Édition du 27 septembre 2022

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Afrique

En Afrique comme ailleurs, les OMD sont incompatibles avec le capitalisme

L’Afrique, censée être la première bénéficiaire des OMD, connaît aujourd’hui des résultats catastrophiques. L’embellie économique annuelle de 5 à 6 % observée depuis 2000 a en fait a laissé de côté les populations. Un seul chiffre peut l’illustrer : le pourcentage de la population en extrême pauvreté (c’est-à-dire les personnes qui vivent avec moins de 1,25 dollar US par jour) a seulement baissé de 6,6% de 1990 à 2005.

Les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ont pour ambition notamment la réduction drastique dans le monde de l’extrême pauvreté, de la mortalité infantile et l’amélioration sanitaire. Lancés en 2000, ces objectifs doivent être atteints en 2015. Comme on est loin du compte, tous les cinq ans on a droit aux mêmes articles, aux mêmes discours, aux mêmes appels et aux mêmes promesses non tenues.

L’Afrique, censée être la première bénéficiaire des OMD, connaît aujourd’hui des résultats catastrophiques. L’embellie économique annuelle de 5 à 6 % observée depuis 2000 a en fait a laissé de côté les populations. Un seul chiffre peut l’illustrer : le pourcentage de la population en extrême pauvreté (c’est-à-dire les personnes qui vivent avec moins de 1,25 dollar US par jour) a seulement baissé de 6,6% de 1990 à 2005.

Depuis la crise alimentaire de la fin de l’année 2007, le niveau des prix des principales denrées atteint des summums, avec des conséquences de malnutrition, voir même de famine dans certains pays. Pendant ce temps, les commentateurs dissertent à l’infini sur la reprise économique du continent, pour nous servir les mêmes poncifs éculés : le commerce et la libéralisation des marchés va nourrir la croissance qui sortira les pays de la pauvreté.

Ce qui ne s’est pas produit depuis 15 ans, se réaliserait en moins de 5 ans ! La réalité est toute autre. La croissance est avant tout portée par les exportations des richesses minérales et par les produits agricoles. Dans les deux cas, les retombées pour la population sont minimes et le produit des ventes revient dans les banques occidentales via les fuites des capitaux qui sont estimées à 1 600 milliards de dollars sur les quarante dernières années par le think tank américain Global Financial Integrity.

Et encore ! Seule l’activité économique officielle a été prise en compte. L’alliance des pourris corrompus africains avec les pourris corrupteurs de l’Occident fonctionne à merveille parce que le système capitaliste le permet. Avec ou sans croissance, les populations africaines resteront pauvres tant qu’elles seront sous le joug des banques et des multinationales. Tant que l’Afrique ne remettra pas en cause son rôle dans la division internationale du travail et le pillage de ses richesses. C’est pour cela qu’une véritable indépendance africaine ne passera que pas une lutte victorieuse contre le capitalisme.

Dans chaque pays africain, cette exigence se pose avec de plus en plus d’acuité. Aussi il est de la responsabilité des organisations de la gauche radicale de ces pays de se coordonner, de construire un front, et d’offrir ensemble une réponse alternative. Le forum social mondial de Dakar peut être une occasion d’avancer vers cette voie.

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