Édition du 13 avril 2021

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Pénurie d'intervenantes à la petite enfance - La FIPEQ-CSQ réagit aux annonces du ministère de la Famille et demande au ministre des Finances d'intervenir dans son budget 2021-2022

MONTRÉAL, le 12 mars 2021 - À la lumière du manque de mesures annoncées par le ministre de Famille pour pallier à la crise du manque de personnel dans le réseau de la petite enfance, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) a adressé aujourd’hui des demandes au ministre des Finances du Québec, Éric Girard, en vue du dépôt de son budget 2021-2022 le 25 mars prochain.

La fédération est satisfaite de l’ambition du ministre de créer de nouvelles places pour les familles, mais reste méfiante que ce soient encore des promesses en l’air. Rappelons que le ministre de la Famille avait promis la création de 13 500 places en février 2019. Alors que seulement 2 500 places ont été livrées à ce jour, la liste de parents en attente d’une place subventionnée ne cesse d’augmenter pour atteindre aujourd’hui plus de 55 000 enfants. La FIPEQ-CSQ souligne qu’il sera impossible de livrer les places promises, sans aucune annonce concernant un ajout de ressources budgétaires, le recrutement d’intervenantes ou des incitatifs à court terme pour l’ouverture de milieux familiaux.

« Pendant qu’il y a des installations qui peinent à ouvrir leurs portes, car elles sont incapables de recruter des éducatrices à la petite enfance, je suis extrêmement désolée d’entendre le ministre de la Famille annoncer aujourd’hui des mesures qui n’adressent en rien la pénurie d’intervenantes sur le terrain. Les services éducatifs régis et subventionnés ne sont pas que des bâtisses, des coquilles vides. Il faut compléter le plan en investissant dans les personnes qui vont y travailler, dédier des budgets à valoriser leur travail, les accompagner durant leur formation et leur intégration dans le réseau. La négociation collective des intervenantes en CPE est lancée et c’est le meilleur moment pour le ministre de démontrer sa bonne volonté et de régler une fois pour toutes la crise des conditions de travail qui nuisent à l’attraction et à la rétention de personnel dans le réseau », demande Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ-CSQ.

Une collaboration souhaitée avec le Conseil du trésor et le ministère des Finances

La FIPEQ-CSQ en profite pour demander au ministre de la Famille de collaborer avec ses homologues du Conseil du trésor et du ministère des Finances, afin que les règles budgétaires présentées le 25 mars prochain répondent au manque criant de ressources dans le réseau de la petite enfance. L’atteinte de ces demandes constituerait une solution concrète pour miser dans l’ajout de places en services éducatifs à la petite enfance, ce qui passe indéniablement par l’ajout d’intervenantes, et permettrait que les femmes du Québec qui ont subi les effets de la crise sanitaire de plein fouet puissent regagner le marché du travail et participer à la relance économique, tout en s’assurant du développement du plein potentiel des enfants.

Parmi la liste de demandes présentées par la FIPEQ-CSQ à Éric Girard, ministre des Finances, on retrouve la mise en place d’incitatifs financiers pour renforcer l’accès à la profession et le taux de diplomation, l’ouverture rapide de milieux familiaux régis et subventionnés, et l’octroi d’une prime COVID-19 pour reconnaître les facteurs de risque et les conditions exceptionnelles dans lesquelles les intervenantes sont placées depuis le début de la pandémie. Plusieurs mesures pour bonifier les allocations aux familles et aux services éducatifs à la petite enfance sont aussi demandées pour assurer une égalité d’accès aux services régis et subventionnés pour tous les enfants, soient-ils issus de milieux défavorisés ou ayant d’autres besoins particuliers. La FIPEQ-CSQ recommande aussi au ministère de la Famille de revisiter la plateforme du guichet unique La Place 0-5 ou d’élaborer une nouvelle solution technologique qui pourra répondre efficacement aux besoins des parents et des services éducatifs à la petite enfance.

« Notre réseau est composé à 98 % de femmes. Je suis confiante qu’une augmentation des salaires et des subventions et une amélioration des conditions d’exercice pourront pallier à la surcharge de travail importante des intervenantes. Il faut réussir à stopper l’hémorragie, il faut les retenir dans ce métier essentiel et c’est la seule garantie pour la création des milliers de places promises par le gouvernement. Et ça aura comme conséquence directe de stimuler l’économie du Québec », conclut Valérie Grenon.

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