Édition du 22 juin 2021

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Asie/Proche-Orient

Noam Chomsky : « Je pense qu’il y aura un autre printemps arabe »

L’auteur et professeur américain Noam Chomsky était à Beyrouth pour faire une communication et recevoir le titre de Docteur honoris causa à l’Université américaine. Al-Akhbar a interviewé cet éminent critique de l’impérialisme américain, sur le conflit en cours en Syrie, sur le cas d’Edward Snowden et sur ce qui subsiste du « printemps arabe ».

Traduction : Alexandra Cyr.

Maha Zaraket : Quel est le titre de votre communication ?

Noam Chomsky : Je ne me souviens pas si elle a un titre, mais il va y avoir quelques commentaires sur la légitimité des frontières et des États, et les possibilités de leur érosion.

MZ : Pensez-vous que le Moyen-Orient passe par une phase de réécriture de l’accord Sykes-Picot ?

NC : Je pense que l’accord Sykes- Picot est en train de s’effondrer, ce qui est un phénomène intéressant. Et il a un siècle. Mais, l’accord Sykes-Picot n’était qu’une imposition impériale qui n’a aucune légitimité, et il n’y a aucune raison pour une seule de ses frontières - sauf les intérêts des puissances impériales.

C’est la même chose partout dans le monde. Il est difficile de trouver une seule frontière qui ait une justification, y compris la frontière américano-mexicaine et la frontière canado-américaine. Vous regardez à travers le monde, à peu près tous les conflits qui se passent sont les résultats de l’imposition de frontières impériales qui n’ont rien à voir avec les populations.

Je pense aussi qu’en ce qui concerne l’accord Sykes-Picot, il est en train de s’éroder. Quoi qu’il arrive en Syrie - il est difficile de l’imaginer - mais si quelque chose survit, certaines parties de la Syrie seront séparées. Les régions kurdes sont presque autonomes aujourd’hui et elles commencent à établir des liens avec les parties quasi autonomes des régions kurdes en Irak du Nord, et elles peuvent s’étendre dans une certaine mesure à la Turquie du sud. Qu’est-ce qui va se passer alors dans le reste du pays est difficile à dire.

MZ : Pensez-vous que les nouvelles frontières seront déterminées par les populations locales ? Ou par de nouveaux impérialismes ?

NC : J’aimerais que ce soit le cas, mais ce n’est pas la façon dont le monde fonctionne. Peut-être un jour, mais pas encore, pas aujourd’hui.

MZ : Que pensez-vous de l’intervention du Hezbollah en Syrie ?

NC : Ils sont dans une position très difficile. Si les rebelles gagnent en Syrie, ils seront alors très exposés. Cela peut signifier leur disparition. Il y a des raisons derrière cette intervention. Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne, et elle peut être discutée, mais cela se défend.

MZ : Allez-vous rencontrer Nasrallah cette fois-ci ?

NC : Non, je ne sais pas si c’est possible. Mais j’y pense beaucoup. C’est difficile.

MZ : Si vous le rencontrez, que lui direz-vous ?

NC : Je voudrais le rencontrer, mais simplement pour en savoir plus sur sa pensée et ses projets. [Le Hezbollah] ne m’attend pas pour des conseils, vous savez.

MZ : Vous avez appelé au soutien des manifestants turcs. Comment voyez-vous le soulèvement en Turquie ?

NC : Je pense que [les manifestants] à Taksim font une grande chose. Je pense que c’est extrêmement important. D’importance mondiale. La réaction initiale du régime Erdogan était assez semblable à celle de Moubarak et Assad : une réponse brutale face à un ensemble de revendications légitimes.
Depuis ce matin, selon les dernières nouvelles - ce qui peut ou non se révéler être correct - il semble y avoir la possibilité d’un règlement pacifique du conflit. Les nouvelles qui ont été divulguées par les représentants des manifestants, les négociateurs à Taksim, étaient que Erdogan a accepté d’attendre une décision de justice sur la construction du parc Gezi, et que si le tribunal l’autorise, de tenir un référendum à Istanbul, ce qui est tout à fait différent d’un référendum national. Je pense que ce sont de bons pas en avant s’ils peuvent être mis en œuvre.

MZ : Est-il possible de relier ce qui se passe en Turquie à ce qui s’est passé en Syrie au cours des deux dernières années ?

NC : Je pense que ce qui se passe en Turquie fait partie d’un soulèvement général dans le monde entier face à des politiques économiques et sociales dures et autocratiques qui ont été imposées partout. Et il y a des réactions un peu partout. Certaines de ces réactions ont même réussi.

Le plus grand succès a été l’Amérique latine. L’Amérique latine, pour la première fois en 500 ans - ce n’est pas rien, elle s’est libérée elle-même de la domination occidentale, surtout la domination américaine dans le dernier siècle. C’est un développement phare.

Je pense que le Printemps arabe a fait partie de ce même soulèvement. Celui-ci se déroule en Europe, dans les pays européens périphériques, en Grèce, en Espagne et en France dans une certaine mesure. Des mouvements populaires importants se lèvent contre les politiques d’austérité brutales, qui mènent l’Europe non pas au suicide mais à la catastrophe.

L’Europe est riche. Elle n’est pas la Syrie, alors elle ne va aller jusqu’au suicide. Mais, pour l’essentiel les politiques visent à démanteler ce qui reste de l’État-providence, qui est l’une des contributions de l’Europe à la civilisation moderne.

MZ : Avez-vous des commentaires sur le cas d’Edward Snowden ?

NC : Tout d’abord, je pense qu’il a commis un acte héroïque. C’est l’acte honorable d’un citoyen qui veut que les gens sachent ce que fait leur gouvernement. Le public devrait savoir ce que ses représentants font. Bien sûr, les gouvernements ne veulent jamais cela. Ils veulent opérer dans le secret.

J’ai passé beaucoup de temps à consulter des documents classifiés aux États-Unis, qui est pourtant peut-être une des sociétés les plus libres. La plupart des documents sont classés pour protéger le gouvernement contre ses propres concitoyens et non pas pour des raisons de sécurité. Je pense que toute personne qui tente de lever un coin du voile fait la bonne chose. En effet, les programmes que le gouvernement menait sont vraiment illégitimes et Snowden a eu raison de les exposer au grand jour. Je pense qu’il va souffrir pour cela. Vous savez. Mais c’était la bonne chose à faire.

MZ : Après le 11 septembre, les Américains ont demandé, « Pourquoi le reste du monde nous hait ? » Est-il possible pour nous de demander, « pourquoi les Américains nous détestent-ils ? »

NC : Je pense que c’est assez intéressant ... parce que la question a été posée il y a longtemps, en 1958, lorsque le président d’alors, Eisenhower, a demandé à ses collaborateurs pourquoi il y a une campagne de haine contre les États-Unis dans le monde arabe, et non pas de la part des gouvernements qui leur étaient plutôt favorables, mais de la population.

Cette même année 1958, le Conseil national de sécurité, l’organe principal de planification, a produit un document - il est dans le domaine public depuis quatre ans - dans lequel ils ont expliqué, ils ont dit qu’il y a une perception dans le monde arabe que les États-Unis soutiennent les dictatures et empêche la démocratie, et que nous le faisons parce que nous voulons garder le contrôle de leurs ressources, de leurs approvisionnements énergétiques. [Le document conclut] c’est ce que nous devons faire, même si il y aura une campagne de haine contre nous.

C’était 1958 et si vous pensez à cette année, c’était juste après qu’Eisenhower ait forcé la Grande-Bretagne, la France et Israël à sortir d’Égypte, de sorte que vous pourriez vous attendre à ce qu’il n’y ait pas une vague de haine, mais il y en avait une pourtant. Et les raisons perçues sont plutôt les bonnes.

Après le 11 septembre, George W. Bush, a soulevé la question : pourquoi nous haïssent-ils ? Ils haïssent notre liberté et ainsi de suite. Le Bureau de recherche du Pentagone a alors produit une étude, dont les conclusions étaient les mêmes que celles du Conseil de sécurité nationale en 1958.

MZ : Et la deuxième question : Pourquoi nous haïssent-ils ? Pourquoi les Américains nous détestent ?

NC : Pourquoi les Américains ...? Ils ne le font pas. Pourquoi la population américaine ? La population américaine n’a aucune idée à ce sujet.

MZ : Alors les décideurs américains ?

NC : Pour les raisons que le Conseil national de sécurité a discutées. Vous devez bloquer la démocratie et soutenir les dictatures afin de contrôler leurs ressources. Et le Moyen-Orient n’est pas différent de n’importe où ailleurs. Pourquoi ont-ils soutenu Suharto en Indonésie ? Pour les mêmes raisons.

MZ : Que pensez-vous d’Israël ?

NC : Israël a pris une décision vraiment fatidique en 1971. En 1971, Israël s’est vu offrir un traité de paix complet par l’Égypte - mais rien pour les Palestiniens - une paix totale et sécurisée, en échange du retrait du Sinaï égyptien. Depuis lors, cela a été la même politique [de] l’expansion au détriment de la sécurité, mais ce n’est pas exceptionnel. C’est ce que font habituellement les pouvoirs forts ; ils ne sont pas concernés par la sécurité, mais plutôt par l’usage de la force. Et c’est le choix d’Israël. Il peut continuer parce que les États-Unis le soutiennent. Si les États-Unis cessent de le soutenir, ce sera terminé.

Israël est très menaçant en ce moment à propos du Liban. Je ne sais pas si vous avez suivi cela. Mais ils ne viennent pas avec de grandes déclarations publiques, et si vous lisez les déclarations de personnes dans les services de renseignement, l’armée et le gouvernement, ce qu’ils disent publiquement, c’est qu’ils ne vont pas permettre que des armes parviennent au Hezbollah. C’est ce qu’ils disent. Par ailleurs, ils ont sans doute appris les leçons de la dernière guerre, et ils ne vont pas refaire les mêmes erreurs. La prochaine fois, la guerre sera terminée en quelques jours, ce qui signifie qu’ils vont totalement détruire le Liban.

MZ : Vous ne pensez pas que les États-Unis vont tout faire pour l’arrêter à un certain moment ?

NC : Pas sous Obama. Il est le premier président américain qui n’a imposé aucune restriction sur Israël. Tout autre président, à plusieurs reprises, avait imposé des limites qu’Israël ne pouvait pas franchir, comme Reagan par exemple. Reagan a soutenu l’invasion du Liban en 1982, mais à la mi-août, il ordonna à Israël d’arrêter parce que cela devenait dangereux pour les intérêts américains.

MZ : Voyez-vous un lien entre la décision d’Obama d’armer la révolution syrienne, et Israël ?

NC : Ce sont deux choses séparées. Tout d’abord, Israël ne s’oppose pas à Assad. Il a été plus ou moins le genre de dictateur qu’ils voulaient avoir. Il a fait le genre de choses qu’ils voulaient. Les États-Unis n’ont pas d’opposition formelle à Assad. Il a coopéré sur les questions de renseignement. Les États-Unis n’aimaient pas tout, mais il rendait plutôt des services.

En fait, si Israël et les États-Unis voulaient vraiment saper le régime d’Assad et soutenir les rebelles, ils ont des façons très simples de le faire sans combats. Israël pourrait mobiliser des forces considérables sur le plateau du Golan. S’il mobilisait des forces dans le nord, les Syriens seraient obligés de répondre par une mobilisation équivalente. Mais ils ne le font pas, ce qui peut signifier qu’ils ne veulent pas réellement faire tomber le régime.

MZ : Qualifiez-vous le Printemps arabe comme tel, ou voulez-vous lui donner un autre nom ?

NC : Je pense que c’était un nom bien choisi. Mais maintenant, je ne sais pas s’il est question d’un hiver arabe, ou au moins d’un automne arabe. Je pense qu’il y aura un autre printemps ... Je ne pense pas que ce soit une situation stable, qui produira sans doute quelque chose de différent. Il me semble que c’est un processus continu, et comme je l’ai dit, il se produit partout dans le monde sous différentes formes.

MZ : Êtes-vous toujours optimiste ?

NC : Nous n’avons pas vraiment le choix. Objectivement, nous allons probablement tous couler d’ici une ou deux générations. Donc à quoi bon toutes ces questions. Mais il y a certaines possibilités d’espoir et de progrès.

http://english.al-akhbar.com/content/noam-chomsky-interview-sykes-picot-failing

Traduction : Info-Palestine.eu - Claude Zurbach

Réactions

Easy
...La réaction initiale du régime Erdogan était assez semblable à celle de Moubarak et Assad...
Alors là le monsieur est tout à fait à coté de la plaque, Ordogan, a t-il torturé des enfants, a t-il fait appel à l’armée pour faire face à la révolte, a t-il tiré à balles réelles sur des manifestants pacifiques, a t-il assassiné des opposants comme l’a fait El-asad ? Ceux qui mènent les manifestations aujourd’hui en Turquie sont une minorité (en majorité alaouite) appuyée par les banques usuraires privées turques et par les sionistes, combien touche d’ailleurs un policier turc ? N’est ce pas mille euros par mois ? et combien touche un policier syrien ? N’est ce pas 50 euros par mois ? rien que de ce point de vue vous pouvez remarquer la différence entre Ordogan qui a développé son pays à tout les niveaux et Bchar el-asad qui a détruit son pays, cela sans parler du fait que Ordogan a été élu démocratiquement par le peuple turque alors que Bachar el-asad s’impose par la force des armes.

Yasmina
Se souvenir que NC est un sioniste. Ce qui explique beaucoup de choses....

Tictac
Vous regardez à travers le monde, à peu près tous les conflits qui se passent sont les résultats de l’imposition de frontières impériales qui n’ont rien à voir avec les populations. Dans ce cas, les frontières algériennes actuelles héritées de l’Algérie française est un exemple qu’on ne peut plus claire.

Chb
Décidément, Easy, vous ne faites pas dans la modération : vous donneriez des missiles à al Nosra, pour qu’il en finisse avec la dynastie laïque, avec la Syrie Sykes-Picot, et avec les alaouites et autres infidèles par la même occasion ?
Pourtant, les objectifs de la « solution politique » ne sont pas clairs, en dehors des enjeux économiques et stratégiques pour l’empire. A ce sujet, on constate que l’Irak "démocratisé" est toujours en proie au chaos quotidien.
Pendant que l’opposition « syrienne » ne souhaite pas plus Genève II que ses donneurs d’ordres et de fonds,

le redécoupage autour d’un Kurdistan indépendant promet bien des massacres encore.

Même le vieux Chomsky a du mal à être optimiste.

Amir
@Yasmina
Chomsky sioniste ?
Allons Mursi, Ghannouchi et toute la clique des Frères musulmans, des humanistes pur sang.

Non, des sionistes aussi. Puisque aucun ne veut la fin "d’Israël" c’est a dire la fin du foyer juif en Terre Sainte, la Palestine. Les Frères musulmans sont des alliés objectifs des Sionistes.
 :يَـٰٓأَيُّہَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُواْ لَا تَتَّخِذُواْ ٱلۡيَہُودَ وَٱلنَّصَـٰرَىٰٓ أَوۡلِيَآءَ‌ۘ بَعۡضُ
أَوۡلِيَآءُ بَعۡضٍ۬‌ۚ وَمَن يَتَوَلَّهُم مِّنكُمۡ فَإِنَّهُ ۥ مِنۡہُمۡ‌ۗ إِنَّ ٱللَّهَ لَا يَهۡدِى ٱلۡقَوۡمَ ٱلظَّـٰلِمِينَ

"Ô vous qui avez foi (en Allah), Ne prenez pas (Tels) juifs et (Tels) chrétiens comme alliés ; (qui) se sont (eux-mêmes) alliés les uns aux autres.
Et celui d’entre vous qui les prendra pour alliés, il deviendra alors l’un des leurs (et non l’un de la Communauté du Prophète paix et salutations soient sur lui). Allah ne guide certes pas les gens injustes".
Coran, Sourate al-Mā’idah, v.51

Yasmina
Amir, méfiez-vous de cette gauche, trotskiste qui s’est fourvoyée. Chomsky n’est pas Gilad Atzmon. Chomsky est critique de l’impérialisme américain d’abord.
Ensuite, il critique la politique israélienne mais n’a jamais mis en cause l’existence de l’État d’Israël comme foyer national des Juifs.

Braçva
@Yasmina : Vous prétendez que toute personne qui ne veut pas la fin d’Israël, est sioniste, Que les FM et Morsi sont sionistes ?! Quelle absence de logique !
Vous êtes l’une des pires fanatiques de ce forum. A force de boire la propagande haineuse de Soral, vous êtes devenue irrécupérable.

Yannick Laude
@ Yasmina : Au jeu des terres saintes, la préséance historique est évidemment juive, puis chrétienne et enfin musulmane. Vouloir n’en faire qu’une terre strictement musulmane est de l’impérialisme culturel pur jus.

Mercredi

@ Easy
Les manifestants anti-Morsi ou anti-Erdogan utilisent-ils des lance-missiles sur les bâtiments publics, persécutent-ils les minorités religieuses, sont-ils des égorgeurs ou des cannibales ?

Les opposants syriens aussi ne sont qu’une minorité...
Erdogan n’a rien developpé, les trusts turcs existaient avant son arrivé, le developpement est dû aux Kemalistes laics !

Quand la Turquie est devenue democrate sous la pression de l’UE, la Turquie profonde a pu voter, et Erdogan a gagné !

Si demain, il y’avait un referendum sur l’interdiction de l’Islam, le oui gagnerait, donc cela est légitime ?

Easy
@yasmina, vous dites :...Non, des sionistes aussi...

Ah bon, alors comment explique-tu qu’Israël ainsi que les monarchies du Golf, l’Algérie et les cercles maçonniques en Europe complotent pour les faire tomber ?

Easy
@ Mercredi, vous dites : ...Les manifestants anti-Morsi ou anti-Erdogan utilisent-ils des lance-missiles sur les bâtiments publics...

Alors soit vous n’avez pas suivi les événements en Syrie soit vous êtes un menteur comme Bchar el-asad

Waglioni
@Yannick Laude, "la préséance historique est évidemment juive, puis chrétienne et enfin musulmane"

Oui, mais vous oubliez de préciser qu’il s’agit d’une suite chronologique concernant la même population, c’est-à-dire que jusqu’à l’installation (totalement illégitime) de l’État que vous avez en tête, la même population a été successivement de ces trois religions. Et cette population a un nom, c’est la population palestinienne et elle seule possède le droit et la légitimité de résider sur cette terre.

Palazzo
Monsieur Easy, votre raisonnement sur les pays arabes en révolte est celui d’un musulman occidentalisé, rompu à l’argumentation critique et ayant parfaitement intégré les concepts qui fondent les démocraties occidentales, mais vous êtes à mille lieues de la façon dont fonctionnent les populations arabes, pour lesquelles, dans leur large majorité, le concept même de vote démocratique n’a pas de sens.

Le vote est avant tout un moyen d’affirmer son appartenance ethnique ou religieuse en aucune façon un acte permettant d’affirmer son adhésion à un projet politique engageant la totalité des citoyens.

Une élection donnera toujours une majorité à la partie la plus nombreuse se revendiquant d’une identité. Aujourd’hui la confusion tient au fait que les frères musulmans ont su habilement détourner le scrutin à leur profit en demandant aux égyptiens s’ils étaient d’abord musulmans. Ils ont répondu oui et aujourd’hui une bonne partie se rend compte de la duperie.

Rachid Zani
"Et que vient faire dans votre texte l’"État gendarme d’Israël" ? Croyez-vous vous aussi au complot international ? Croyez-vous les égyptiens incapables d’être maîtres de leur destin ?"

Faut déjà commencer par croire ce que vous dites Pancole (faites ce que je dis mais pas ce que je fais).Arrive à point nommé cette réponse écrite par un homme fût-il sioniste qui vient bousculer vos assertions.

"Cette même année 1958, le Conseil national de sécurité, l’organe principal de planification, a produit un document - il est dans le domaine public depuis quatre ans - dans lequel ils ont expliqué, ils ont dit qu’il y a une perception dans le monde arabe que les États-Unis soutiennent les dictatures et empêche la démocratie, et que nous le faisons parce que nous voulons garder le contrôle de leurs ressources, de leurs approvisionnements énergétiques. Le document conclut : C’est ce que nous devons faire, même si il y a une campagne de haine contre nous."

Quand la "complotophobie" s’érige en ridicule

Yasmina
@Braçva : non je ne connais pas Soral.
Le Sionisme, savez- vous seulement ce que cela veut dire ? Voici une définition du sionisme proposée par Maxime Rodinson dans l’article « Sionisme » rédigé pour l’Encyclopaedia universalis en 1972, mardi 5 avril 2005
http://www.france-palestine.org/Qu-est-ce-que-le-sionisme

D’autre part, le sionisme n’est pas le judaïsme. Il existe des juifs non-sionistes. Par contre, un sioniste peut être chrétien, juif ou musulman et même athée. Si vous lisez les mémoires de Herzel vous serez étonné d’apprendre qu’il a passé la majeure partie de son temps, à essayer de convaincre les rabbins de son projet.

L’idée de ramener les juifs en Terre sainte est une idée chrétienne, protestante. Par exemple, vous trouverez une lettre dans ce sens à la Bibliothèque du Congres Us une lettre d’Abraham Lincoln qu’il a écrite à un pasteur résidant à Jérusalem où il est favorable à donner un coup de main à un éventuel projet.

Yasmina
@Yannick Laude : Vous me faites dire ce que je n’ai jamais dis. Je suis pour une Palestine ouverte aux 3 monothéismes en toute conviviabilité comme cela a été le cas durant des siècles depuis la conquête musulmane par Omar Ibn Al Khattab. La Palestine a été conquise sans combat. Le patriarche Byzantin de Jérusalem a accepté de se soumettre et de faire allégeance au Calife Omar. C’est pour cette raison qu’elle est un waqf, bien inaliénable en droit musulman. Et si vous lisez l’histoire de cette conquête (par exemple Maqdissi) vous verrez que c’est grâce à Omar et à son Pacte de Paix que les juifs ont pu à nouveaux habiter à Jérusalem. C’est grâce aux musulmans que les juifs ont pu se réinstaller en toute sécurité en Terre Sainte. Ernest Renan, dans son livre écrit sur Jésus, en parle aussi.

L’État D’Israël moderne est un fait colonial. Ce sont des Européens se disant Juifs qui l’on crée.

Easy
@ Palazzo, vous dites :...Le vote est avant tout un moyen d’affirmer son appartenance ethnique ou religieuse en aucune façon un acte permettant d’affirmer son adhésion à un projet politique engageant la totalité des citoyens...

C’est faux ce que vous dites, les Frères musulmans ont un projet politique qui marie entre religion, développement, indépendance (ou auto-détermination) et démocratie et c’est la raison pour laquelle les peuples arabes ont voté pour eux et c’est aussi la raison pour laquelle les puissances occidentales n’ont pas condamné le coup d’État contre Mursi.

Yasmina
@Amir : en complément à mon post, à propos des néocons :
http://centpapiers.com/le-mouvement-juif-neo-conservateur-du-trotskisme-...

Yasmina
@easy : De quelle autodétermination parlez-vous ? Ils quémandent des prêts au FMI. Or non seulement Ils passent outre à l’interdiction du prêt à intérêt mais en plus ils enchainent leur peuple dans un nouvel esclavage, celui de la dette, une servitude pour les futures générations. Que ne méditent-ils le Coran à ce sujet !!!

Si Morsi a échoué c’est par ce que les Égyptiens se sont rendus compte qu’il n’est qu’une marionnette obéissant aux ordres de la Confrérie. Il s’est comporté comme un chef de parti et non comme le chef de tous les Égyptiens. Il n’a pas essayé de rassurer les Coptes. Or l’Égypte est un pays qui se gouverne par le consensus, pas en excluant une bonne partie de la population.
Si les Gouvernements occidentaux ainsi qu’Obama sont dans l’expectative c’est neutralité pragmatique. Tous ceux qui redoutaient le « châtiment » américain ou la colère de l’Oncle Sam devraient savoir que les Yankees s’accommodent toujours du fait accompli. Le cas syrien, et désormais égyptien

Palazzo
Monsieur Easy, vous confirmez ce que je dis, vous ne comprenez rien à la façon de réagir devant un scrutin des populations qui n’ont aucune idée de la façon dont fonctionnent les démocraties.

Il n’y a pas de projet politique dans le camp de Morsi, sinon celui de coller au plus près de l’idéologie islamique et cela n’est pas un projet mais un acte de foi.

Saladin
@ Yasmina, c’est faux ce que tu dis, Mursi a tjrs reporté les négociations sur le prêt du FMI pour trouver une autre alternative sans usure mais les monarchies du Golf, à part quelques milliards du Qatar, lui étaient hostiles et ne voulaient pas l’aider, d’ailleurs jusqu’à ce jour l’Égypte n’a pas encore emprunté de l’argent au FMI,

Encore concernant les coptes, vous êtes également à côté de la plaque, Mursi les a tjrs considérés dans ses discours comme des frères dans la nation, Mursi ne peut pas nommer tout le monde ministres, c’est une période transitoire et tout le monde veut des portes feuilles

Yasmina
Non saladin ; c’est Christine Lagarde qui a émis des réserves...
Au sujet des Coptes, justement le referendum sur la constitution qui propose la Charia islamique comme Loi fondamentale du pays dont vous parliez plus haut, ne tient pas compte des Coptes et de leur peur. Les Égyptiens en majorité ayant répondu : oui, après une campagne massive des religieux intégristes pour le oui (assimilé à oui pour le Paradis !!!! répondre non est assimilé carrément à du "Kufr !!!!) Les Coptes se sont sentis en insécurité, exclus. Comme je l’ai dis, L’Égypte se gouverne par le consensus, l’adhésion de tous ses citoyens.
Écoutez cette analyse de Imran Hossein : http://imranhosein.fr/video/?p=512

Saladin
@ Yasmina,
Qui t’as dit que la charia ne garantit pas leurs droits aux coptes :
http://labregesurlislam.xooit.com/t832-Les-droits-des-dhimmi-s-en-terre-...

Noam Chomsky

prof. MIT

Maha Zaraket

Journaliste pour le périodique Al-Akhbar (Liban)

Oumma.com

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