Édition du 26 mai 2020

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Québec

Les locataires du Québec demandent l'annulation urgente des loyers

Des milliers de locataires partout au Québec ne peuvent pas payer et ne paieront pas leur loyer le 1er avril. À deux jours de la date de paiement, les locataires du Québec continuent de réclamer l’annulation urgente du loyer.

Des milliers, voire des dizaines de milliers de locataires dans tout le Québec ne pourront tout simplement pas payer leur loyer ce mercredi, ou devront garder leur argent pour subvenir à des nécessités de base telles que la nourriture ou des médicaments. La crise du logement, déjà alarmante avant l’épidémie COVID-19, est en train de prendre des proportions critiques.

Le premier ministre François Legault et la mairesse de Montréal Valérie Plante ont exhorté les propriétaires à être accommodants avec leurs locataires. Cependant, de nombreux propriétaires, en particulier dans les quartiers pauvres, ouvriers et où résident des immigrants, disent à leurs locataires qu’ils devront payer le loyer le 1er avril, et menacent d’entamer des procédures d’expulsion une fois que la suspension temporaire des audiences d’expulsion à la Régie du logement sera levée.

Lors de la conférence de presse du gouvernement du Québec cet après-midi, le lundi 30 mars, il est important que les journalistes questionnent le premier ministre Legault, la ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann et la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation Andrée Laforest à propos des mesures concrètes qu’ils souhaitent adopter, de toute urgence, pour soulager les locataires et les personnes les plus vulnérables. Dans le contexte actuel de crise sanitaire, la sécurité du logement est une prérogative importante de la santé publique. En outre, l’anxiété et le stress dont souffrent actuellement des milliers de locataires seront soulagés avec l’annonce claire de l’annulation des loyers.

L’aide promise par le gouvernement fédéral ne peut être demandée avant le 6 avril. Les premiers fonds seront distribués 10 jours plus tard, ce qui signifie que les locataires seront en défaut de paiement jusqu’à la mi-avril. En outre, de nombreux locataires, qui vivent au mois, ne pourront pas bénéficier de l’aide fédérale.

Les efforts de grève des loyers, de refus et d’annulation se sont multipliés partout au Québec et au Canada. Le premier ministre conservateur Doug Ford a déclaré publiquement que si les locataires en Ontario sont obligés de choisir entre le fait de payer pour de la nourriture ou de payer le loyer, il était plus important qu’ils privilégient le fait de se nourrir et qu’ils seraient protégés par les autorités contre de futures tentatives d’évictions.

Le premier ministre, la ministre de la Santé et des Services sociaux et la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation ont le pouvoir de mettre fin à cette crise des locataires au Québec. Pour ce faire, ils doivent agir avant le 1er avril.

Selon Rachel Tremblay, une locataire vivant dans Hochelaga-Maisonneuve : « Je ne peux tout simplement pas payer le loyer le 1er avril, sinon je n’aurai pas d’argent pour la nourriture et les autres produits de première nécessité pour ma famille. Je n’ai pas pu travailler depuis deux semaines, je n’ai actuellement pas droit aux prestations et je n’y aurai peut-être jamais droit, sauf peut-être pour l’aide sociale qui ne couvrira pas mon loyer. »

Madame Tremblay ajoute : « Il y a déjà assez de stress qui empêche de garder son calme pendant cette crise de santé. Vivre avec l’angoisse de perdre mon appartement après cette crise à cause d’un loyer impayé aggrave mon état de santé mentale et physique. » Mme Tremblay a lancé une pétition publique demandant l’annulation des loyers. En date du 29 mars, la pétition (http://chng.it/XJctK2Tw) comptait près de 8000 signatures. Une pétition pancandienne (http://chng.it/vwtJd68LhP) comptait quant à elle 737 000 signature à pareille date.

Un autre locataire, Dalinder Grewal de Parc-Extension, ajoute : « Des locataires qui ne connaissent possiblement pas leurs droits, se font menacer par des propriétaires qui exigent le paiement du loyer d’avril, sous peine d’être évincés. Les propriétaires ne sont pas compréhensifs, malgré ce que le premier ministre Legault et la mairesse Plante ont demandé. Une annulation urgente du loyer est nécessaire pour mettre fin à cette injustice. »

La campagne des Draps blancs pour la grève des loyers demande l’annulation des loyers et des paiements hypothécaires, y compris les intérêts, pour la durée de la crise du COVID-19. Nous invitons la population à arborer le symbole du drap blanc sur la façade des logements afin de signifier leur solidarité envers les personnes qui sont les plus vulnérabilisées par cette crise, avec les personnes qui sont incapables de payer leur loyer, ainsi qu’avec les personnes qui les soutiendront par une grève des loyers. Nous invitons les propriétaires, également touchés par la crise, à se joindre à cet appel.

Source : Draps blancs pour la grève des loyers

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