Édition du 16 juin 2020

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Budget du Québec 2014

Budget Marceau - « Plutôt que l'austérité, la prospérité doit passer par des investissements dans le secteur public » - Régine Laurent, présidente de la FIQ

QUÉBEC, le 20 févr. 2014 - Au regard des grandes lignes du budget Marceau, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec - FIQ est consternée que seule la voie du privé et de l’austérité semble avoir été retenue. Or, selon la Fédération, il existe bien d’autres solutions. La qualité et le nombre d’emplois de qualité dans le secteur public ainsi que les investissements dans le système de santé public sont des éléments majeurs et incontournables de développement économique.

« Il faut investir dans le système de santé public pour en assurer la pérennité, autrement, le manque de ressources et la vétusté de certains établissements qui en résultent deviennent des excuses à la justification de l’augmentation de la présence du privé en santé », explique Mme Laurent. La Fédération est fort préoccupée que le budget Marceau envisage de limiter les dépenses en santé à 3 %, ce qui impliquera nécessairement des compressions dans le système de santé déjà à bout de souffle. Un ratio adéquat de professionnelles en soins par rapport au nombre de patients, que ce soit dans les hôpitaux ou dans les CHLSD, permettrait également d’assurer la qualité des soins dispensés à la population. Lier la négociation à venir dans le secteur public à la croissance économique est pernicieux, car c’est contraindre la rémunération des travailleuses et des travailleurs à des contingences économiques qui sont indépendantes de la valeur de leur travail.

La FIQ s’est toujours opposée à toute forme de financement du système de santé qui serait basée sur le patient, suivant un mode de financement à l’activité. « Il s’agit d’une méthode de gestion basée sur la performance et qui carbure à la compétition entre les établissements, ce qui est loin d’être sain. « Il s’agit d’une façon très réductrice de considérer les tâches et les responsabilités des professionnel-le-s qui travaillent auprès des patients. En plus, aucune étude ne démontre les économies potentielles qui pourraient résulter de cette orientation, vu les investissements majeurs en termes d’informatisation et de bureaucratisation, que cela implique », poursuit Mme Laurent.

La FIQ est aussi choquée de constater que le gouvernement a fait le choix d’augmenter le fardeau économique des familles en augmentant les frais des services de garde, alors qu’il s’agit d’une mesure qui a fait ses preuves pour favoriser l’accès au marché du travail des femmes. « La philosophie de l’utilisateur-payeur est au cœur des moyens déployés par le gouvernement pour tenter de contrôler les dépenses de l’État. Pourtant, il existe des alternatives qui permettraient une réelle répartition de la richesse beaucoup plus équitable. Il suffit d’un peu de volonté politique pour les mettre en place », soutient Mme Laurent.

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