J’ai un haut le cœur à encaisser mon chèque de pension en sachant qu’une portion, soit-elle minime, de mes dividendes, proviendrait d’investissements qui serviraient à construire une cité sur la souffrance incommensurable d’un peuple en cendre ; je refuse qu’un seul sous de l’argent que j’ai investi durant toutes ces années, pour mes vieux jours, puisse aujourd’hui servir à éteindre toute lueur dans les yeux d’humains entassés dans un coin de leur propre terre à Gaza, devenue prison, lieu de famine et de détresse infinie, où une folie sans nom s’est emparée d’un agresseur qui fait subir à l’autre la même horreur qu’ont subi ses propres ancêtres. J’ai le droit d’exiger que la Caisse de dépôt replace immédiatement mon argent ailleurs et je m’attends à ce que la Caisse obtempère. La Caisse de dépôt, jadis notre fierté, est aujourd’hui devenue, pour nous tous et toutes au Québec, un véritable déshonneur.
À noter que tous les enseignant.es du secteur public au Québec, soient-ils retraité.es ou en exercice, se trouvent dans ce même triste bateau, comme nous partageons le même fonds d’épargne-retraite (le RREGOP), géré par ladite Caisse, et ce, à hauteur de quelque 6,5 millions d’autres Québécois.es.
Claire Charron
Enseignante retraitée du Centre de service scolaire des Portages-de-l’Outaouais (2022), La Pêche, Qc
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