Édition du 22 juin 2021

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Féminisme

Le 8 mars a Québec : message de la CSQ à la manif de Québec

Le 8 mars a Québec a été célébré par une manifestation avec des prises de parole. Voici donc le message que nous adressait la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Tout d’abord, je souhaite remercier la Coalition régionale de Québec de la Marche Mondiale des femmes pour l’organisation et pour l’invitation à prendre parole aujourd’hui.

Actuellement, notre mobilisation pour la reconnaissance de nos droits de l’ensemble des femmes est essentielle. Nous avons été touchées de plein fouet par la pandémie et les femmes vivant à la croisée des oppressions ont été encore plus durement affectées par cette crise. Cette crise a aussi fait réaliser l’importance des services publics québécois ainsi que des organismes communautaires et le caractère essentiel de ces services pour la société québécoise.

En septembre dernier, les responsables de services éducatifs à la petite enfance ont tenu une semaine de grève. Ce qu’elles demandaient ? Une reconnaissance, notamment du caractère éducatif de leur emploi auprès des tout-petits, de l’importance de leur travail pour la société québécoise. Payé moins que le salaire minimum, elles souhaitaient obtenir un salaire équivalent aux éducatrices dans le réseau. Elles ont à réussit, après une semaine de grève, à obtenir à peine plus que le salaire minimum.

Les secteurs de l’éducation et de la santé sont en négociation depuis un peu plus d’un an maintenant. Alors que le gouvernement se disait pressé de conclure une entente avec le secteur public en début de crise, on ne sent pas d’empressement ou d’engouement à la table pour régler. Le gouvernement ne semble pas prêt à investir pour améliorer les conditions d’exercices des personnels qui le composent et par la même occasion les services aux élèves et à la population.

Plusieurs points communs peuvent être trouvés à ces milieux de travail :se sont des milieux dit de care, des milieux sous-valorisés où l’on retrouve une naturalisation des compétences. Ce sont des milieux à prédominance féminine.

Depuis le début de la crise, ces femmes sont au front ! Mais la crise a mis en lumière qu’elles manquent de moyens pour répondre aux besoins de plus en plus criants de la société. Depuis des années, ces secteurs d’emploi à prédominance féminine sont la cible de compressions budgétaires.

Doit-on s’étonner qu’à l’heure actuelle, on assiste à une pénurie de personnel en petite enfance, en éducation et en santé ? Les femmes de ces secteurs n’en peuvent tout simplement plus ! Elles sont à bout de souffle et cassent sous la pression de tenir le système public québécois à bout de bras.

Cette pénurie n’est pas sans effet ! En éducation à la petite enfance, la pénurie de personnel cause des enjeux de conciliation famille-travail. Faute de place, les femmes, qui gagnent souvent le plus petit salaire du couple, quittent le marché le marché de l’emploi faute d’autre moyen !

Les femmes quittent aussi pour d’autres raisons. En matière de conciliation famille-travail, la pandémie a encore une fois attaquée les femmes plus durement. Elles sont les principales responsables en matière d’éducation des enfants et sont plus nombreuses à agir comme proche-aidantes. Le manque de services dans les secteurs de l’éducation et de la santé force les femmes à quitter leur emploi afin de concilier les différents rôles qu’elles ont à jouer. À ce jour, plus de 68 000 femmes ont quitté le marché du travail.

Des sommes ont été promis pour les organismes spécialisées en violence conjugale, mais plus d’un an après le début de la pandémie, les organismes sont toujours en attente des sommes promises !

Alors que les femmes sont affectées plus durement par la crise, le plan de relance actuel du gouvernement du Québec vise essentiellement d’investir dans le béton ! Les femmes doivent faire partie de la relance !

Aujourd’hui, en cette Journée internationale des droits des femmes, j’ai un message à transmettre au gouvernement !

Nous, les femmes, représentons 50% de la société québécoise !

Nous, les femmes, travaillons dans des secteurs essentiels et la crise actuelle le démontre bien !

Nous, les femmes, demandons que notre travail soit reconnu à sa juste valeur !

Nous, les femmes, exigeons l’application de mesures concrètes pour enrayer les discriminations systémiques envers les femmes et entre les femmes !

Nous, les femmes, demandons d’être plus qu’entendu, nous exigeons d’être écouté et considéré !

Nous avons payé le gros prix des conséquences de la pandémie.

Les mercis ne suffisent pas.

Écoutons les femmes !

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