Édition du 16 décembre 2025

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Féminisme

Course contre la montre : le projet de maison d’hébergement Marie-Claire Kirkland-Casgrain est à quelques jours d’être compromis faute d’engagement du gouvernement du Québec

Sans réponse de la Société d’habitation du Québec d’ici une semaine, l’offre d’achat pour la future Maison Marie-Claire Kirkland-Casgrain tombera. « Nous sommes littéralement suspendus à une décision du gouvernement du Québec, et chaque jour de silence nous rapproche d’une annulation pure et simple du projet », déplore Myriam Lafrance, directrice du projet. « Le financement de l’exploitation est confirmé, mais sans engagement pour l’immeuble, nous ne pouvons pas aller de l’avant. »

En février dernier, une offre d’achat a été déposée pour l’acquisition d’un lieu avec l’objectif d’y accueillir jusqu’à 20 femmes et enfants fuyant la violence conjugale.

Plus de deux mois après avoir déposé son dossier à la Société d’habitation du Québec (SHQ), ce silence prolongé, malgré des échanges antérieurs encourageants, place le projet d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale dans une situation critique, à quelques jours seulement de l’échéance de son offre d’achat.

Depuis le dépôt du dossier complet à la SHQ, qui a exigé à l’organisme un engagement de fonds, l’équipe du projet s’attendait à une réponse rapide compte tenu de l’engagement du gouvernement à ouvrir cette nouvelle ressource rapidement. À ce jour, aucune confirmation n’a été émise, bien que toutes les analyses techniques du projet soient, à notre connaissance, complétées. Cette absence de réponse empêche également le dépôt du dossier à la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), qui exige l’aval préalable de la SHQ.

Un projet promis, mais toujours bloqué

En 2021, le gouvernement Legault annonçait l’ajout de quatre nouvelles maisons d’hébergement pour répondre à la hausse inquiétante des demandes d’hébergement par les victimes de violence conjugale. Le projet Marie-Claire Kirkland-Casgrain fait partie de ces initiatives saluées par la communauté et soutenues par les autorités locales. Bien que le financement pour les services ait été octroyé par le ministère de la Santé et des Services sociaux, aucun financement n’a été prévu pour la construction de la nouvelle maison. Comment est-ce possible d’offrir de l’hébergement sans toit ?

« Les déclarations ne suffisent plus. Il faut maintenant des actes. Il est inacceptable qu’un projet jugé prioritaire par l’ensemble du gouvernement soit bloqué par un simple manque de réponse administrative », insiste Louise Riendeau, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

Le temps presse

Le projet est maintenant dans une course contre la montre : si aucun engagement ferme n’est reçu dans les prochains jours, l’offre d’achat tombera à l’eau. Cela signifierait la perte d’un lieu déjà identifié, évalué et validé, et possiblement la fin du projet dans sa forme actuelle.

« Comme OBNL, nous avons déjà engagé des sommes importantes pour faire avancer ce projet. Nous ne pouvons pas porter seuls le risque d’un silence gouvernemental », rappelle Myriam Lafrance.

Une situation symptomatique

Ce retard s’inscrit dans un contexte plus large de lourdeur administrative et de flou entre les responsabilités provinciales et fédérales. D’autres projets de maisons d’hébergement pour femmes sont également ralentis au Québec, pris dans les dédales bureaucratiques.

Nous demandons officiellement à la ministre de l’Habitation, Mme France-Élaine Duranceau, de sortir de ce silence et de confirmer l’engagement de la SHQ dans ce projet. Il est encore temps d’agir — mais le temps presse.

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Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 44 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Cet organisme a pour but de sensibiliser à la problématique de la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés, de représenter leurs membres auprès des instances publiques et gouvernementales.

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