Édition du 26 mai 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Bulletin du collectif Tenir bon !

Tenir bon ! Bulletin électronique d'information critique sur l'actualité entourant la pandémie et le confinement

Résilience et détermination


La pandémie, comme la grande récession qui s’en vient, ne sont pas des catastrophes « naturelles ». Notre société est fragilisée par les politiques dites d’austérité que les gouvernements ont mis en place pour porter des coups très durs aux conditions de vie et à la santé.

Mais aujourd’hui, des gens, des organisations populaires, des syndicats, des nations autochtones, des groupes marginalisés, se lèvent pour rebâtir la société par en bas. Avec un collectif de bénévoles, nous voulons documenter la double crise qui nous menace, et surtout, explorer les alternatives pour se sortir de la boîte noire dans laquelle le système nous a mis.
Pour en savoir plus sur notre projet

LA SANTÉ ET SES ENJEUX EN PÉRIODE DE PANDÉMIE,
RENCONTRE AVEC AMIR KHADIR, ANNE PLOURDE ET SOL ZANETTI

Le Collectif Tenir bon ! en collaboration avec les Nouveaux Cahiers du Socialisme et Presse-toi à gauche ! a organisé le jeudi 9 avril dernier un premier webinaire sur le thème :

La santé et ses enjeux au Québec en période de pandémie avec Amir Khadir médicin et ancien porte-parole de Québec solidaire, Anne Plourde, chercheure à l’IRIS et et Sol Zanetti, député de Jean Lesage (Québec solidaire) . L’animation a été assurée par Jasmine Gareau-Lindsay


Les anges gardiennes sont tannées Entrevue avec Florence Thomas

Selon Florence Thomas de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, les infirmières n’aiment pas être considérées comme des « sœurs hospitalières » ! « Nous travaillons fort, nous sommes des professionnelles et nous faire traiter d’anges gardiens a quelque chose d’insultant, comme si c’était normal de faire des sacrifices ». Entretemps explique-t-elle les infirmières se battent pour avoir de l’équipement qui a de l’allure et se protéger elles-mêmes. Elles sont très critiques de la gestion actuelle qui s’inscrit dans le lourd système centralisé qui en plus fonctionne très mal. « On va faire ce qu’on à faire », mais attention, « on ne retournera jamais aux conditions de travail qu’on connaissait avant la pandémie ».





Le mystère des hassidiques

On les croise dans les rues d’Outremont et de Côte-St-Luc, mais est-ce qu’on les connaît ? Gerald van Gurp, un médecin qui travaille dans une clinique dédiée à cette population, a un peu peur pour eux. « Ils vivent dans une communauté serrée, dense, où l’idée du chacun pour soi n’existe pas ».
Cette situation aboutit au fait qu’en pourcentage, ce sont les gens les plus touchés par le virus. « Ils sont à plaindre explique le docteur van Gurp, mais ils ont aussi des leçons à nous donner, car ils sont soudés par une solidarité sans limites ». « Cette entraide communautaire vaut plus que les masques et les gants, dit-il ».




Les services sociaux, malades du néolibéralisme

Pour René Charest, un travailleur social du centre-ville, les services sociaux sont englués sous une chappe de plomb centralisatrice et peu efficace. « Le ministère n’est même pas d’assurer la sécurité des intervenant-es ». Avec les réformes du gouvernement libéral, on a intensifié, comme dans le secteur privé, la compétition entre les travailleurs « qu’on surveille pour leurs donner des récompenses et des punitions, comme à la petite école ». René Charest espère que les syndicats dans ce secteur vont cesser leurs querelles et se battre pour une réorganisation en profondeur du réseau vers une gestion démocratique et l’autonomie des travailleurs et des travailleuses

Pour lire l’article
https://www.pressegauche.org/Un-systeme-de-sante-et-des-services-sociaux-des-plus-malade-43020

Palestine - Sumud (tenir bon en arabe)

Partout dans le monde, les populations les plus vulnérables sont celles qui courent les plus grands risques sous la crise actuelle : infrastructures déficientes ; population fragilisée par la pauvreté qui facilite les maladies, etc.

En disant cela, on pense tout de suite à Gaza, où deux millions de réfugiés vivent dans une immense prison à ciel ouvert. Pour le médecin et militant palestinien Mustafa Barghouti, Gaza est une gigantesque bombe à retardement.

Entretemps, l’armée israélienne bloque les lieux de passage, refuse les soins aux Palestiniens qui travaillent en Israël, poursuit ses agressions dans l’impunité et dans le contexte d’une communauté internationale tétanisée. Les Palestiniens comme toujours, explique le docteur Barghouti, tiennent tête, organisent les mécanismes de leur survie, réclament leurs droits.




Argentine- s’auto-organiser, c’est mieux que de plier devant l’État tout puissant

Da ns cette crise, les citoyens se tournent vers l’État qui prétend sauver des vies. « Il faut faire attention », affirme la sociologue argentinienne Maristella Svampa : « le discours belliqueux utilisé par les autorités nous fait penser que nous sommes en guerre contre un ennemi mystérieux ». Mais en réalité, la pandémie ne vient pas seulement des chauves-souris, mais d’un système qui détruit la nature. « Sans toucher à cela, les « dominants espèrent remettre en place le même engrenage néolibéral de surconsommation, d’inégalités et d’autoritarisme. « Il faut, dit-elle, raviver nos traditions de lutte et de pensée critique et avancer vers la transition écologique », « au Nord comme au Sud ».

Pour lire l’article :
https://www.pressegauche.org/Amerique-latine-le-point-tournant

Françoise David

Quand nous avons commencé à entendre parler de coronavirus, nous nous sommes dit : c’est loin, la Chine ! Puis l’Italie a été lourdement affectée. Puis le virus nous a attaqués de plein fouet en même temps que dans plusieurs pays, dont les États-Unis. La question aujourd’hui est : après nous, qui ? La réponse : tout le monde, partout. Le sort de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud, et même des États-Unis, ce pays qu’on dit riche, doit nous interpeller au plus haut point. Vous me direz : N’avons-nous pas assez de soucis comme ça ? Oui, nous avons des soucis, des inquiétudes, et plusieurs parmi nous éprouvent des difficultés réelles. Mais si l’on s’imagine pouvoir recommencer à vivre tranquillement alors que la planète bascule dans une maladie meurtrière, nous nous illusionnons. Dans une pareille situation, le virus reviendra par la porte arrière, défiant frontières et armées.
Françoise David, 4 avril, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/576345/un-test-pour-l-humanite

Hélà Yousfi

Il est très tôt pour prédire comment, pendant et après cette crise sanitaire, les paroles vont se libérer, les rébellions se concrétiser, les collectifs se créer, les alternatives émerger. Mais il nous est toujours possible de rêver avec le poète Mahomoud Darwich d’accéder un jour au Paradis incarné par la Patrie restituée. « La terre nous est étroite. Elle nous accule dans le dernier défilé et nous dévêtons de nos membres pour passer. Et la terre nous pressure. Que ne sommes-nous son blé, pour mourir et ressusciter. Où irons-nous, après l’ultime frontière ? Où partent les oiseaux, après le dernier ciel ? »
Hélà Yousfi, 31 mars, http://alter.quebec/coronavirus-une-nouvelle-polarisation-nord-sud/

Jonathan Durant-Folco

La solidarité sociale est de mise, l’entraide une vertu à cultiver en temps de crise, et l’amour du monde à nourrir pour assurer notre santé mentale et morale. La révolution prochaine, inimaginable quelques semaines plus tôt, doit devenir le cœur de nos réflexions, luttes à mener, institutions à inventer et actions collectives à déployer dans les prochains mois. L’Après se prépare maintenant, l’Après doit devenir notre cap, notre boussole de l’émancipation, pour nous assurer de sortir définitivement de l’Avant qui nous ne menait nulle part de toute façon.
Jonathan Durant-Folco, 27 mars, https://www.pressegauche.org/Reflexions-autour-de-quelques-unes-des-Notes-eparses-du-Manifeste-de-l-Apres-de

Naomi Klein

Lorsque nous sommes mis à l’épreuve par la crise, soit nous régressons et nous nous écroulons, soit nous grandissons et nous trouvons des réserves de forces et de solidarité dont nous ne savions pas que nous serions capables. Ce sera un de ces tests. La raison pour laquelle j’ai un certain espoir que nous pourrions choisir d’évoluer, c’est que, contrairement à 2008, nous avons une réelle alternative politique qui propose un autre type de réponse à la crise qui se trouve à la racine de notre vulnérabilité, et un plus grand mouvement politique qui le soutient.
13 mars, http://alter.quebec/la-catastrophe-parfaite/

Tenir bon, qui sommes-nous ?

Tenir bon est un collectif d’individus bénévoles qui, en en collaboration avec Plateforme altermondialiste, les Nouveaux Cahiers du Socialisme et Presse-toi à gauche !, veulent développer une information critique sur l’actualité entourant la période de crise sanitaire et économique actuelle. En lien avec d’autres initiatives similaires et avec des publications et des réseaux progressistes, nous voulons documenter cette crise et peut-être encore plus, les projets, propositions, initiatives pour la surmonter cette crise.
Nous faisons appel à vous, ceux et celles qui veulent témoigner, qui mènent des expériences ou qui veulent contribuer au développement d’alternatives.

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