Édition du 24 mai 2022

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Asie/Proche-Orient

Pourquoi Israël veut jouer les médiateurs dans la guerre en Ukraine ?

Samedi 5 mars, le Premier ministre israélien Naftali Bennett s’est rendu à Moscou où il a rencontré Vladimir Poutine, avant de s’entretenir au téléphone avec Volodymyr Zelensky. Israël semble se proposer comme médiateur dans cette crise.

Tiré de Courrier international.

Il a été le premier leader étranger à se rendre à Moscou depuis le début des hostilités en Ukraine. Samedi 5 mars, Naftali Bennett, premier ministre de l’État d’Israël, s’est rendu en Russie pour rencontrer Vladimir Poutine, avant de s’entretenir au téléphone avec Volodymyr Zelensky, et, enfin, voler en Allemagne pour discuter avec le chancelier Olaf Scholz. Un marathon diplomatique dont la signification est claire : Israël se propose comme médiateur dans la crise ukrainienne.

Mais pourquoi vouloir endosser ce rôle ?

Comme l’explique Ha’Aretz, la première réponse à cette question est d’ordre historique et démographique. “Plus d’un million de citoyens israéliens [sur une population totale de 9 millions] sont nés en Russie ou en Ukraine”, pointe le quotidien de Tel-Aviv, et de ce fait, “le gouvernement dispose de nombreux hauts fonctionnaires et conseillers qui connaissent bien cette situation”.

À titre d’exemple, le ministre israélien de la Construction et du Logement, Zeev Elkin, est né à Kharkiv (une des villes ukrainiennes les plus durement touchées par les bombardements) et “a servi de traducteur dans des rencontres passées entre Poutine et des premiers ministres israéliens”, note le média.

Ainsi, entre Jérusalem, Kiev et Moscou, liens historiques et diplomatiques semblent s’entrelacer, voilà pourquoi “Israël est dans une position idéale pour offrir ses services de médiation”, argumente Ha’Aretz :

  • Il s’agit probablement du seul pays disposant de bons liens et de canaux de communications ouverts à la fois avec la Russie et l’Ukraine.”

“Une myriade d’intérêts affectés par cette guerre”

C’est probablement pour cette raison que depuis le 24 février, date à laquelle l’invasion a commencé, Israël a préféré tenir une position “prudente” vis-à-vis de Vladimir Poutine.

“Bien que Jérusalem ait condamné l’invasion et a voté en faveur de la résolution des Nations unies contre la Russie, Bennet n’a pas accusé Poutine avec la même force que les leaders occidentaux. Au contraire, il a souligné les relations fortes qu’Israël entretien à la fois avec Kiev et Moscou”, avance de son côté le Time of Israël.

Une position logique au vu de “la myriade d’intérêts affectés de façon directe ou indirecte par cette guerre”, écrit Ha’Aretz dans un autre article d’analyse.

Parmi ceux-ci, énumère le quotidien progressiste, “l’évacuation de juifs ukrainiens mis en danger par les bombardements”, mais aussi, “l’aide aux juifs de Russie, qui pourraient désormais vouloir quitter le pays”.

Le dossier syrien en toile de fond

D’un point de vue plus strictement géopolitique, Jérusalem “souhaite continuer à disposer d’une liberté d’offensive dans le théâtre syrien”, et celle-ci, “dépend également de la volonté de Poutine”, puissant allié de Bachar Al-Assad dans la région.

Enfin, pour Israël, le dossier diplomatique ukrainien se lie avec un autre dossier d’importance vitale pour Bennett : celui du nucléaire iranien.

Les pourparlers pour un accord entre puissances pour un allégement des sanctions à Téhéran ont avancé ces derniers jours, ce qui n’est pas forcément du goût de l’État hébreu. Ainsi, la presse israélienne se demande si lors de sa visite à Poutine, Bennett n’a pas profité de l’occasion pour parler des négociations en cours sur ce dossier.

Les sanctions occidentales à l’encontre de la Russie compliquent soudain l’issue des pourparlers sur le nucléaire, et le Premier ministre israélien pourrait avoir appuyé sur ce point de tension pour faire en sorte que Téhéran reste dans une position isolée.

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