Montréal, le 7 novembre 2025. À l’occasion d’un mois d’action en faveur de la justice migrante du 4 au 28 novembre à travers le Québec, les organisations engagées dans la Campagne québécoise pour la régularisation et la justice migrante (CQRJM) et ses allié·es dénoncent les attaques répétées contre les droits des personnes im·migrantes et enquête d’asile. Elles s’alarment d’un recul historique en matière de justice et de solidarité à l’issue de la publication du Plan d’immigration du Québec 2026, qui prévoit une baisse des seuils d’immigration. Ce scénario nous rend incapables de remplir nos obligations internationales en matière de protection des réfugié·es et de regroupementfamilial, en plus de pousser dans la précarité un nombre croissant des travailleuses et travailleurs migrant·es actuellement au Québec.
Des politiques régressives à tous les niveaux
Au provincial, la nouvelle planification pluriannuelle de l’immigration va aggraver les situations de vulnérabilité et d’abus vécues par de nombreuses personnes im·migrantes. En abaissant les seuils d’immigration permanente et temporaire, le gouvernement leur bloque l’accès à la résidence permanente et confirme sa politique d’affichage de la réduction du nombre de personnes au statut temporaire au mépris de ceux et celles qui vivent déjà au Québec avec ce statut. Et ce d’autant plus qu’il ne remet aucunement en question le permis de travail fermé, source systémique dedépendance, d’exploitation et de vulnérabilité. Parallèlement, le gouvernement instrumentalise les personnes im- migrantes dans ses négociations avec Ottawa, allant jusqu’à menacer de couper l’aide financière de dernier recours pour les personnes en demande d’asile. Cette approche s’inscrit dans un contexte de recul plus large, marqué par la fermeture du bureau d’aide juridique en immigration de Québec et d’autres mesures restreignant l’accès auxservices.
Au fédéral, le projet de loi C-12, anciennement C-2 (Loi visant à renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada), limiterait le droit d’asile tout en complexifiant les procédures de demande de statut de réfugié. Il prévoit également d’accorder au gouvernement des pouvoirs accrus pour suspendre ou annuler non seulement desdemandes d’immigration, mais aussi des documents et des programmes, y compris ceux liés à la résidence permanente, tout en facilitant le partage de données personnelles. Pourtant, la mobilisation au Canada de plus de 300 organisations de la société civile avait rejeté fermement l’ensemble du projet de loi C-2. La nouvelle mouture du projet de loi cède aux caprices de l’administration Trump dans l’espoir d’un nouvel accord commercial.
Un mois d’action pour réclamer le respect des droits des personnes migrantes
Cette conférence de presse s’inscrit dans un contexte de recul généralisé des droits des personnes im- migrantes, tantau Québec qu’au Canada, une tendance qui s’observe également à l’échelle mondiale. Elle vise à dénoncer ces politiques d’exclusion et à rappeler l’urgence de défendre une approche fondée sur la justice, la solidarité et les droits humains. À cette occasion, la CQRJM <https://cqrjm.org/>
lance le mois d’action pour la justice migrante <https://cqrjm.org/activites/>
, qui se traduit par une série d’événements visant à sensibiliser et mobiliser autour des enjeux migratoires, notamment en demandant auxdéputés de prioriser l’accès à la résidence permanente, entre autres.
Citations :
« Qu’il s’agisse du gouvernement fédéral avec le projet de loi C-12 ou du gouvernement du Québec avec la baissedes seuils d’immigration, on observe la même logique utilitariste : celle d’un tri entre les vies, où certaines sont jugéesplus légitimes que d’autres. » Stephan Reichhold, Directeur général de la Table de concertation des organismes auservice des personnes réfugiées et immigrantes
« Nous désirons réaffirmer que les travailleuses et travailleurs migrant.es temporaires partagent solidairement lamême condition que l’ensemble de la force ouvrière du Québec : nous sommes tous et toutes des travailleurs,travailleuses qui avons des intérêts communs et des droits égaux. À cet égard, la FTQ réclame l’abolition des permisde travail nominatifs (fermés) liant les travailleuses et travailleurs migrant·e·s à un employeur unique et que lesgouvernements mettent en place sans délai des politiques d’immigration permettant l’obtention d’un statut permanent pour tous les travailleuses et travailleurs migrant·e·s. Il est temps de nous rappeler qu’au-delà des considérations purement économiques, ce sont aussi des parcours de vie dont il est question ici. » Marc-Édouard Joubert, président du Conseil régional FTQ<https://ftq.qc.ca/> Montréal métropolitain.
À propos
La Campagne québécoise pour la régularisation et la justice migrante (CQRJM) regroupe 46 membres <https://cqrjm.org/a-propos/>
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Parmi ses allié·e·s : Amnistie internationale francophone Canada, d’autres organisations du Front commun québécois contre C-12 et le Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ).
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