Édition du 16 juin 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Bulletin du collectif Tenir bon !

Les minorités et les droits démocratiques en période de pandémie

Le lundi 20 avril 2020 - no 2 | info.tenir.bon@gmail.com

Les minorités et les droits démocratiques en période de pandémie

Le webinaire se propose d’aborder les choses à partir du point de vue des minorités, qui sont inévitablement touchées de manière particulière. Plus généralement, la suspension des mécanismes démocratiques au nom de la lutte à la pandémie handicape le débat sur les enjeux sociaux liés à la sortie de crise, mais aussi au sein des communautés. Le webinaire propose d’explorer la condition des communautés immigrantes, des populations autochtones, le rôle des corps policiers, les mesures de confinement dans les quartiers des communautés et ainsi prendre le contrepied du cours consensuel actuel au sein de la société au Québec...

Le webinaire se propose d’aborder les choses à partir du point de vue des minorités, qui sont inévitablement touchées de manière particulière. Plus généralement, la suspension des mécanismes démocratiques au nom de la lutte à la pandémie handicape le débat sur les enjeux sociaux liés à la sortie de crise, mais aussi au sein des communautés. Le webinaire propose d’explorer la condition des communautés immigrantes, des populations autochtones, le rôle des corps policiers, les mesures de confinement dans les quartiers des communautés et ainsi prendre le contrepied du cours consensuel actuel au sein de la société au Québec...



Pourquoi ces mesures contraignantes et qui sont les victimes ?

Thibault Camara, statisticien et militant sur les droits de l’immigration, touchant les étudiant.e.s et travailleur.se.s immigrants-es, la réforme des lois (projet de loi 9 et PEQ).
La crise du covid 19 vient de jeter un éclairage sur des inégalités et contraintes qui existaient, mais exacerbées avec la crise (non respect des délais, précarité forcées, etc.). Le gouvernement, comme certains partis politique, les garde dans leurs angles morts si celles-ci ne s’organisent pas par et pour elles-mêmes.

Sibel Ataogul avocate et chargée de cours en droit du travail et droits humains. Animatrice de la page FB sur le Covid 19 et vos droits.
La répression étatique sous la COVID-19 est une extension de l’idéologie néolibérale qui tend à couper le filet social de la société pour rediriger les fonds publics vers la classe dirigeante.Cette répression est inversement proportionnelle à la détérioration des services publics.

Jaggi Singh activiste, chercheur et journaliste indépendant associé àNo Borders Media.
Toute discussion sur les droits, en théorie et en pratique, doit tenir compte du pouvoir brutal de l’État et de ses agents, et de la complicité de larges segments de la population avec ce pouvoir. Cette brève présentation sera une réflexion sur la lutte pour la justice et la dignité, en abordant l’impunité policière, l’anticapitalisme, les frontières.

Nargess Mustapha militante antiraciste et féministe, co-fondatrice de Montréal-Nord Républik et de Hoodstock.
Les effets de la crise sanitaire se font sentir davantage dans des quartiers en situation de précarité. Le confinement et les mesures de distanciation sont aussi liées aux conditions de classe et de « race ». Elles sont difficilement applicables à des quartiers où la densité est élevée. Les plus marginalisés-es seront frappés d’une crise qui exacerbe l’urgence existante depuis trop longtemps.

Comment se construit la ’menace de l’immigration’

Étienne Balibar

La guerre contre le terrorisme lancée au début des années 2000 est en train de devenir « la guerre contre les immigrants ».

Un peu partout, il n’est pas abusif de parler de tendances génocidaires contre la population errante qui se trouve confinée entre des barrières hostiles, de plus en plus infranchissables : du rejet à l’entrée et de l’expulsion, on passe à l’élimination, et de là à l’extermination, le refus des obligations internationales. Mais tout cela n’est que la partie la plus visible de la chaîne de violences et de pratiques d’élimination qui s’exercent tout au long du parcours migratoire, livrant les errants à la brutalité des passeurs, des violeurs, des exploiteurs, des seigneurs de guerre ou des milices, des forces armées d’État aussi bien « souverains » que « faillis »…

Prochains numéros de TB ! : spécial économie et pandémie

Le webinaire qui suivra celui sur l’immigration aura lieu le 7 mai et portera sur l’économie. Les deux prochains numéros du bulletin Tenir bon ! porteront sur cette question et seront diffusés les 27 avril et 4 mai.

Capitalisme et migrations

Pierre Beaudet

, Aujourd’hui on compte plus de 250 millions (3 % de la population mondiale) d’immigrant-es. Le cycle actuel d’accumulation du capital requiert une abondante main-d’œuvre peu qualifiée, dans l’agriculture, l’industrie, la construction et les services privés et personnels. Celle-ci doit être mobile, précaire, dans une situation où les droits du travail et les droits sociaux en général sont ramenés à la baisse. Cette « gestion » de l’immigration débouche sur une bataille qui se joue dans les banlieues et les quartiers où se concentre l’immigration. Les opérations policières et sécuritaires s’intensifient, faisant entrer la société dans une zone de non-droit : détention sans procès, constitution de listes noires, harcèlement, intimidation, etc. Devant cela, les mouvements populaires ne peuvent rester passifs. Il faut
* lutter sans merci contre toutes les discriminations systémiques, légales ou informelles.
* Adopter une posture d’accueil envers les réfugiés.
* Aider les résistances anti-impérialistes et démocratiques qui confrontent ce capitalisme prédateur, à la racine des migrations forcées qui affectent des millions de gens.
* Intégrer davantage dans les mouvements les immigrants.

Pour lire l’article dans Presse-toi à gauche

Créons de ponts. Bridges not borders

Hemmingford : des citoyens-es s’opposent au refoulement des réfugiés-es au nom de la lutte contre le coronavirus
Un comité de citoyens de Hemmingford," Créer des ponts" est organisé pour venir en aide aux personnes qui demandent le statut de réfugiés qui passent par le fameux chemin de Roxham. Or ce passage est maintenant bloqué comme les postes-frontière officiels entre les États-Unis et le Canada dans le cadre des mesures prises contre la pandémie. La GRC arrête ceux qui parviennent du côté canadien et les expulse vers les États-Unis où les gens sont amenés vers des camps de détention. Pourtant rappelle le comité, le Canada a ratifié la Convention sur les réfugiés pour protéger les demandeurs d’asile, et il faut donc « ne pas céder à des réactions de peur, mais bien réfléchir aux conséquences des gestes posés. Ce changement abrupt de politique était inutile et met les réfugiés en danger. Le chemin Roxham doit rester ouvert. Le respect des droits humains et l’endiguement de la pandémie ne sont pas deux choses exclusives. Nous pouvons faire les deux ».
Pour davantage d’informations :

À Mtl-Nord, revenir à l’essentiel - Bochra Manai

Dans ce quartier multiethnique de la métropole, une population vulnérable est confrontée aux impacts de la crise actuelle. Plusieurs ont perdu leur gagne-pain dans les services privés, le travail domestique, sans compter les chauffeurs de taxi.
Les revenus même en temps « normal » sont très bas, d’autant plus que des centaines de familles envoient des fonds au pays, qui sans cela se retrouveraient dans la misère. Selon Bochra Manai qui dirige l’organisme communautaire Paroles d’excluEs, des familles immigrantes particulièrement vulnérables ont peu ou pas accès aux programmes d’aide :

« Plusieurs maitrisent mal le français ou n’ont pas d’ordinateurs pour faire application en ligne ». L’organisme a mis en place des équipes volantes, avec l’aide du Syndicat canadien de la fonction publique, pour aller à la rencontre des gens, les aider au premier niveau (accès à l’alimentation, la pharmacie, etc.). Il y a aussi des comités de quartiers qui mettent la main à la pâte. « C’est un devoir d’humanité, affirme Bochra, ce qui ne doit pas nous empêcher de confronter les défaillances du système ».

Pour lire l’entrevue complète

Pour lire cet article dans Presse-toi à gauche !

Quand les invisibles deviennent visibles

On ne sait pas toujours qu’au moins 25 % de la population montréalaise survit à peine au-dessus du niveau de pauvreté. Aujourd’hui, la double crise frappe très fort les familles monoparentales et les immigrants, comme on a pu l’entendre dans un webinaire organisé par le groupe Femmes de diverses origines.

Amy Darwish du Comité d’action de Parc-X, constate que la population immigrante est confinée dans des appartements exigus, privée de revenus. Ces gens peuvent difficilement demander de l’aide ». Au Centre communautaire des femmes sud-asiatiques, on constate que le confinement conduit à une hausse importante de la violence familiale. Leah Woolner, qui travaille avec le Mouvement contre le viol et l’inceste explique que plusieurs immigrantes se retrouvent en dehors du système : « sans numéro d’assurance sociale, elles ne peuvent même pas ouvrir un compte de banque. Elles sont des proies faciles pour des prédateurs de toutes sortes ».

Avec ces associations, les femmes de diverses origines cherchent à se coaliser pour réclamer leurs droits. Selon Marie Boti de l’organisme FDO, « les travailleuses de première ligne sont appelées les “ anges gardiens ” et considérées comme des héros. Mais une fois la crise passée, nous sommes conscientes qu’elles seront oubliées ». La priorité est donc de se faire connaître, y compris au sein des organisations syndicales, communautaires, féministes, et tout simplement, à « devenir visibles » affirme Juvaria Yasser du Centre communautaire des femmes sud-asiatiques.

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