Édition du 22 juin 2021

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Environnement

Pesticides : année record des ventes au Québec !

Selon le ministère de l’Environnement (MDDEP), cité dans un article du quotidien La Presse, l’utilisation des pesticides au Québec est en augmentation en 2008, mais ces pesticides seraient moins dangereux qu’un 1997.

4 171 620 kg d’ingrédients actifs de pesticides vendus au Québec en 2008. 70% sont utilisés en agriculture.

Selon le ministère de l’Environnement (MDDEP), cité dans un article du quotidien La Presse, l’utilisation des pesticides au Québec est en augmentation en 2008, mais ces pesticides seraient moins dangereux qu’un 1997. « Il y a de nouvelles molécules moins risquées qui remplacent les anciennes » dit Sylvain Dion, coordonnateur du bureau des pesticides au MDDEP.

Greenpeace dénonce cette opération d’écoblanchiment de la part du MDDEP (en pleine élection fédérale ?) pour protéger les vendeurs de pesticides.

Pourquoi ?

1. Les évaluations gouvernementales des pesticides sont faites sur les ingrédients actifs et non pas sur les pesticides utilisés et en vente dont les adjuvants ajoutés multiplient les effets toxiques. Rappelons que l’Ontario a interdit cet herbicide et 250 autres.

2. Les pesticides mis sur le marché plus récemment peuvent apparaître moins nocifs que certains plus anciens parce que les études et les impacts ne sont pas encore connus, et non pas parce qu’ils ont été prouvés comme étant plus sécuritaires (voir point précédant).

3. D’ailleurs, certaines études commencent à démontrer des effets toxiques de la part de certains nouveaux herbicides sur les reins et le foie, sur les rats, sur les hormones sexuelles, etc. Ces études devraient pousser les autorités gouvernementales à la prudence et à la précaution. Des études récentes aussi indiquent des impacts négatifs des pesticides sur le QI des enfants.

4. Les OGM sont la principale cause de l’augmentation des herbicides et c’est d’ailleurs l’objectif commercial des vendeurs de pesticides comme Monsanto de rendre plus facile l’utilisation des herbicides.

5. La sur-utilisation des herbicides sur les plantes OGM, comme le Roundup de Monsanto a commencé à entraîner une augmentation des supermauvaises herbes tolérantes à ces herbicides, ce qui force certains agriculteurs à utiliser des herbicides encore plus toxiques.

6. Les recommandations du rapport de 2001 de la Société Royale du Canada sur les OGM sont toujours largement ignorées par le gouvernement fédéral. Pourquoi les autorités gouvernementales ignorent-elles les recommandations des scientiques ?

7. Les plantes OGM comme le maïs Bt produisent en continu des pesticides qui ne sont pas comptabilisés par les données du MDDEP mais qui semblent cependant se retrouver dans le sang de femmes et de foetus. De plus, l’enrobage croissant des semences par des pesticides ne sont pas non plus comptabilisés dans les ventes de pesticides.

Greenpeace appelle le MDDEP et le gouvernement à un peu plus de rigueur scientifique et surtout d’appliquer le principe de précaution plutôt que de faire de l’écoblanchiment pour l’industrie des pesticides et des OGM.

La seule option viable est la transition vers une agriculture biologique sans pesticide de synthèse ni d’OGM.

L’auteur est directeur de Greenpeace Canada

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