Édition du 27 septembre 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Sur la violence étatique

Je ne comprends pas pourquoi on parle toujours des dérapages de quelques casseurs/provocateurs qui infiltrent le mouvement étudiant, pendant qu’on laisse passer la violence systémique de l’état, sans jamais le critiquer.

Qu’appelle-t-on la pauvreté du tiers de la population québécoise ? N’est-ce pas de la violence ? Les malades qui n’ont pas de place dans les hôpitaux, parce que les politiciens veulent privatiser par derrière ? Les enfants qui vont à l’école sans avoir déjeuné ? Les logements insalubres et infestés de rats où les pauvres doivent se loger ? Les écoles contaminées de moisissure où nos enfants doivent étudier ? Notre nourriture empoisonnée par un surplus de sucre, de gras et d’OGM nocifs pour la santé, et ceci pour enrichir une poignée de propriétaires ? Le saccage de nos ressources, non renouvelables, pour le compte de quelques amis riches de nos élus ? Les minières qui ne payent que 4 % en redevances ? Les multinationales qui ferment leurs usines mettant à la porte des milliers de travailleurs, après avoir reçu des subventions substantielles, payées par les contribuables ? Les aînés qui n’ont pas de pensions de retraites, parce que leurs employeurs les ont gaspillées ? Les écarts entre riches et pauvres de plus en plus grandissants ? Les prête- noms que les corporations utilisent pour contourner la loi électorale ? La corruption municipale en matière de construction ? La souffrance des aînés maltraités qui vivent dans les CHSLD, sans dignité, après avoir contribué au budget communal pendant toute leur vie ?

L’imposition d’une fiscalité régressive qui fait que les millionnaires paient le même montant que les salariés, pour les mêmes services, et la réduction des paliers d’impôts de 16 à 3 ? La spéculation des financiers sur le casino qu’on appelle la bourse ? La rémunération exagérée des PDG de plus de 8 millions par année ? Les pots de vins habituels chez SNC Lavalin et les autres entreprises privées ? Le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux pour les riches qui ne veulent pas payer leur juste part ? Ce sont toutes ces atrocités commises par nos gouvernements qui font que les étudiants sont dans la rue, et qu’il faut appeler, eh oui, « de la violence étatique. »

Une petite imposition de 1 % sur les banques, les corporations et les minières, qui font des profits faramineux, pourrait être utilisée pour la gratuité universitaire, si la volonté de nos politiciens était au rendez-vous. Faire payer les pauvres n’est pas courageux, M. Charest, c’est plutôt lâche !

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