Édition du 22 novembre 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

La Ville de Gaspé et sa population ont besoin de l'appui du reste du Québec

Solange Désilets, coordonnatrice du Regroupement des femmes de la Côte-de-Gaspé lance un appel à la solidarité.

Hier soir, j’ai assisté à une marche citoyenne dans les rues de Gaspé qui nous a menés à l’Hôtel de Ville afin d’assister à une séance spéciale du Conseil municipal. Nous étions 200 personnes de tous les âges à aller témoigner notre appui au conseil quant à un règlement adopté unanimement en faveur de la protection des sources d’eau potable. C’est que Gaspé est, depuis les dernières années, sous la menace réelle de contamination de son environnement avec le développement pétrolier qui sévit.

Cette réglementation se traduit dans les faits par un encadrement très strict de tout forage afin de protéger la nappe phréatique. L’article 8 de cette réglementation, entre autres, interdit toute introduction dans le sol de substances susceptibles d’altérer la qualité de l’eau. La délivrance d’un permis de forage est aussi soumise à de nombreuses exigences dont le plan détaillé des travaux, le dépôt de la liste des substances utilisées, la réalisation d’une étude hydrogéologique et une caution minimale d’un million de dollars.

Pétrolia avait prévu lancer cette semaine une série de forages dans les limites de la ville, dans le quartier Haldimand (par exemple, le puits no.4 est situé à 300 mètres d’une maison située au bout d’une rue). La présente Loi sur les mines (qui date de 1880) permet un forage à 100 mètres d’une résidence.

Demandes sans réponse

Lors de la conférence de presse, le maire de Gaspé (François Roussy) a aussi soutenu que de nombreuses demandes d’informations ont été acheminées dans ce dossier tant à la compagnie Pétrolia qu’au gouvernement du Québec.

Dans la foulée, le maire a déposé une correspondance avec la vice-présidente de Pétrolia au développement des affaires, Isabelle Proulx. Dans cette lettre du 8 novembre 2012, il revient entre autres sur les éléments d’une rencontre tenue en octobre 2012 avec les représentants de Pétrolia.

François Roussy y fait état de ces demandes d’informations sur les procédures de fermeture d’un puits de forage, notamment en ce qui a trait à la liste complète des produits utilisés lors des forages, à la décontamination à la fin des travaux et aux indemnités versées aux propriétaires des lieux.

Quant aux forages du puits Haldimand 4, M. Roussy est préoccupé par les mesures de protection mises en place par Pétrolia puisque la formation géologique visée par les forages, la York River, est aussi celle où la municipalité puise son eau.

La lettre permet d’apprendre que Pétrolia a refusé d’indiquer par écrit qu’elle n’entreprendrait pas de forage à 100 mètres des résidences, comme la loi le lui permet. L’entreprise a aussi refusé de confirmer qu’elle n’utiliserait pas la fracturation hydraulique au puits Haldimand.

C’est parce que ces requêtes sont demeurées lettre morte, a expliqué François Roussy en conférence de presse, que les élus ont décidé d’adopter leur réglementation sur la protection de l’eau. C’est une mesure de prudence, a-t-il précisé.

Que pouvons-nous faire ?

Depuis hier, la Ville de Gaspé a mis en ligne la page Facebook Ville de Gaspé – Pour la protection des sources d’eau potable. Il s’agit de se rendre sur cette page et de cliquer « J’aime » pour appuyer la Ville et ses citoyenNEs. Nous avons besoin de tous les appuis car vous savez sans doute que Pétrolia ne se laissera pas faire ; à l’heure actuelle, on demande des avis juridiques afin de faire invalider le règlement de la Ville. La Fédération des Chambres de commerce s’en mêle ainsi que le Conseil du patronat qui pressent Québec d’agir en faveur du développement pétrolier.

La Ville de Gaspé n’est pas contre le développement pétrolier mais trouve imprudent et illogique qu’il se fasse dans ses zones habitées. Elle utilise donc le seul levier dont elle dispose, celui de la protection de l’eau potable.

Nous vous invitons à appuyer les démarches de la Ville de Gaspé et à en parler autour de vous. Il faudra de plus mettre de la pression sur les ministères (Environnement, Ressources naturelles) ainsi que sur le bureau de la première ministre pour changer la Loi sur les mines et enfin la faire entrer dans le 21e siècle.

Merci de votre collaboration !

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