Édition du 12 novembre 2019

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Environnement

Congédiement d’un agronome : et qu’arrive-t-il aux fautifs ?

Le MAPAQ vient de licencier un agronome « lanceur d’alerte » qui dénonce l’influence de l’industrie privée dans la recherche sur les pesticides, lourdement financée par les fonds publics. Il y a un an, on apprenait que des chercheurs avaient claqué la porte parce que les résultats de leurs travaux étaient occultés par les représentants de l’industrie, une situation flagrante de conflit d’intérêt.

Nous ne connaissons pas encore toutes les raisons qui ont incité le MAPAQ au licenciement d’un de ses employés mais l’Union paysanne estime inacceptable qu’il en soit ainsi. D’une part, le geste envoie un signal clair aux autres employés qui n’oseront pas dénoncer des situations graves. Et il s’agit d’une situation grave lorsque l’industrie bénéficiant des pesticides influence la recherche financée par le contribuable, alors que l’usage des pesticides a un impact évident dans notre environnement.

Pour Maxime Laplante, président de l’Union paysannne, « le MAPAQ aurait dû porter son attention sur les coupables de telles malversations et envisager des sanctions au lieu de faire porter le blâme sur l’agronome qui a étalé le problème ».

Le centre de recherche sur les grains (CEROM) est dirigé par un conseil d’administration de 9 personnes. Parmi ces neuf, trois, dont le président, proviennent des « Producteurs de grains du Québec », affilié à l’UPA, deux de la Coop fédérée. Le seul représentant du MAPAQ, donc du public, n’y a aucun droit de vote.

Rappelons que le CEROM, financé à 68% par de l’argent public, ainsi que le MAPAQ, avaient conclu par leurs études que l’utilisation des néonicotinoïdes ne se justifie généralement pas. Les dirigeants du CEROM ont ensuite occulté ces informations.

L’Union paysanne salue le courage des gens qui ont dénoncé la situation en renonçant parfois à leur emploi. À court terme, il est urgent de revoir la composition des conseils d’administration des organismes dépendant de financement public. Les politiques agricoles mises en place par notre gouvernement devraient faire l’enjeu de débats publics et avoir le bien commun et la préservation de l’environnement en priorité, au lieu de se soumettre aux lobbys industriels.

L’Union paysanne réclame la réembauche de l’agronome concerné.

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