Édition du 11 mai 2021

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Syndicalisme

Congrès de fondation pour la Fédération de l’industrie manufacturière – CSN

Développement durable et relève syndicale au cœur des discussions

Aujourd’hui (21 février 2011), quelque 320 syndicats CSN représentant plus de 30 000 salarié-es s’unissent officiellement au sein d’une nouvelle fédération pour relever les défis qui attendent l’industrie manufacturière québécoise. Et ils sont nombreux. Un congrès historique s’ouvre à Québec, jusqu’au 25 février.

La fondation de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) est l’aboutissement de plusieurs années de travail mené par deux fédérations de la CSN, la Fédération de la métallurgie et la Fédération des travailleurs du papier et de la forêt qui ont choisi de fusionner. La FIM entend jouer un rôle majeur pour donner un nouveau souffle à l’industrie manufacturière québécoise. C’est d’ailleurs sur cet enjeu brûlant que se pencheront les délégué-es du tout premier congrès de la fédération.

Pour le président sortant de la FTPF-CSN, Sylvain Parent, la nouvelle organisation syndicale se démarque par la force du nombre. « La FIM pourra intervenir avec plus de force et de vigueur tant au niveau des relations de travail qu’au niveau politique compte tenu de notre forte représentativité. Nos interventions auront plus de poids que jamais quand il sera question de l’exploitation des ressources naturelles et de leur transformation au Québec. C’est important parce que nous avons un grand rôle à jouer, comme syndicats, pour influencer les décideurs économiques et politiques dans leur vision du développement économique ».

Soutenir l’industrie manufacturière

La FIM a dressé un vaste portrait de l’état de l’industrie manufacturière au Québec, après des années de crise. Pas moins de 117 000 emplois ont été perdus dans ce secteur au Québec, depuis 2002. Toutes les régions du Québec sont touchées par des pertes d’emplois importantes. Un virage s’impose pour consolider l’emploi industriel et dans l’exploitation de nos ressources naturelles ainsi que pour en développer de nouveaux.

Pour la CSN, le Québec regorge de richesses naturelles qui pourraient être mieux exploitées avec plus de bénéfices pour la population grâce à des politiques industrielles nationales plus vigoureuses et cohérentes. Il faut profiter de ces possibilités pour diversifier l’économie de nos régions. On peut penser à l’exploitation minière et forestière, à la biomasse, aux nanotechnologies, à la bioénergie, à l’énergie éolienne ou aux combustibles, autant de secteurs où le Québec affiche un potentiel important.

Renouveler les pratiques syndicales

Pour le président actuel de la Fédération de la métallurgie-CSN, Alain Lampron, le syndicalisme est lui aussi un vecteur important de partage de la richesse. « Le syndicalisme, tel que nous le pratiquons, est porteur de solution. Nous avons su renouveler l’action syndicale : défendre l’emploi et les droits des salarié-es tout en prenant les devants pour améliorer nos pratiques.

Par exemple, les jeunes salarié-es, qui constituent notre relève syndicale, nous avons su leur faire de la place. Dans les syndicats CSN, il n’y a pas deux classes de travailleurs. Nous luttons, tous ensemble, pour qu’ils bénéficient des mêmes conditions de travail, des mêmes droits que leurs aînés. Cela demande parfois beaucoup d’innovation : nous en sommes fiers. L’immobilisme, on ne connaît pas ça à la CSN » lance Alain Lampron, en clin d’œil aux nombreux détracteurs du syndicalisme qui profitent de nombreuses tribunes ces derniers temps pour vilipender les acquis sociaux obtenus par les syndicats.

Un congrès historique

Parmi les moments forts de ce congrès, notons le lancement de la nouvelle fédération, dès lundi. Le dramaturge et historien Jean-Claude Germain est attendu en fin de journée, pour livrer sa vision bien dynamique de l’histoire du Québec à travers le prisme de deux acteurs syndicaux majeurs : la FTPF, première organisation ouvrière purement québécoise, dont les racines remontent à 1907 et la FM, fondée en 1944, qui a accompagné tout le développement industriel du Québec depuis la fin de la Guerre.

L’avant-midi du mercredi est consacré aux perspectives d’avenir du secteur manufacturier québécois avec notamment l’allocution fort attendue du directeur de l’Institut de recherche en économie contemporaine, Robert Laplante. L’institut n’hésite pas à proposer de nouvelles façons d’envisager notre développement économique. On lui doit notamment l’idée d’un monorail électrique pour relier Montréal à Québec et plusieurs autres municipalités à moindre coût qu’un train grande vitesse.

La thématique de l’après-midi du mercredi portera sur la place des jeunes dans le monde syndical. Le choc des cultures et des idées entre vieux routiers et jeunes miltantes et militants s’annonce dynamique et stimulant.
Par ailleurs, le jeudi 24 février, le professeur en relations industrielles, Gregor Murray, présentera ses recherches sur la vie syndicale, ce qui devrait donner lieu à un état de situation détaillé et offrir quelques perspectives d’avenir pour redonner un nouveau souffle au mouvement syndical en prenant assise sur l’implication et l’engagement des syndiqué-es de la base.

Affiliations

La nouvelle fédération syndicale sera affiliée au niveau international à Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM). Quelque 320 syndicats représentant 30 000 salarié-es y sont affiliés. La FIM est l’une des huit fédérations composant la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui défend les droits de quelque 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activités, et ce, depuis 1921.

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