Édition du 22 juin 2021

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Asie/Proche-Orient

Samedi noir : en Birmanie, la répression s’intensifie

Plus de cent personnes, dont des enfants, ont perdu la vie samedi 27 mars, lors des manifestations pro-démocratie en Birmanie, provoquant de nouvelles condamnations étrangères. Le régime garde cependant des alliés de poids.

Tiré de Mediapart.

La répression est montée d’un cran samedi 27 mars 2020, en Birmanie. Selon les Nations unies, 107 personnes – dont sept enfants – ont été tuées lors d’une nouvelle série de manifestations pro-démocratie dans tout le pays. Les médias locaux font eux état de 114 morts. Il s’agit du plus lourd bilan depuis le coup d’état de l’armée dans le pays le 1er février. Plus de 423 personnes auraient perdu la vie dans le conflit depuis cette date, selon l’Assistance Association for Political Prisoners (AAPP), une ONG locale.

Samedi, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les habitants, qui manifestaient en réponse à la « Journée des forces armées ». Ce gigantesque défilé militaire, organisé devant le chef de la Tatmadaw (l’armée birmane), désormais chef de la junte au pouvoir, le général Min Aung Hlaing, se veut une démonstration de puissance dans la capitale Naypyidaw. Il s’agit aussi d’une tentative de légitimation pour le pouvoir après des semaines de contestation du putsch, notamment dans la jeunesse, relève le journal indépendant birman Frontier Myanmar.

« Tirez les leçons de ceux qui sont morts brutalement…et ne mourez pas pour rien », déclarait le général à la télévision publique ces derniers jours.

La répression s’est poursuivie dimanche 28 mars, alors que de nouvelles manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, la junte ouvrant même le feu à l’occasion de rassemblements autour des morts de la veille ou près d’un hôpital à Yangon (ex-Rangoon), la capitale économique, selon le site pro-opposition Myanmar-now.org.

Une nouvelle fois, l’ONU a sévèrement condamné la situation. L’organisation a dénoncé dans un tweet une « violence choquante », ainsi que des « arrestations massives ». Cette « violence rend d’autant plus illégitime le coup d’État et aggrave la culpabilité de ses dirigeants », a poursuivi le Haut-Commissariat sur le réseau social. Une « terrible effusion de sang » aussi pour l’ambassadeur américain en Birmanie Thomas Vajda, selon qui les Birmans ont été clairs : « Ils ne veulent pas vivre sous un régime militaire. » La délégation de l’Union européenne dans le pays a évoqué de son côté un « jour de terreur et de déshonneur ».

Pour la première fois aussi, les chefs d’état-major de 12 pays – l’Australie, le Canada, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, les États-Unis et le Royaume-Uni – ont condamné de concert dans un communiqué « l’usage de la force allant jusqu’à la mort contre des civils désarmés mené par l’armée birmane et les forces de sécurité du pays ». C’est la première condamnation officielle faisant référence à la défense des droits humains pour le Japon et la Corée du Sud, rappelle le site Nikkei Asia, les deux pays ayant des liens étroits avec le régime militaire du Myanmar.

Mais la junte conserve des soutiens solides en Asie : huit pays (la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh, le Vietnam, le Laos et la Thaïlande) avaient envoyé des représentants à l’occasion de la grande parade militaire de samedi, souligne encore le journal nippon. Le ministre de la défense russe Alexandre Fomin, qui avait fait le déplacement, a même été décoré à cette occasion par le général Min Aung Hlaing, et son pays qualifié d’« ami véritable ».

Le général Min Aung Hlaing a de nouveau défendu le coup d’État, invoquant des irrégularités lors des élections de novembre, remportées par le parti d’Aung San Suu Kyi, et promis un « transfert de responsabilité de l’État » après des élections.

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