Édition du 16 juin 2020

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Environnement

Couillard laissera-t-il les pétrolières empoisonner notre eau ?

Le Front commun pour la transition énergétique, dont fait partie Greenpeace et plus de 60 autres organisations du Québec, revient à la charge et somme le gouvernement Couillard d’adopter d’urgence un décret interdisant la fracturation hydraulique sur l’ensemble du territoire du Québec.

Tiré du site de Greenpeace Canada.

Cette demande s’appuie sur le rapport final de l’Agence de protection environnementale des États-Unis (Environmental Protection Agency, EPA) qui a été publié rendu public le 13 décembre dernier et qui montre hors de toute doute que la fracturation hydraulique, qui est utilisée pour l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste, a des impacts sur les ressources en eau potable. Elle survient également trois jours après que le gouvernement ait sans aucun scrupule imposé l’adoption sous bâillon de la Loi sur les hydrocarbures permettant la fracturation au Québec.

Empoisonner l’eau potable “grâce” à la fracturation hydraulique

Le rapport de l’EPA confirme l’existence d’un lien direct entre cette dangereuse technique et la contamination de l’eau potable. Il prouve en effet que la fracturation hydraulique a contribué à la contamination d’eau potable à toutes les étapes du procédé : puisements d’eau pour la fracturation, mélange de l’eau avec des composés chimiques pour préparer les liquides de fracturation, injection des liquides dans le sous-sol, collecte des eaux de reflux qui s’écoulent des puits de fracturation après les injections et stockage des eaux de reflux. Selon Carole Dupuis du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ), « il est irresponsable et totalement contraire au principe de précaution de la Loi sur le développement durable de permettre la fracturation alors que les méfaits de ce procédé deviennent de plus en plus évidents ».

Le gouvernement Couillard complice des pétrolières

En autorisant la fracturation et en adoptant le projet de loi 106 à l’aide du bâillon, le gouvernement se fait complice de compagnies comme Pétrolia qui veut utiliser cette dangereuse technique sur l’Île d’Anticosti dès l’été prochain et qui envisage de le faire à Gaspé, à 350 mètres des maisons. Au lieu d’investir des fonds publics dans Pétrolia qui pourrait empoisonner notre eau potable et nos rivières, le gouvernement devrait plutôt bannir la fracturation et financer les solutions qui permettront de nous libérer du pétrole et du gaz et de respecter l’Accord de Paris !

Pas de BAPE pour la fracturation !

La Loi sur les hydrocarbures adoptée aux petites heures du matin du 10 permet la fracturation, à l’étape de l’exploration, moyennant l’obtention d’un simple certificat d’autorisation émis par le ministre, et donc sans qu’une évaluation par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) n’ait lieu. Donc, pas de BAPE pour la fracturation, et ce, même si plusieurs problèmes se produisent lors de l’exploration et que de nombreuses études démontrent que cette technique a des impacts dévastateurs sur l’eau, l’air, les gaz à effet de serre, les écosystèmes, les populations et, ultimement, l’économie.

Le premier ministre Couillard a affirmé “qu’il n’y aura pas de fracturation hydraulique dans la vallée du Saint-Laurent” et qu’il voulait “tout faire” pour éviter la fracturation sur Anticosti. Selon Christian Simard de Nature Québec, “un minimum d’intégrité exige maintenant que son gouvernement colmate la brèche ouverte par la loi sur les hydrocarbures et interdise par décret la fracturation”.

Le Québec doit entamer une vraie transition énergétique

Le Québec possède tout ce qu’il faut pour faire une vraie transition énergétique qui contribuerait à propulser la province dans le peloton de tête mondial en matière de solutions vertes et de désinvestissement des combustibles fossiles : électrification des transports, transports collectifs, énergie solaire, biométhanisation, efficacité énergétique, géothermie, éolien, etc. Il ne manque que de la vision et un peu volonté politique pour que nos gouvernement se tienne debout face aux pétrolières...

Patrick Bonin

Blogueur pour Greenpeace Canada. Il est aussi responsable de la campagne énergie-climat pour l’organisme.

http://www.greenpeace.org/canada/fr/

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