Édition du 3 mars 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

La guerre en Ukraine - Les enjeux

L’insensée invasion russe de l’Ukraine a quatre ans

La guerre en Ukraine ressemble de plus en plus à un acte irréfléchi de la Russie qui semble incapable de sortir des ornières de ce conflit qui l’engloutit lentement, massacrant sa population. 

Avant le 24 février 2022, la Russie était avec la Chine et les États-Unis une des trois grandes puissances militaires structurant le monde. Elle est devenue le 24 février 2026 un pays vassal de la Chine ployant sous une économie de guerre qui décime sa population a un point qu’elle use toutes les arnaques possibles pour attirer frauduleusement chez elle des citoyens de tous ses pays amis pour en faire de la chaire à canon en Ukraine. Si la Russie dispose encore de quelques avantages, elle n’en est pas moins entraînée dans les bas-fonds de l’Histoire.
Les forces de la Russie

Pour se préparer à souffler les quatre bougies de son invasion de l’Ukraine, la Russie y a envoyé le 22 février des centaines de drones et une cinquantaine de missiles sur les infrastructures logistiques, installations énergétiques et ferroviaires dans plusieurs régions.
Pour faire cette guerre, elle utilise des leviers économiques, politiques et idéologiques soutenant des partis populistes lui étant favorables comme l’AfD. Sa guerre hybride, qui inclut des sabotages et des cyberattaques, cherche à susciter la peur dans les populations civiles pour remplacer des gouvernements hostiles par d’autres, plus amicaux. La résultante en est que certains pays hésitent à utiliser des avoirs russes gelés.

La Russie tenterait aussi de contourner l’Union européenne et de traiter avec ses États membres pour exploiter leurs vulnérabilités, telle leur dépendance énergétique. La Hongrie se positionne comme un de ses pions en Europe qui tenterait de bloquer l’adoption du 20e paquet de sanctions européen contre la Russie.

Les capacités de régénération militaire de la Russie inquiètent le Service suédois d’intelligence militaire et de sécurité (MUST) qui croit qu’elle pourrait déclencher un nouveau conflit d’ici un an tout en continuant son engagement en Ukraine. Selon ce service, la Russie a réussi à basculer dans une véritable économie de guerre et la production de systèmes lourds, d’armes et de munitions a considérablement augmenté. Elle transformerait aussi le conflit ukrainien en un laboratoire géant sur le combat moderne, dont les enseignements seraient rapidement intégrés. La tolérance russe aux pertes économiques et humaines donnerait une grande liberté d’action aux militaires.

Des objectifs mal évalués

L’existence de multiples opérations militaires fait dire au commandant en chef de l’armée ukrainienne, le général Oleksandr Syrsky, que la guerre n’est pas dans une impasse et qu’elle se fait en mer, dans les airs et sur terre. Il constate aussi que s’installe de plus en plus une guerre des technologies et même des économies.

Mathieu Boulègue, chercheur associé à la Chatham House, un groupe d’experts londoniens affirme que le grand objectif de guerre des généraux russes reste de soumettre l’Ukraine, bien que dans la réalité ils n’ont pas les capacités humaines et matérielles de le faire.
Selon le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, les Russes ne sont pas en train de gagner. Il affirme que les avancées des troupes russes en Ukraine, se font essentiellement à la vitesse laborieuse d’un escargot de jardin. L’opération militaire spéciale de la Russie n’aurait permis que de conquérir environ 12 % du territoire ukrainien. Cela s’ajoute aux 8 % pris en 2014 lors de la conquête d’une partie du Donbass et l’annexion de la Crimée.

La situation se serait même inversée dernièrement et le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué l’armée de Kiev pour la récente libération de 300 km2 de son territoire. Il considère donc qu’après quatre ans, le bilan des Russes est un échec humiliant.

La sociologue et politologue spécialiste de la Russie, chercheuse à l’Institut des sciences sociales du politique et maîtresse de conférences à l’université Paris-Nanterre, Anna Colin Lebedev, affirme à ce sujet que si Poutine n’a pas réussi à détruire l’Ukraine, il a réussi à détruire la Russie.

Des pertes énormes pour des broutilles

Tout cela se ferait à un important coût humain. Le général Oleksandr Syrsky, commandant de l’armée d’Ukraine, affirme que les pertes de l’armée russe ont dépassé son niveau de recrutement.

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, 1000 soldats russes sont tués quotidiennement sur le front pour des gains qui sont microscopiques.

Le ministre britannique de la Défense, John Healey, affirme qu’au cours des deux derniers mois, les pertes militaires russes auraient atteint 30 000 soldats en janvier et 35 000 en décembre.

Selon l’Institute for the Study of War (ISW), chaque kilomètre carré pris a occasionné la perte de 87 soldats en janvier et de 76 en décembre.

L’envahisseur aurait eu dans cette guerre plus d’un million de pertes humaines. Jean-Noël Barrot affirme que cela serait plus que l’ensemble des pertes de l’URSS et de la Russie depuis 1945.

Les pertes russes seraient telles, que le pays aurait recruté plus de 1,000 Kenyans. Le ministre britannique de la Défense, John Healey, commente à ce sujet qu’il y aurait dans l’armée russe des soldats cubains, népalais, pakistanais et indiens, qui s’ajouteraient à 17 000 Nord-Coréens. Quelques mois plus tôt, en novembre, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, avait aussi indiqué qu’au moins 1436 ressortissants de 36 pays d’Afrique se battaient aux côtés des Russes. 

L’ironie de la situation serait qu’en quatre ans, selon l’ancien colonel et analyste militaire Michel Goya, l’armée postsoviétique de l’Ukraine se serait transformée en l’armée la plus puissante d’Europe avec près de 800 000 soldats et autant de brigades terrestres que dans tous les pays de l’Union européenne réunie. La Russie n’avait sûrement pas prévu cette situation en entrant en Ukraine le 24 février 2022.

Michel Gourd

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Michel Gourd

Résident de L’Ascension de Matapédia.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : La guerre en Ukraine - Les enjeux

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...