Édition du 12 novembre 2019

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Lutte contre les pipelines

Bélugas : Québec ignore les scientifiques au profit de TransCanada

La Cour supérieure du Québec a rejeté la demande d’injonction déposée par les groupes environnementaux* qui exigeaient la suspension des forages prévus par TransCanada dans les prochains jours à Cacouna dans la pouponnière des bélugas. Malgré l’issue défavorable pour les bélugas, la procédure judiciaire a mis en lumière que les autorisations délivrés par Ottawa et Québec ne s’appuient sur aucun avis scientifique en bonne et due forme (voir également le communiqué des groupes).

Tiré du site de Greenpeace Canada.

Il est donc maintenant évident que David Heurtel, ministre de l’Environnement du Québec a utilisé son pouvoir discrétionnaire pour autoriser des travaux à Cacouna malgré l’absence d’avis de la part des scientifiques (les vrais) de la division des mammifères marins de Pêches et Océans.

Cette complaisance envers la pétrolière TransCanada est d’autant plus inquiétante que les plus grands spécialistes (indépendants) des bélugas au Québec se sont dits extrêmement inquiets pour la survie des bélugas en raison notamment des impacts dangereux qu’auraient les travaux sur cette espèce menacée. La prudence élémentaire voulait que M. Heurtel exige que soient rendues publiques toutes les informations scientifiques pertinentes dans ce dossier. De toute évidence, il aide plus TransCanada que les bélugas...

Les scientifiques sont muselés

Doit-on rappeler que la quasi-totalité des scientifiques fédéraux, soit 90%, ne se sent pas libre de parler de leurs travaux aux médias ? En refusant d’exiger que soient entendus les vrais spécialistes des bélugas, Québec se fait complice du musellement des scientifiques fédéraux qui travaillent pour la protection du béluga du Saint-Laurent. 

Mobilisons-nous !!!

Face à ce constat, nous ne pouvons rester impassibles. Greenpeace, 350.org, Leadnow et le Conseil des Canadiens sont convaincus que la lutte contre le projet Énergie Est de TransCanada doit commencer par une évaluation qui prendrait en compte la voix de tous et de toutes et qui serait fondée sur des bases scientifiques prenant compte des conséquences en amont et en aval du projet.

M. Harper et les géants pétroliers savent qu’ils ne seront en mesure de construire ce pipeline que s’ils font fi de la réalité et ignorent les voix de la population. Déjà plus de 30 000 personnes ont demandé à l’Office national de l’énergie (ONÉ) de considérer les craintes des communautés et des experts climatiques dans son évaluation du pipeline Énergie Est.

Joignez-vous à nous pour demander à l’ONÉ d’évaluer ce projet sur des bases scientifiques crédibles.

C’est la première action à poser, nous vous tiendrons également au courant des nombreuses actions à venir... 

D’ici là, vous pouvez aussi soutenir notre lutte pour sauver les bélugas et bloquer le projet de pipeline Énergie Est et de port-pétrolier de TransCanada :
Faire un don

*Les demandeurs étaient le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), la Fondation David Suzuki, Nature Québec, et la Société pour la Nature et les Parcs du Canada (SNAP), ainsi que les citoyens France Dionne et Pierre Béland. Bien que n’étant pas parties au litige, le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada), Greenpeace et la Fondation Rivières soutiennent cette démarche qui s’impose en raison des impacts nuisibles et importants qu’auront ces travaux sur cette espèce menacée.

Patrick Bonin

Blogueur pour Greenpeace Canada. Il est aussi responsable de la campagne énergie-climat pour l’organisme.

http://www.greenpeace.org/canada/fr/

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