Édition du 22 septembre 2020

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Afrique

Pour faire face aux dettes publiques, annulation

Pour faire face aux besoins financiers nécessaires à la lutte urgente contre la pandémie de coronavirus, plusieurs appels pour l’annulation de la dette publique ont été lancés par des mouvements sociaux en Amérique latine, en Afrique australe et du Nord et en Europe. Des responsables officiels en Afrique (ministres des finances africains, représentants de la CEMAC, les présidents du Sénégal et du Niger) ont eux aussi appelés à un moratoire sur la dette de leurs pays. Avec leur hypocrisie habituelle, le groupe de la Banque mondiale et du FMI, ont exprimé des propos dans ce sens.

Tiré du site du CADTM.

Dans notre continent, la catastrophe sanitaire vient s’ajouter aux foyers d’insécurité et à la précarité. La crainte la plus répandue est celle de la capacité des structures de santé publique de la région à faire face à une grosse propagation de la pandémie. La privatisation à outrance des services essentiels y compris celui de la santé publique a empêché les pays africains à respecter le ratio médecin population, sage-femme population, infirmier population, entrainant la dégradation du plateau technique des structures sanitaires, le non-respect de la distance réglementaire entre les citoyens et les structures de santé.

La situation sanitaire en Afrique est caractérisée par plusieurs facteurs limitant, notamment la faible couverture sanitaire et l’inégalité de répartition sur l’étendue du territoire ; l’insuffisance d’infrastructures et d’équipements ; un personnel sanitaire insuffisant et mal qualifié pour offrir des services de qualité ; le coût élevé des services par rapport au revenu moyen des populations.

Cette situation a comme conséquence un accès difficile des populations, particulièrement les femmes et les enfants, aux services de santé.

Les difficultés de lutte contre la propagation de la pandémie actuelle du Coronavirus (Covid-19) accentuent les faiblesses de plusieurs pays africains, déjà précarisées par le fardeau de la dette publique et les politiques d’austérité. La dette extérieure publique des pays africains a plus que doublé entre 2010 et 2018, passant de 160 milliards $US à 365,5 milliards $US. Cet endettement est imposé par les institutions financières internationales (BM et FMI) avec la complicité des classes dominantes dans nos pays.

La lutte contre la pandémie de COVID-19 crée un besoin urgent d’aider les pays pauvres qui sont particulièrement touchés par la pandémie. Donc, annuler l’ensemble des dettes extérieures des pays africains permettrait à ceux-ci de donner la priorité aux dépenses de santé, ainsi qu’à d’autres besoins immédiats dans cet environnement économique, caractérisé par de fortes baisses des revenus, des pertes de recettes et une augmentation des dépenses.

C’est pourquoi le CADTM Afrique, affirme que la voie sûre pour amorcer un modèle économique et social autocentré et basé sur la satisfaction des besoins des populations des pays du Sud passent de façon indispensable par l’annulation des dettes publiques. Un audit citoyen est aussi nécessaire pour identifier les parties illégitimes, odieuses et illégales et exiger leur répudiation. Dans la tourmente de la crise du coronavirus les populations doivent se mobiliser pour imposer à leurs gouvernements de décréter une décision unilatérale de suspension du paiement de la dette. Et pour appuyer leur acte souverain, ils peuvent recourir à plusieurs arguments dont l’état de nécessité, le changement fondamental de circonstance ou la force majeure.

Le CADTM Afrique revendique aussi :

• La suspension du paiement des prêts bancaires des ménages et des microcrédits jusqu’à la disparition définitive du coronavirus ;

• Remplacer les institutions des microcrédits par des coopératives autogérées par les populations locales et par un service public de crédit octroyant des prêts à taux zéro ou très bas ;

• Mettre fin à privatisation des services publics et la promotion des Partenariats Public/Privé (PPP) dont le but final visé est de mobiliser l’argent du public pour nourrir le privé ;

• Imposer un impôt progressif sur les grandes fortunes ;

• Quitter les institutions internationales et autres groupes informels qui par essence nourrissent les asymétries Nord/Sud, parmi lesquelles le FMI, la Banque mondiale, l’OMC , le Club de Paris , le G7 ou encore le G20 ;

• Financer les pays du Sud, hors aide publique au développement, par des prêts à taux zéro, remboursable en tout ou partie dans la devise souhaitée par le débiteur :

• Exproprier les « biens mal acquis » par les gouvernants et les classes dominantes du Sud et les rétrocéder aux populations concernées et sous leur contrôle ;

• Mettre fin à l’aide publique au développement dans sa forme actuelle car elle est essentiellement un instrument de domination au bénéfice quasi exclusif des classes dominantes dans les pays du Nord et la remplacer par une « Contribution de réparation et de solidarité » inconditionnelle ;

• Affirmer le droit à des réparations et/ou compensations aux peuples victimes du pillage colonial et de la spoliation par le mécanisme de la dette ;

• Sanctionner lourdement les entreprises multinationales coupables de toute forme de corruption de destruction de l’environnement et du bafouement des droits humains ;

• Nationaliser les banques privées pour mettre fin au blanchiment d’argent, à l’évasion fiscale, à la fuite des capitaux, et à la spoliation des populations.

- Le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) Réseau Afrique
- Le Groupe de Coordination

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