Édition du 24 novembre 2020

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Syndicalisme

FTQ et négos : Faire de nos membres des militants et militantes !

Malgré les concessions faites par la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) à la table centrale de négociations, le gouvernement caquiste n’a pas bougé d’un iota sur ses offres salariales depuis décembre 2019 (sauf l’ajout d’un ridicule montant forfaitaire). Cela démontre tout le mépris de François Legault pour ses fameux « anges gardiens ». Le court des négociations montre qu’il faudra lutter résolument pour que les bas salarié·es du secteur public obtiennent des salaires dignes et pour sauver nos services publics.

24 octobre 2020 | tiré d’Alternative socialiste
.https://alternativesocialiste.org/2020/10/24/ftq-et-negos-secteur-public-membres-militants/

Malgré les concessions faites par la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) à la table centrale de négociations, le gouvernement caquiste n’a pas bougé d’un iota sur ses offres salariales depuis décembre 2019 (sauf l’ajout d’un ridicule montant forfaitaire). Cela démontre tout le mépris de François Legault pour ses fameux « anges gardiens ». Le court des négociations montre qu’il faudra lutter résolument pour que les bas salarié·es du secteur public obtiennent des salaires dignes et pour sauver nos services publics.

Étirer la sauce et tenir la ligne dure

L’attitude de l’État employeur – par le biais des médias – démontre clairement que la Coalition avenir Québec (CAQ) ne considère pas les syndicats comme des « partenaires sociaux ». Comme en témoigne un communiqué diffusé le 2 juin par la FTQ à propos du salaire des préposé·es aux bénéficiaires et de l’offre patronale : « Le premier ministre ne cesse de répéter qu’il veut hausser les salaires des préposées aux bénéficiaires en CHSLD à 26$ l’heure. Or, nous attendons toujours le dépôt d’une véritable offre salariale à 26 $ l’heure ».

Le président de la FTQ rajoute que « Québec discrimine l’ensemble de la profession en réservant l’augmentation de salaire au seul personnel en CHSLD. Comme si les préposées des autres établissements ne pratiquaient pas le même métier avec les mêmes contraintes, comme si les bas salarié·es du secteur public, en majorité des femmes, n’étaient pas assez bien aux yeux du gouvernement pour mériter un salaire décent ».

Le comité de négociation de la FTQ est bien conscient que négocier est impossible si la partie adverse ne cesse de dénigrer la partie syndicale. Les travailleuses et les travailleurs ne sont pas pressé·es de se faire arnaquer par l’employeur encore une fois. Rien ne sert au comité de négociations de s’empresser à signer une entente de principe en deçà des objectifs votés en assemblée générale des membres. Il en va de la crédibilité de la centrale auprès des membres.

Le cul-de-sac de la grève « légale »

Devant un tel mépris, la FTQ n’a plus le choix. Elle doit appeler ses membres à se battre pour leurs conditions de travail. C’est pourquoi elle se tourne vers la préparation d’une grève « légale » en vertu de la Loi sur les services essentiels. Mais en ces temps de pandémie, est-il réaliste de penser que le contexte d’une telle grève légale sera en notre faveur ? Deux détails nous permettent d’en douter.

Tout d’abord, la préparation de la grève légale demande beaucoup d’énergie et de temps. C’est un long processus bureaucratique qu’un petit groupe de personnes militantes peut faire. Il faut prévoir au moins 90 jours à l’avance si on veut faire accepter un mandat de grève par le Tribunal administratif du travail (TAT). De plus, la décision du TAT – rendue au début du mois de juillet 2020 dans la cause opposant le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES, section locale 298, FTQ) et le Groupe Chartwell – a probablement établi une jurisprudence pour le milieu de la santé concernant le droit de grève pendant l’état d’urgence sanitaire.

L’article 24 du jugement stipule : « Le Tribunal recommande donc aux parties de modifier l’entente partielle afin de prévoir aucun temps de grève pour les salarié·es du service des soins ». C’est donc toutes les préposées aux bénéficiaires qui ne pourront pas faire légalement la grève. À quoi bon mettre nos énergies à élaborer une grève « légale » si le rapport de force nous empêche de la faire ?

Faire monter la pression

L’élaboration d’une escalade des moyens de pression s’avère nécessaire. Faciles à mettre en place tout en respectant les mesures sanitaires, ces moyens de pression permettront de faire participer la base militante. Elle pourra ainsi faire l’expérience de premières mobilisations.

La FTQ a pratiqué la désobéissance civile à l’automne 2019 dans le cadre du dossier de la relativité salariale. C’est avec ce genre de méthode que la centrale doit se renouveler, sauf que cette fois-ci, c’est avec des masques, une distanciation adéquate et du désinfectant. Elle peut aussi appeler ses militantes et ses militants à « tapisser sauvagement » différents lieux symboliques dans les établissements de santé, gouvernementaux et patronaux.

Un message clair soulignant que la richesse se concentre dans les mains de petits groupes de personnes alors que la majorité voit ses conditions de vie s’écrouler avec la pandémie permettrait d’éveiller plusieurs membres. Cibler les différents groupes d’intérêts qui font obstacle aux bas salarié·es pourraient conduire à des actions beaucoup plus intenses si la partie adverse tergiverse toujours.

Comme le témoigne une résolution déposée le 8 octobre au conseil général du Conseil provincial des affaires sociales (CPAS) du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), il faut dès maintenant mettre en branle une campagne destinée aux membres leur expliquant la nécessité de lutter, de s’investir dans les structures syndicales, d’élargir les sections locales par la mise en place de comités de mobilisation, encourager les initiatives de la base et surtout, d’éduquer sa base militante pour que les membres deviennent des militantes et des militants, prêt·es à prendre leur avenir en main.

Démasquer pour gagner

Cette mobilisation doit se doubler d’une politisation. Il faut tout mettre en place pour que les membres réalisent que les causes des problèmes sur leur milieu de travail sont de nature politique. Qui décide de nos salaires, de l’accès à l’équipement de protection individuelle ou aux vaccins ? Dans l’intérêt de qui les désastreuses décisions actuelles sont-elles prises ? Il faut répondre collectivement à ces questions. Il faut démasquer les décisions politiques à la source des conflits de travail. Réactualiser le fait que l’État est « un rouage de notre exploitation ».

On doit élaborer une vision alternative de la société que nous voulons. Une société bâtie pour les travailleurs et les travailleuses, une société socialiste. C’est avec le programme pour bâtir cette société que nous pourrons élaborer maintenant des stratégies gagnantes et inspirer la mobilisation de nos membres.

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