Édition du 22 septembre 2020

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Asie/Proche-Orient

Pourquoi l’Iran n’est pas comme les autres pays face au coronavirus ?

Avec le coronavirus, l’Iran est devenu un immense champ de bataille, où le régime tente de s’allier le virus pour conserver la dictature, où les morts se comptent par milliers, et où la colère des Iraniens va atteindre un point de rupture.

Tiré du blogue de l’auteur.

Chaque jour à 18h les chiffres de décès dus au coronavirus en Iran tombent à la télévision sur la chaine d’opposition INTV. Au moment où vous lirez ces lignes, ils auront dépassé les 30.000.

Bien sûr le pouvoir iranien dira le contraire. D’ailleurs depuis le début de la crise, et même un peu avant, il n’a de cesse de cacher la vérité.

Ce virus de la dissimulation, il l’a attrapé en novembre, quand il a réprimé lourdement les manifestations. 1500 morts, jamais annoncés, 12.000 arrestations jamais déclarées. Ensuite il a caché avoir détruit l’avion de ligne ukrainien avec tous ses passagers dont des dizaines de cerveaux et d’experts iraniens. Au bout de plusieurs jours, contraint et forcé, il a admis, au compte-goutte avoir tiré, un puis deux missiles. Personne n’a été poursuivi en justice. Ah si, les familles des victimes pour avoir réclamé justice.

La maladie du mensonge a poursuivi sa voie et à l’arrivée du coronavirus en janvier, les mollahs, alerté par les urgences, ont manié la balayette pour mettre tout ça sous le tapis, persan.

Alors que chaque pays épiait l’arrivée du fléau pour empêcher sa propagation, l’installation du virus dans la ville sainte de Qom avec les allées et venues incessantes de séminaristes chinois a été soigneusement tue. Les vols vers et depuis la Chine maintenus. Il s’agissait d’assurer une foule énorme au célébrations de l’anniversaire de la révolution et aux « élections législatives » - qui ont conduit une meute de pasdarans et de mollahs au parlement – si l’on peut parler d’élections sous une dictature. Les deux événements ont fait un flop retentissant, mais le mal était fait et l’épidémie déjà bien répandue. Sur les bords de la Caspienne, la côte d’Azur du nord de l’Iran, une nuée de touriste chinois avaient déjà essaimé le Covid-19.

Il a fallu attendre les premiers morts à Qom, pour que le régime finisse par annoncer la présence du virus tout en le minimisant. Cela tombait avant les vacances de la nouvelle année iranienne, avec l’arrivée du printemps. Un immense mouvement de foule vers … le nord et la Caspienne.

Hécatombe

L’hécatombe n’a épargné personne. Une brochette de mollahs, de généraux des pasdarans, et de responsables de tout poil – de barbe - sont repartis d’où ils étaient venus, en enfer. Mais des milliers d’Iraniens sans protection ont été emportés par le covid-19.

Durant toute cette période, le maitre mot du guide suprême Khamenei a été que « ce n’est rien, on a connu pire ». Pour son président, Rohani, dès le début, la machine à mensonges a tourné à plein pot : « nous maitrisons tous, des milliers de lits d’hôpital vides, la crise se termine ». Tant et si bien que les responsables de la santé et des provinces tirent la sonnette d’alarme. La querelle est vive. Pour eux rien n’est maitrisé, la courbe des décès montent, les soignants sont épuisés, les hôpitaux saturés, le système a dépassé le point de rupture. Mais le marché noir, contrôlés par les pasdarans, des masques, gants et gels prospère à des prix astronomiques.

Les prisons surpeuplées et crasseuses ne sont pas épargnées. L’épidémie a déjà prélevé son taux de malades et de décès. Les 12.000 manifestants arrêtés en novembre et les prisonniers politiques, défenseurs des droits, des enfants et des femmes, s’y trouvent. Les mollahs refusent de les libérer, espérant que le virus provoquera des morts massives.

Cerise sur le gâteau, Rohani et Khamenei ont appelé à la reprise du travail : renvoyer des millions de gens sans protection, écrasés par la pauvreté, trouver de quoi se nourrir en pleine pandémie. Le régime n’a pas débloqué un centime des centaines de milliards de dollars des fondations et conglomérats contrôlés par Khamenei et ses pasdarans. Tout au plus Rohani a-t-il concédé un prêt de 60 $ (oui, bien soixante dollars) aux millions de familles pauvres, qu’il fera rembourser par prélèvement sur leur micro-allocation mensuelle. Il n’y a pas de petits profits.

La différence entre l’Iran et le reste du monde, c’est que les mollahs veulent faire du Covid-19 une arme qui les maintiendra au pouvoir : pas de soulèvement populaire pendant l’épidémie. Et le virus tue davantage que les bourreaux.

Cependant la colère monte à la vitesse de la lumière en Iran. Cette gestion délibérément criminelle de la crise, qui relève d’un véritable crime contre l’humanité, aura des conséquences explosives au lendemain de l’épidémie. Peut-être même avant. Si le virus n’élimine pas les mollahs, les Iraniens s’en chargeront. Il est temps de changer de régime, il est temps que le monde le comprenne.

Pour comprendre justement les tenants et les aboutissants de cette période cruciale en Iran, rejoignez la vidéo conférence prévue le 22 avril de 16h à 18h.

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