des outils pratiques pour mener à bien ce deuxième volet de la campagne ENSEMBLE POUR UN MONDE PLUS JUSTE, initié par le congrès en novembre 2013. (NDLR - Presse-toi à gauche)

1. D’où viennent les attaques contre le mouvement syndical ?
Lors du 30e Congrès de la FTQ en novembre 2013, les militants et les militantes ont identifié les groupes ou les personnes qui attaquent les syndicats et les effets que ces attaques ont sur nos membres.

Des entreprises et des employeurs

En négociation, plusieurs employeurs sont féroces : ils déposent un cahier assez volumineux de demandes ; ils imposent un cadre financier non négociable. Comme un bon nombre des membres sont endettés, la possibilité que les travailleurs et les travailleuses mènent une grève est très faible. La convention collective se règle alors avec un minimum d’améliorations, voire même une diminution des conditions de travail.
Le gouvernement, à titre d’employeur, abuse des lois spéciales et resserre les critères des services essentiels, ce qui affecte le rapport de force des syndicats et démobilise les membres, qui craignent qu’il ne serve plus à rien de négocier.

Plusieurs membres n’ont pas participé aux luttes qui ont conduit à l’implantation du syndicat et à la négociation de la convention collective. Ils se considèrent plutôt bien pourvus, comparativement aux autres travailleurs et travailleuses, et ne semblent pas comprendre que si on ne se bat pas pour préserver ces acquis, ils disparaîtront progressivement.

Les reculs observés dans les conventions collectives suscitent des problèmes de mobilisation, particulièrement chez les jeunes. Par exemple, les clauses de disparité de traitement (clauses dites « orphelin ») qu’on retrouve notamment dans certains régimes complémentaires de retraite ou d’assurances collectives agissent généralement au détriment des plus jeunes générations. Les jeunes membres se posent alors la question : « À quoi ça sert, le syndicat ? »

En matière d’application des conventions collectives, un bon nombre d’employeurs sont devenus très arrogants. Ils bafouent sans scrupule la convention collective et poussent systématiquement le syndicat vers l’arbitrage. En faisant de plus en plus appel à des cabinets d’avocats pour toutes les questions qui relèvent des relations de travail, cela entraîne une plus grande judiciarisation et draine les ressources humaines et financières des syndicats, tout en générant des délais indus. Les membres s’en trouvent affectés, perdant confiance dans la capacité du syndicat à régler leurs problèmes.

Des gouvernements

À une certaine époque, les gouvernements adoptaient des lois qui étaient globalement en faveur des travailleurs et des travailleuses. Or, cette période est désormais révolue. Aujourd’hui, les projets de loi proposés vont à l’encontre de leurs intérêts. Certains militants et militantes déplorent la proximité constatée entre les partis politiques et les employeurs, ce qui permet à ces derniers de faire passer leurs idées dans des projets de loi qui heurtent de plein fouet le mouvement syndical.

Les effets des attaques gouvernementales se font sentir sur un très grand nombre de travailleurs et de travailleuses, alors même que les membres et la population ne comprennent pas bien les conséquences négatives de ces législations : par exemple, les lois qui attaquent le régime des relations de travail, notamment celles qui restreignent le droit de grève, qui visent l’abandon de la formule Rand, qui instaurent le vote obligatoire à scrutin secret, qui obligent la divulgation publique des activités dites politiques des syndicats. Il en est de même avec l’abolition du crédit d’impôt du Fonds de solidarité, par le gouvernement Harper, qui a pour but de limiter l’action syndicale dans la sphère économique.

Plusieurs gouvernements ont valorisé et valorisent toujours des doctrines néolibérales, dont celles de la prépondérance de la loi du marché, qui touchent négativement les travailleurs et les travailleuses ainsi que la population : déréglementation et privatisation ; désengagement de l’État par des coupures de services et dans le filet de protection sociale ainsi que par une tarification imposée aux travailleurs et aux travailleuses, dans le domaine de la santé par exemple.

Des commentateurs de la droite relayés par les médias

Les commentateurs de la droite font preuve de beaucoup d’efficacité dans l’utilisation des médias, notamment les réseaux sociaux, qui deviennent des outils redoutables de propagande contre les syndicats. Les employeurs sont très habiles et ont certainement plus de ressources que le mouvement syndical pour réussir à faire passer leurs messages dans les médias. Certains journalistes reprennent sans nuances ces propos qu’on martèle à répétition auprès de la population, qui en est grandement influencée.

Avec la recherche du sensationnalisme à tout prix, les militants et militantes considèrent que les radios-poubelles, de même que certains chroniqueurs et journalistes qui donnent leur opinion au lieu de faire valoir les faits sont nocifs, car ils désinforment la population mais aussi les membres des syndicats. En effet, certains de nos membres portent les mêmes préjugés que l’on retrouve dans la population en général. D’autres considèrent qu’ils n’ont pas besoin du collectif pour faire progresser leur situation professionnelle, pour se battre pour l’amélioration de leurs conditions de travail ou pour préserver des acquis.

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