Édition du 17 septembre 2019

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Environnement

Le climat après la COP21 : c'est à la société civile de faire respecter les 2°C

Plus de 3500 personnes ont paralysé pendant le week-end l’un des sites européens les plus polluants : une gigantesque mine de charbon (et la centrale qui va avec). Déterminé et non-violent, ce mouvement citoyen massif, qui s’est exprimé aux quatre coins de la planète, prend au sérieux l’urgence climatique et entend faire respecter les (maigres) engagements positifs pris lors de la COP21.

Cinq mois après la COP21, les négociateurs des 195 Etats-membres de l’ONU ont repris le chemin de Bonn (Allemagne) pour "mettre en oeuvre l’Accord de Paris". Il y a du boulot : les engagements des Etats - qui conduisent vers plus de 3°C de réchauffement climatique - sont inconsistants avec l’article 2 de l’accord de Paris qui fixe la limite à 2°C (ou idéalement 1,5°C), tandis que de nombreuses questions, présentés comme techniques (mais éminemment politiques) restent à régler (financements, révision et contrôle des émissions, etc).

L’actualité de la lutte contre les dérèglements climatiques ne se situe pourtant pas à Bonn.

Ce week-end, et tout au long de ce début de mois de mai, à l’appel du mouvement Break Free, des actions ciblant les projets fossiles les plus dangereux de la planète ont été menées pour accélérer une transition juste vers les énergies renouvelables, la sobriété et l’efficacité énergétiques. Des Philippines au Nigéria en passant par l’Afrique du Sud, des manifestations, actions de résistance ou de désobéissance climatique ont mis sous le feu des projecteurs l’illégitimité et la dangerosité du secteur pétrolier, gazier et charbonnier qui veut poursuivre son œuvre climaticide comme si de rien n’était. Cette mobilisation internationale sans précédent vise à contraindre les gouvernements à enfin agir – un gouffre entre leurs paroles et leurs actes – et imposer aux industriels d’abandonner leurs projets extractivistes incompatibles avec l’impératif climatique.

Voir la vidéo sur l’action Ende Gelande dans le bassin houiller de Lusace.

Désobéir pour le climat, c’est en effet un peu la tâche que nous ont léguée la COP 21 et l’Accord de Paris, alors que les records de température relevés à l’échelle mondiale s’empilent plus vite que les décisions politiques et économiques en faveur du climat. Explications dans l’interview qui suit, qui fait à la fois une analyse à froid de l’accord de Paris et des perspectives pour donner plus d’ambition et de force aux politiques de lutte contre les dérèglements climatiques.

Maxime Combes

Economiste de formation, je suis engagé depuis la fin des années 1990 dans le mouvement altermondialiste, à travers Attac France notamment. Avec d’autres j’ai contribué à animer la coalition Urgence Climatique Justice Sociale en France et le réseau Climate Justice Now ! à l’échelle internationale. J’ai depuis contribué à la mise sur pied de la Coalition climat 21. Outre ce blog, je contribue au site d’Informations Basta ! (bastamag.net) Je viens de publier : Sortons de l’âge des fossiles ! Manifeste pour la transition, Seuil, Anthropocène Et je suis le coauteur de : - La nature n’a pas de prix (Attac, Paris, LLL, 2012) - Les naufragés du libre-échange, de l’OMC à Tafta (Attac, Paris, LLL, 2015) - Crime climatique stop ! (Seuil, « Anthropocène », août 2015). - Le Climat est notre affaire (Attac, Paris, LLL, 2015)

Son blogue sur Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes

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