Édition du 6 décembre 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Sur la violence étatique

Je ne comprends pas pourquoi on parle toujours des dérapages de quelques casseurs/provocateurs qui infiltrent le mouvement étudiant, pendant qu’on laisse passer la violence systémique de l’état, sans jamais le critiquer.

Qu’appelle-t-on la pauvreté du tiers de la population québécoise ? N’est-ce pas de la violence ? Les malades qui n’ont pas de place dans les hôpitaux, parce que les politiciens veulent privatiser par derrière ? Les enfants qui vont à l’école sans avoir déjeuné ? Les logements insalubres et infestés de rats où les pauvres doivent se loger ? Les écoles contaminées de moisissure où nos enfants doivent étudier ? Notre nourriture empoisonnée par un surplus de sucre, de gras et d’OGM nocifs pour la santé, et ceci pour enrichir une poignée de propriétaires ? Le saccage de nos ressources, non renouvelables, pour le compte de quelques amis riches de nos élus ? Les minières qui ne payent que 4 % en redevances ? Les multinationales qui ferment leurs usines mettant à la porte des milliers de travailleurs, après avoir reçu des subventions substantielles, payées par les contribuables ? Les aînés qui n’ont pas de pensions de retraites, parce que leurs employeurs les ont gaspillées ? Les écarts entre riches et pauvres de plus en plus grandissants ? Les prête- noms que les corporations utilisent pour contourner la loi électorale ? La corruption municipale en matière de construction ? La souffrance des aînés maltraités qui vivent dans les CHSLD, sans dignité, après avoir contribué au budget communal pendant toute leur vie ?

L’imposition d’une fiscalité régressive qui fait que les millionnaires paient le même montant que les salariés, pour les mêmes services, et la réduction des paliers d’impôts de 16 à 3 ? La spéculation des financiers sur le casino qu’on appelle la bourse ? La rémunération exagérée des PDG de plus de 8 millions par année ? Les pots de vins habituels chez SNC Lavalin et les autres entreprises privées ? Le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux pour les riches qui ne veulent pas payer leur juste part ? Ce sont toutes ces atrocités commises par nos gouvernements qui font que les étudiants sont dans la rue, et qu’il faut appeler, eh oui, « de la violence étatique. »

Une petite imposition de 1 % sur les banques, les corporations et les minières, qui font des profits faramineux, pourrait être utilisée pour la gratuité universitaire, si la volonté de nos politiciens était au rendez-vous. Faire payer les pauvres n’est pas courageux, M. Charest, c’est plutôt lâche !

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