Édition du 24 mai 2022

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Syndicalisme

MINIMUM 18 $ : consensus du mouvement syndical et communautaire autour du salaire minimum

Un nouveau consensus voit le jour au sein du mouvement syndical et communautaire québécois : le salaire minimum doit être haussé à 18$ de l’heure et ce, afin d’assurer qu’une personne seule travaillant 35 heures par semaine puisse se sortir de la pauvreté et de l’endettement.

Tiré de Journal Entrée libre journal communautaire de Sherbrooke gratuit Janvier 2022 // Vol. 37 // No 1 // 237e parution

Groupe en défense collective des droits

Notre revendication à un salaire minimum à 15 $ datait de 6 ans et ne tenait plus la route face à une explosion des coûts et un appauvrissement grandissant des personnes à bas salaires qui ont été touchées de plein fouet par la hausse du coût de la vie des dernières années. Notre organisme a actualisé sa revendication concernant le salaire minimum lors de la récente assemblée générale annuelle des membres. Nous sommes à en faire la promotion auprès de nos allié-e-s et partenaires.

Illusion-Emploi salue l’initiative de la mise sur pied d’une coalition nationale « Minimum 18 $, » lancée ce matin à Montréal et qui demande au gouvernement de François Legault de tenir compte des réalités économiques actuelles lors de l’annonce relative à la prochaine hausse du salaire minimum, attendue dans les jours à venir. Nous souhaitons aussi créer une coalition régionale en Estrie sous peu avec plusieurs organisations

Le gouvernement de la CAQ n’a jamais répondu favorablement à notre demande et bien qu’il y ait une des hausses à chaque année, nous en sommes actuellement à 13,50 $, loin de notre revendication initiale. La pandémie aura révélé le rôle essentiel du personnel des résidences pour aînés-es, de la chaîne alimentaire et du commerce au détail. Or, une large proportion de ces personnes, majoritairement des femmes, doivent cumuler des emplois sous-payés, mais demeurent tout de même incapables de joindre les deux bouts pour faire vivre leur famille.

En n’intervenant pas directement par l’entremise de la hausse du salaire minimum, le gouvernement cautionne cette marginalisation économique, cette exclusion sociale de centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs, tout comme celle de leurs enfants.1

La vigueur actuelle de la reprise économique et les problèmes, omniprésents, de pénurie et de rareté de main-d’œuvre favorisent considérablement une telle hausse du salaire minimum, plaident les organisations syndicales et communautaires. Elles soulignent que les secteurs de la restauration et du commerce de détail, bien que ne représentant que 17 % de l’emploi total au Québec, cumulent pourtant à eux seuls 44000 postes vacants, soit 23 % des emplois qui sont à combler à l’heure actuelle. Or, la moyenne des salaires offerts pour ces postes est de 15,07 $ l’heure, bien en deçà de la moyenne de 21,80 $ pour l’ensemble des postes vacants – et largement inférieure à la moyenne des salaires de l’emploi au Québec, qui se situe à 28,52 $ 2

Pour effectuer la mise à jour de leur revendication relative au salaire minimum, les membres de la coalition prennent en considération différentes données, notamment la mesure à faible revenu à 60 % de la médiane des revenus (MFR-60), un indicateur beaucoup plus englobant que la mesure du panier de consommation (MPC), qui ne tient compte que des besoins de base (à savoir se nourrir, se loger, se vêtir et se déplacer).

À plus d’une reprise, les organisations membres de la coalition ont soulevé leurs préoccupations auprès du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale quant au côté arbitraire de sa cible, soit un salaire minimum établi à 50 % du salaire moyen.3 « Il n’y a aucune raison, ni économique et encore moins morale, à ce qu’une personne travaillant à temps plein au Québec soit contrainte de vivre dans la pauvreté. Il est de la responsabilité de notre gouvernement de veiller à ce que tous les Québécois et toutes les Québécoises puissent, par leur travail, vivre dignement. Une personne qui travaille 35 heures par semaine doit pouvoir vivre dignement et sortir de la pauvreté et de l’endettement. Ce n’est en mettant l’indicateur du panier de consommation comme base que l’on règle la pauvreté : bien que, d’un coup de baguette magique, le nombre de pauvres ait diminué. Encore moins en se référant à la norme du 50 % du salaire moyen mis de l’avant par l’économiste Fortin que nous y arriverons. Le Québec doit se démarquer et faire du salaire un levier économique qui permettra l’augmentation du pouvoir d’achat et de l’économie, réduire les écarts de revenu qui ne cessent de s’agrandir et diminuer les inégalités sociales et assurer à la population un vie décente… » mentionne Manon Brunelle, coordonnatrice d’Illusion Emploi

1 . 2 . 3 Tiré du communiqué de presse de la coalition COMMUNIQUÉS

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